Chez madame de Bandeville et chez M. Mauduit
* Pipra gulturalis (Linn. ). — Genre et sous-genre id. (Cuv.).
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LE MANAKIN VARIÉ.0*
SIXIÈME ESPÈCE
Nous donnons la dénomination de manakin varié à cet oiseau, parce que son plumage est en effet varié de plaques de différentes couleurs toutes très-belles et très-tranchées. Il a le front d'un beau blanc mat; le sommet de la tête d'une belle couleur d'aigue-marine; le croupion d'un bleu éclatant; le ventre d'une couleur brillante orangée, et tout le reste du plumage d'un beau noir velouté; le bec et les pieds sont noirs : c'est le plus joli et le plus petit de tous les manakins, n'ayant que trois pouces et demi de longueur, et n'étant pas plus gros qu'un roitelet. Il se trouve à la Guiane, d'où il nous a été envoyé; mais il y est très-rare, et nous ne savons rien de ses habitudes naturelles.
Indépendamment des six espèces et de leurs variétés que nous venons de décrire, les nomenclateurs modernes ont appelé manakins quatre oiseaux indiqués par Seba, dont nous ne faisons ici mention que pour faire remarquer les méprises où l'on pourrait tomber en suivant celte nomenclature.
Le premier de ces oiseaux a été indiqué par Seba dans les termes suivants :
Oiseau nommé par les Brésiliens maizi de miacalototl. *'
« Son corps est orné de plumes noirâtres, et ses ailes de plumes d'un « bleu turquin ; sa tête, qui est d'un rouge de sang , porte un collier d'un « jaune doré autour du cou et du jabot ; le bec et les pieds sont d'un jaune « pâle6. » M. Brisson % sans avoir vu cet oiseau, ne laisse pas d'ajouter à cette indication des dimensions et des détails de couleurs qui ne sont point rapportées par Seba ni par aucun autre auteur. On doit aussi être étonné de ce que Seba a donné le surnom de miacalototl à cet oiseau, qu'il dit venir du Brésil , car ce nom n'est pas de la langue du Brésil , mais de celle du Mexique, dans laquelle il signifie oiseau de mais. La preuve évidente que ce nom a été mal appliqué par Seba, c'est que Fernandez a indiqué, sous ce même nom, un oiseau du Mexique fort différent de celui-ci, et qu'il décrit dans les termes suivants :
a. « Manacus splendidè niger, syncipite primùm albo-argenteo, dein caeruleo-beryllino ; « uropygio splendidè cyaneo; ventre aurantio ; tectricibus caudae inferioribus viridi-olivaceis;
« rectiicibus spleudid \ nigris » Manacus albâ fronte Biisson, Ornithol.,t. IV, p. 457,
pi. 36, fig. 2.
b Seba, t. I, p. 92; et pi. 57, fig. 3.
c. Ornithol., t. IV, p. 456.
* Pipra serena (Linn.). — Genre et sous-genre id. (Cuv.). ** Pipra torquata (Gue. et Lath). — Espèce douteuse.
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De Miacatototl, seu ave germinis maizi.
« Avicula est salis parva, ita nuncupata quod germinibus maizi insidere « soleat; ventre pallente ac reliquo corpore nigro, plumis tamen canden- « tibus, intersertis alœ eaudaque infernè cinereœ sunl. Frigidis degit locis, « ac bono constat alimento a. »
Il est aisé de voir, en comparant ce que dit ici Fernandez avec ce qu'a dit Seba, que ce sont deux oiseaux différents, mal à propos indiqués sous ce même nom; mais comme la description de Fernandez esta peu près aussi imparfaite que celle de Seba, et que la figure que ce dernier a donnée est encore plus imparfaite que sa description, il n'est pas possible de rapporter cet oiseau, qui se repose sur les maïs, au genre du manakin plutôt qu'à tout autre genre.
