‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 228 sur 459 · LA HOUPPETTE · texte numérisé non relu

LA HOUPPETTE

diffère de tous les autres tangaras par une petite huppe qu'il porte sur la tête, ou plutôt qu'il relève lorsqu'il est agité.

On l'a représenté d'abord dans la planche enluminée, n° 301, fig. 2, sous le nom de tangara huppé de la Guiane, et encore dans la planche n° 7, fig. 2, sous le nom de tangara huppé de Cayenne, parce qu'on ne s'est point aperçu que c'était la môme espèce d'oiseau, dont l'un n'est qu'une variété de l'autre : en considérant donc ces deux planches comme représentant deux variétés d'âge ou de sexe, et en les comparant, on ne doutera pas que ce ne soit la même espèce d'oiseau.

Cet oiseau est fort commun dans les terres de la Guiane, où il vit de petits fruits; il a un cri aigu comme celui du pinson, sans cependant en avoir le chant. Il ne se lient ni dans les grands bois, ni dans les palétuviers, et on ne le trouve que dans les endroits découverts ou défrichés.

LE TANGAVIO.*

TROISIÈME ESPÈCE

C'est à feu M. Commerson que nous devons la connaissance de cet oiseau; il s'en est trouvé une peau assez bien conservée dans son recueil; il l'avait nommé bruant noir, mais ce n'est certainement pas un bruant, puisque par tous les rapports de sa conformation il ressemble parfaitement aux tangaras : de plus, il s'en faut bien que cet oiseau soit noir, il est au contraire d'un violet foncé sur le corps et même sur le ventre, avec quelques reflets verdâtres sur les ailes et la queue; et c'est par celte raison que nous l'avons nommé tangavio, par contraction de tangara violet.

Cet oiseau, mesuré depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle de la queue, a huit pouces de longueur; son bec est noirâtre et long de huit à neuf lignes; sa queue, qui n'est point élagée, a trois pouces de longueur, et dépasse les ailes de dix-huit lignes; le tarse a environ un pouce de long : il est noirâtre ainsi que les doigts ; les ongles sont gros et forts.

La femelle a la tête d'un noir luisant comme de l'acier poli ; tout le resto de son plumage est d'un brun uniforme. L'on voit cependant sur le dessus du corps et sur le croupion quelques teintes d'un noir luisant.

Le tangavio se trouve à Buenos-Ayres, et probablement dans les autres terres du Paraguay; mais nous ne savons rien de ses habitudes naturelles.

* Tanagra bonariensis (Gmel. )• — Voyez la note de la p. 37. La planche 710 de Buffon, donnée pour celle d'un tangara, représente le petit troupia'e noir.

LE SCARLATTE. 283

LE SCARLATTE.0*

QUATRIÈME ESPÈCE

Cet oiseau est représenté dans les planches enluminées, n° 127, fig. 1, sous le nom de tangara du Mexique, appelé le cardinal, et comme le nom de tangara est un nom générique, et que le surnom de cardinal a été appliqué à des oiseaux d'un autre genre, nous avons adopté le nom scarlatte que lui ont donné les Anglais, parce que son plumage est d'un rouge d'écarlate.

C'est le même oiseau que le cardinal de M. Brisson 6, et le même que le moineau scarlet d'Edwards cj on doit aussi lui rapporter :

1° Les deux moineaux rouges et noirs d'Aldrovande, qui ne diffèrent entre eux qu'en ce que l'un des deux n'avait pas de queue, et qu'AIdrovande a fait de ce défaut un caractère spécifique en le nommant , l'un, moineau rouge sans queue, et l'autre, moineau rouge à queue d. Cette erreur et ses descriptions ont été copiées par presque tous les ornithologues ' ;

2° Le tijepiranga de Marcgrave ( ;

3° Le chiltototl deFernandez0 ;

i° Et enfin le merle du Brésil de Belon, qu'il a ainsi nommé, parce que

a. Scarlatte. —Par les colons de l'Amérique, cardinal. — En anglais, scarlet sparrow. Edwards. — Kumploss et red and black. Charleton. — Au Brésil , tijepiranga. Marcg. — Au Mexique, chiltototl et hauhtototl. Fern. Hist. nov. Hisp., p. SI, cap. 190.

