LE GRAND BEFFROI
pouces et demi; sa queue longue de seize lignes dépasse de six lignes les ailes pliées; le bec, long de onze lignes, est noir en dessus et blanc en dessous, large à sa base de trois lignes et demie; les pieds ont dix-huit lignes de longueur, et sont, ainsi que les doigts, d'une couleur plombée claire.
La planche enluminée, n° 706, représente les couleurs du plumage, mais les teintes en varient presque dans chaque individu; les dimensions varient de même0, et nous venons d'en présenter le terme moyen.
Dans cette espèce les femelles sont beaucoup plus grosses que les mâles, et plus à proportion que dans la première espèce ; c'est un rapport que tous les fourmilliers ont avec les oiseaux de proie, dont les femelles sont plus grosses que les mâles.
Ce qui distingue plus particulièrement cet oiseau, auquel nous avons donné le nom de beffroi, c'est le son singulier qu'il fait entendre le matin et le soir; il est semblable à celui d'une cloche qui sonne l'alarme. Sa voix est si forte qu'on peut l'entendre à une grande distance, et l'on a peine à s'imaginer qu'elle soit produite par un oiseau de si petite taille. Ces-sons, aussi précipités que ceux d'une cloche sur laquelle on frappe rapidement, se font entendre pendant une heure environ; il semble que ce soit une espèce de rappel comme celui des perdrix, quoique ce bruit singulier se fasse entendre en toutes saisons et tous les jours les matins au lever du soleil, et les soirs avant -son coucher; mais on doit observer que comme la saison des amours n'est pas fixée dans ces climats, les perdrix, ainsi que nos fourmilliers, se rappellent dans tous les temps de l'année.
Au reste, le roi des fourmilliers et le beffroi sont les seuls oiseaux de ce genre dont la chair ne soit pas mauvaise à manger.