Il en sera de même d'un autre oiseau, donné par Seba sous le nom de
Ruletra ou oiseau d'Amérique huppé. *
« Il n'est pas un des moindres oiseaux de chant, dit cet auteur; il a la « crête jaune, le bec jaune aussi, excepté dessous qu'il est brun ; son plu- « mage est, autour du cou et sur le corps, d'un roux jaune ; la queue et les « grosses plumes des ailes sont d'un bleu éclatant, taidis que les petites « plumes sont d'un jaune pâle6. » M. Brissson c, d'après cette description de Seba, a cru pouvoir prononcer que cet oiseau était un manakin. Cependant, s'il eût consulté la figure donnée par cet auteur, quelque imparfaite qu'elle soit, il aurait reconnu que la queue est très-longue et le bec mince, courbé et allongé, caractères très-différents de ceux des manakins ; il me paraît donc évident que cet oiseau est encore plus éloigné que le précédent du genre des manakins.
Un troisième oiseau, que nos nomenclatcurs ont appelé manakin*, est celui que Seba indique sous le nom de
Picicilli ou oiseau du Brésil très-petit et huppé. **
« Il a, dit cet auteur, le corps et les ailes d'un pourpre qui est par-ci « par-là plus ou moins haut; la crête est d'un jaune des plus beaux et forme «comme un petit faisceau de plumes; son bec pointu et sa queue sont
a. Fernandez, Uist. novcu Hisp., p. 30.
b. Seba, vol. I, p. 160, et pi. 102.
c. Ornithologie, t. IV, p. 461.
d. Brisson, Urnilhol., t. IV, p. 462.
* Pipra rubetra (Gmel.). — Espèce douteuse. ** Pipra cristata (Gmel. J. — Espèce douteuse.
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» rouges; en un mot, ce petit oiseau est tout à fait joli, de quelque côté « qu'on le voie a. »
M. Brisson, d'après une description aussi mal faite, a néanmoins jugé que cet oiseau devait être un manakin , quoique Seba dise qu'il a le bec pointu ; et il y ajoute des dimensions et d'autres détails sans dire d'où il les a tirés, car la figure donnée par Seba ne présente rien d'exact; d'ailleurs cet auteur s'est encore trompé en disant que cet oiseau est du Brésil, car son nom picicifli est mexicain, et Fernandez a indiqué par ce même nom un autre oiseau qui est vraiment du Mexique, et duquel il fait mention dans les termes suivants :
« Tetzcoquensis eliam avis Picicitli, parvula totaque cinereo corpore, si « caput excipias et collum quœ atra sunt, sed candente macula oculos (qui «magni sunt) ambiente, cujus acumen in pectus usqueprocedit; apparent « post imbres, educatrcque domi brevi moriuntur : carentcantu, bonum « prœstant alimenlum ; sed nesciunt Indi referre ubi producant sobolem *. »
En comparant ces deux descriptions, il est aisé de voir que l'oiseau donné par Seba n'a d'autres rapports que le nom avec celui de Fernandez, et que c'est fort mal à propos que ce premier auteur a été chercher ce nom pour l'appliquer à un oiseau du Brésil, fort différent du vrai picicitli du Mexique.
Il en est encore de même d'un quatrième oiseau indiqué par Sebac sous le nom de
Coquanlototl ou petit oiseau huppé, de la figure du moineau. *
« Il a, dit cet auteur, le bec jaune, court, recourbé et se jetant en « arrière. On observe au-dessus des yeux une tache jaune ; son estomac et « son ventre tirent sur un jaune blafard ; ses ailes sont de la même couleur « et mélangées de quelques plumes grêles-incarnates, tandis que les maî- « tresses plumes sont cendrées-grises; le reste du corps est gris : il porte « sur le derrière de la tête une petite crête. » Sur cette indication, M. Brisson d a encore jugé que cet oiseau était un manakin : cependant la seule forme du bec suffit pour démontrer le contraire ; et d'ailleurs, puisqu'il est de la figure du moineau, il n'est pas de celle des manakins. Il parait donc bien certain que cet oiseau, dont le nom est encore de la langue du Mexique, est très-éloigné du genre des manakins. Nous invitons les voyageurs curieux des productions de la nature à nous donner quelques renseignements sur
a. Seba, 1. 1, p. 95, et pi. 59.
b. Fernandez, Hist. nuvœ Hisp., p. 53 , cap. CC.
c. SeLa, vol. II, p. 74 ; et pi. 70, fig. 7.
d. Ornithologie, t. IV, p. 4G3.
* Pipra grisea (Gmel. ).
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ces quatre espèces d'oiseaux, que nous ne pouvons, jusqu'à présent, rapporter à aucun genre connu, mais qu'en même temps nous nous croyons fondés à exclure de celui des manakins.