6. « Tangara coccinea, alis, caudâ cruribusque nigris .. Cardinalis. » Brisson, Ornithol t. III, p. 42.

c. Scarlet sparrow. Moineau écarlate. Edw. glan.,$. 278, avec une figure coloriée, pi. 343. « Cet oiseau a aussi été indiqué par Seba, sous la dénomination « d'oiseau du Mexique, rouge « et grand, qui est une espèce de moineau, » t. I, p. 101. — « Cardinalis non cristatus è Para « Brasilia; regione. » Ornithol. » liai., Florence, 1771, p. 69; et pi. 335, fig. 2.

rf. « Passer erythromclanus Indicus sine uropygio. » Aldrovand. Avium, t. II, p. 568. — « Et passer Indicus alius porphyromelanus caudatus,» ibid., ■p. 570.

e. « Passer sine uropygio. » Charleton, Exercit., p. 87, n° 3, et Onomast, p. 79, n° 3. — « Passer porphyromelanus. Red and black , » ibid., p. 87, et Onomast, p. 79. « Passer Indicus « erythromelanus sine uropygio. » Jonst. Avi., p. 67. « Passer Indicus porphyromelanus, » ibid., p. 68. « Passer erythromelas Indicus sine uropygio Aldrovandi. » Willugh. Ornithol., p. 185. — « Passer Indicus caudatus porphyromelas Aldrovandi, » ibidem, p. 183. — « Passer « erythromelas Indicus uropygio Aldrovandi. » Ray, Syn. avium, p. 87, n° 3. — «Passer « Indicus caudatus porphyromelas Aldrovandi, » ibid., p. 87, n° 8.

f. «Tijepiranga Brasiliensibus. » Marcg. Hist. Bras., p. 192. — « Tijepiranga, » Pison. Ilist. nat. Bras., p. 94. — « Passer Americanus tijepiranga Brasiliensibus. » Jonst. Avi., p. 131. — « Passer Americanus tijepiranga Brasiliensibus Marcgravii. » Willughby, Ornithol., page 184.

g. Chiltototl. Fernandez, Hist. nov. Hisp., -p. 54, cap. 210. Chiltototl. Ray, Syn. avium, page 173.

* Tanagra brasilia (Linn.). Sous-genre Tangaras rhamphocèles (Cuv.).

284 LE SCARLATTE.

ceux qui apportaient en France quelques-uns de ces oiseaux les appelaient merles du Brésil a. Aldrovande a encore copié Belon : la seule différence essentielle que l'on trouve, dans les notices données par ces auteurs, ne porte que sur le chant de ces oiseaux ; mais après les avoir toutes examinées, nous avons reconnu que ceux de ces oiseaux qui chantent étaient d'une taille un peu plus grande que les autres, qu'ils avaient le plumage teint d'un rouge plus éclatant; que cette couleur se voyait aussi sur les couvertures supérieures des ailes, etc. : ce qui nous fait croire avec beaucoup de vraisemblance que l'oiseau qui chante est le mâle, et que c'est la femelle qui n'a point de ramage, comme cela arrive dans presque toutes les espèces d'oiseaux chanteurs.

Il parait aussi que le mâle a les plumes de la tête plus longues, et qu'il les relève un peu plus en forme de huppe, comme Edwards l'a représenté6. C'est ce qui a fait dire à quelques voyageurs qu'il y avait au Mexique deux espèces de cardinaux, l'un qui a une huppe et qui chante assez bien, et l'autre plus petit qui ne chante pas.

Ces oiseaux appartiennent aux climats chauds du Mexique, du Pérou et du Brésil, mais ils sont fort rares à la Guiane. Belon dit que de son temps les marchands qui venaient du Brésil apportaient beaucoup de ces oiseaux et en tiraient un grand profit0. 11 faut croire que c'était pour faire des garnitures de robes et d'autres parures qui pouvaient alors être à la mode, et que ces oiseaux étaient dans ce temps bien plus nombreux qu'ils ne le sont aujourd'hui.

On doit présumer que c'est du scarlatte qu'il faut entendre ce que les voyageurs disent du ramage du cardinal, car le cardinal huppé, étant du genre des gros-becs, doit être silencieux comme eux. M. Salerne, après avoir dit, comme les voyageurs, que le cardinal huppé, c'est-à-dire celui du genre du gros-bec, avait un très-joli ramage, ajoute qu'il en a vu un vivant à Orléans qui ne criait que rarement, et dont la voix n'avait rien de gracieux d, contradiction qui se trouve dans la même page de l'ouvrage de cet auteur. Les voyageurs s'accordent à dire que cet oiseau a un ramage très-agréable, et qu'il est même susceptible d'instruction. Fernandez assure qu'on le trouve particulièrement à Totonocapa, au Mexique, et qu'il chante très-agréablement.

Nous regardons comme des variétés de cette espèce : 1° le cardinal tact. Merle du Brésil. Belon, Hist. nat. des oiseaux, p. 319; et Portrait d'oiseaux , p. 80, lig. a. — « Merula Brasilica » Aldrovande, Avium, t. II, p. G2S. — « Merula Brasilica. » Jonston, Avium, p. 75. « Merula Brasiliensibus Bellonii. » Charleton, E.vercit. , p. 90 , et Onomast , p. 84, n° 6. — « Merula Brasilica Aldrovandi. » Willugliby, Omithol., p. 142. — « Merula Brasilica Bellonii et Aldrovandi. » Ray, Syn. avium, p. 66, n° 8.

b. Glanures . page 278 , pi. 343.

c. Belon, Hist. nat. des oiseaux , p. 319.

d. Salerne, Ornithol., p. 255.

