C2 LE TUÉ
demi, et il est à peu près de la grosseur d'un moineau; le dessus de la tète est couvert de plumes d'un beau rouge, qui sont plus longues que les autres et que l'oiseau relève à volonté, ce qui lui donne alors l'air d'avoir une huppe ; le dos et les petites couvertures supérieures des ailes sont d'un beau bleu ; le reste du plumage est noir velouté ; l'iris des yeux est d'une belle couleur de saphir; le bec est noir et les pieds sont rouges".
M. l'abbé Aubry, curé de Saint-Louis, a dans son Cabinet, sous le nom de tijé-guacu de Cuba , un oiseau qui est une variété peut-être de sexe ou d'âge de celui-ci, car il n'en diffère que par la couleur des grandes plumes du dessus de la tête, qui sont d'un rouge faible et même un peu jaunâtre. Celte dénomination semblerait indiquer que l'espèce de tijé ou grand manakin se trouve dans l'île de Cuba, et peut-être dans d'autres climats de l'Amérique, aussi bien que dans celui du Brésil ; néanmoins, il est fort rare à Cayenne, et comme ce n'est point un oiseau de long vol, il n'est guère probable qu'il ait traversé la mer pour arriver à l'île de Cuba.
Le manakin vert à huppe rouge, représenté dans nos planches enluminées, n° 303, fig. 2, est le tijé jeune; on a vu plusieurs manakins verts déjà mêlés de plumes bleues, et il faut observer qu'ils ne sont jamais dans l'état de nature d'un vert décidé comme il l'est dans la planche enluminée; leur vert est plus sombre, il faut que les tijés jeunes et adultes soient assez communs dans les climats chauds de l'Amérique, puisqu'on les envoie souvent avec les autres oiseaux de ces mêmes climats.