Fringilla caria (Lath
qu'ils se sont multipliés clans cette contrée". Si l'on trouve de vrais serins à la Jamaïque, ils pourraient bien venir originairement de ces serins Iransportés et naturalisés aux Antilles dès l'année 1657. Néanmoins l'oiseau décrit par MM. Sloane, Ray et Brisson, sous le nom de serin de la Jamaïque, nous paraît être trop différent du serin des Canaries pour qu'on puisse le regarder comme provenant de ces serins transportés aux Antilles.
Tandis qu'on finissait l'impression de cet article, il nous est arrivé plusieurs serins du cap de Bonne-Espérance, parmi lesquels j'ai cru reconnaître trois mâles, une femelle et un jeune oiseau de l'année. Ce sont tous des serins panachés, mais dont le plumage est émaillé de couleurs plus distinctes et plus vives dans les mâles que dans les femelles. Ces mâles approchent beaucoup de la femelle de notre serin vert de Provence : ils en diffèrent en ce qu'ils sont un peu plus grands, qu'ils ont le bec plus gros à proportion ; leurs ailes sont aussi mieux panachées, les pennes de la queue sont bordées d'un jaune décidé, et ils n'ont point de jaune sur le croupion.
Dans le jeune serin, les couleurs étaient encore plus faibles et moins tranchées que dans la femelle.
Mais quoi qu'il en soit de ces petites différences, il me paraît prouvé de plus en plus que les serins panachés du Cap, de Mozambique6, de Provence, d'Italie, dérivent tous d'une souche commune, et qu'ils appartiennent à une seule et même espèce, laquelle s'est répandue et fixée dans tous les climats de l'ancien continent dont elle a pu s'accommoder, depuis la Provence et l'Italie jusqu'au cap de Bonne-Espérance et aux îles voisines ; seulement cet oiseau a pris plus de vert en Provence, plus de gris en Italie, plus de brun ou plus de panaché en Afrique, et semble présenter sur son plumage différemment varié l'influence des différents climats.