‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 302 sur 459 · Colius panayensis ( Gmel. ). — Le même que le précédent · texte numérisé non relu

Colius panayensis ( Gmel. ). — Le même que le précédent

360 LES MANAKINS.

jc *

LES MANAKINS.

Ces oiseaux sont petits et fort jolis : les plus grands ne sont pas si gros qu'un moineau, et les autres sont aussi petits que le roitelet. Leurs caractères communs et généraux sont d'avoir le bec court, droit, comprimé par les côtés vers le bout; la mandibule supérieure convexe en dessus et légèrement échancrée sur les bords, un peu plus longue que la mandibule inférieure, qui est plane et droite sur sa longueur. Tous ces oiseaux ont aussi la queue courte et coupée carrément , et la même disposition dans les doigts que les coqs- de-roche, les lodiers et les calaos, c'est-à-dire le doigt du milieu réuni étroitement au doigt extérieur par une membrane jusqu'à la troisième articulation, et le doigt intérieur jusqu'à la première articulation seulement; et autant ils ressemblent au coq-de-roche par cette disposition des doigts, autant ils diffèrent des colingas par cette même disposition. Néanmoins quelques auteurs ont mêlé les manakins avec les cotingasa, d'autres les ont réunis aux moineaux b, aux mésanges % aux linottes d, aux tangarase, au roitelet/1; enfin les nomenclateurs ont encore eu plus de tort de les appeler pipra s, ou de les réunir dans la même section avec le coqdc-roche h, auquel ils ne ressemblent réellement que par celte disposition des doigts et par la queue coupée carrément; car ils en diffèrent constamment non-seulement par la grandeur, puisqu'un coq-de-roche est aussi gros par rapport à un manakin, qu'une de nos poules l'est en comparaison d'un moineau , mais encore par plusieurs caractères évidents ; les manakins ne ressemblent en aucune façon au coq-de-roche par la conformation du corps; ils ont le bec à proportion beaucoup plus court; ils n'ont communément point de huppe, et dans les espèces qui sont huppées ce n'est point une huppe double comme dans le coq-de-roche, mais une huppe de plumes simples un peu plus longues que les autres plumes de la tête. On doit donc séparer les manakins, non-seulement des cotingas, mais encore des coqs-de-roche, et en faire un genre particulier dont les espèces ne laissent pas d'être assez nombreuses.

Les habitudes naturelles qui leur sont communes à tous n'étaient pas connues et ne sont pas encore aujourd'hui autant observées qu'il serait

a. Edwards.

b. Klein.

c. Linngeus, Syst. nat., édit. X.

d. Klein.

e. Marcgrave, Willughby, Jonston, Salerne, etc.

f. Ornithol. italienne , t. III , in-folio. Florence , 1771.

g. Linnaeus, Syst. nat., édit. XII.

h. Brisson, Ornithol. , t. IV.

* Ordre id., famille des Dentirostres , genre Manakins (Cuv. ).

LES MANAKINS. 361

nécessaire pour en donner un détail exact. Nous ne rapporterons ici que ce que nous en a dit M. de Manoncour, qui a vu un grand nombre de ces oiseaux dans leur état de nature. Ils habitent les grands bois des climats chauds de l'Amérique, et n'en sortent jamais pour aller dans les lieux découverts ni dans les campagnes voisines des habitations. Leur vol, quoique assez rapide, est toujours court et peu élevé; ils ne se perchent pas au faite des arbres, mais sur les branches à une moyenne hauteur; ils se nourrissent de petits fruits sauvages, et ils ne laissent pas de manger aussi des insectes. On les trouve ordinairement en petites troupes de huit ou dix de la même espèce, et quelquefois ces petites troupes se confondent avec d'autres troupes d'espèces différentes de leur même genre, et même avec des compagnies d'autres petits oiseaux de genre différent, tels que les pi tpits, etc. C'est ordinairement le matin qu'on les trouve ainsi réunis en nombre, ce qui semble les rendre joyeux, car ils font alors entendre un petit gazouillement fin et agréable ; la fraîcheur du matin leur donne cette expression de plaisir, car ils sont en silence pendant Je jour, et cherchent à éviter la grande chaleur en se séparant de la compagnie, et se retirant seuls dans les endroits les plus ombragés et les plus fourrés des forêts. Quoique cette habitude soit commune à plusieurs espèces d'oiseaux, même dans nos forêts de France, où ils se réunissent pour gazouiller le matin et le soir, les manakins ne se rassemblent jamais le soir et ne demeurent ensemble que depuis le lever du soleil jusqu'à neuf ou dix heures du matin, après quoi ils se séparent pour tout le reste de la journée et pour la nuit suivante. En général ils préfèrent les terrains humides et frais aux endroits plus secs et plus chauds : cependant ils ne fréquentent ni les marais ni le bord des eaux.

Le nom manakin a été donné à ces oiseaux par les Hollandais de Surinam. Nous en connaissons six espèces bien distinctes, mais nous ne pourrons désigner que la première par le nom qu'elle porte dans son pays natal. Nous indiquerons les autres par des dénominations relatives à leurs caractères les plus apparents.

Page 1