LE SCAHLATTE. 285

cheté, cité par M. Brisson", qui ne diffère de notre scarlatte qu'en ce que quelques plumes du dos et de la poitrine sont bordées de vert, ce qui forme des taches de cette couleur qui ont la figure d'un croissant. Aldrovande a fait un merle de cet oiseau, et comme ses jambes ne sont pas aussi allongées que celles du merle, il l'a appelé merle aux pieds courts b.

2° Le cardinal à collier, cité par M. Brisson % qui a la taille et les couleurs du scarlatte, mais qui a de plus les petites couvertures et les bords des pennes des ailes bleues, et de chaque côté du cou deux grandes taches de la même couleur, elles sont contiguës et ont la forme d'un croissant; mais cet auteur décrit le cardinal tacheté ainsi que le cardinal à collier d'après Aldrovande d, qui, selon la remarque de Willughbye, n'avait vu que des dessins de ces deux oiseaux, non plus que des autres que nous avons cités de lui dans cet article, ce qui rend ses descriptions très-imparfaites et l'existence de ces oiseaux assez douteuse ; je n'aurais pas même fait mention de celui-ci, si les nomenclateurs ne l'avaient pas compris dans leurs listes.

3° L'oiseau mexicain, que Fernandez a indiqué par la phrase suivante : « avis Mexicana psittaci colore , » et que M. Brisson, d'après lui, a décrit, comme s'il l'avait vu, sous le nom de cardinal du Mexique^, tandis que Fernandez dit seulement : « Hœc avis statim in rostro (quod aduncum non- « nihil et cinneritium est totum) inferiore parte ad caudam usque, hoc «. est in ventre toto minii colore rubet: qui idem color sursum per uropy- « gium, ad dorsum porrigitur, nisi quod alarum versus principium cum « virore rubor confunditur , qui ad ipsum ila collum protenditur quod <c omnino virescit. Caput autem amethyslino, aut hyacinthino colore dilui- « tur. Circulus qui pupillam ambit, valde albet, orbita ve'ro oculi est «. ceerulei salurati coloris. Ubi suum sumunt principium alœ , color est « subluteus. Sequitur primus pennarum in alis ordo cum secundo et tertio

a. « Tangara coccinea ; pectore et dorso supremo maculis lunatis virescentfous variegatis ; « alis, caudàque nigris... Cardinalis nœvius. » Brisson, Omithol., t. III, p. 44.

b. « Merula apus indica. » Aldrov. Avium, t. II, p. 629. — « Merula iad ca apos: » Jonston, Avium, p. 76. — «Merula indica apos dicta (a brevitate pedum) quam adumbrat Aldrovan- « dus. »Charleton, Exercit., p. 90, n° 7, et Onomast , p. 84, n° 7.

c. « Tangara coccinea ; maculis binis in utroque colli latere semilunaribus caeruleis ; alis et « caudà nigris; marginibus alarum caeruleis... Cardinalis torquatus. » Brisson, Omithol., t. III, page. 45.

d. «Passer Indicus sine uropygio alius cyanerytliromelas. » Aldrovande, Avium, t. II, p. 569. — « Passer Indicus cyanerythromelanus sine uropygio, Aldrovandi. » Willughby, Omithol., p. 185. — «Passer Indicus cyanerytbromelanus sine uropygio, Aldrovandi. » Ray, Syn. Avium, p. 87, n° 14. — « Passer Indicus cyanerytliromelanus sine uropygio. » Jonston, Avium, p. 67.

e. Ornithologie, p. 185 , cap. 15.

f. « Tangara coccinea; collo superiore viridi; capite, alis et caudà amethystinis : quàlibet « alarum pennâ circumferentià lineari subviridi, in medio intercurrente prœdità... Cardinalis « Mexicana. » Brisson, Omithol. , t. III, p. 46.

2S6 ■ LE SCARLATTE.

« dicti hyacinthino coloris. In medio tamen harum pennarum circumfe- « rentia intercurrit linearis subviridis usque ad finem. Cauda tota est ame- « thystini coloris absque viriditate, dilutions tamen versus finem. Pedes, « qui très ante et unum rétro digilos habent, inter cinereum ac violaceum « ambigunt0. »

Au reste, ces oiseaux volent en troupes6; on les prend facilement avec des lacets et autres petits pièges"; ils s'apprivoisent aisément, et de plus ils sont gras et bons à manger.

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