LE GOBE-MOUCHE TACHETÉ DE CAYENNE
DIX-HUITIÈME ESPÈCE
Ce gobe-mouche de Cayenne est à peu près de la grandeur du gobemouche olive, naturel au même climat. Le blanc sale, mêlé sur l'aile de quelque ombre de rougeâtre et de quelques taches de blanc jaunâtre plus distinctes, avec du cendré brun sur la tète et le cou, et du cendré noirâtre sur les ailes, forment avec confusion le mélange des taches du plumage de cet oiseau; une petite mentonnière de plumes blanchâtres et hérissées lui prend sous le bec, et les plumes cendrées du sommet de la tète, mêlées de filets jaunes, se soulèvent en demi-huppe; le bec est de la même grandeur que celui du gobe-mouche olive, la queue de même longueur, mais la couleur les différencie. L'olive paraît aussi avoir la taille p!us fine, le mouvement plus vif que le tacheté, autant du moins qu'on peut en juger par leurs dépouilles.
* Muscicapa ajilis (Gmel.).
"' Muscicapa virgata (Gmel.)-
LE TETIT NOIR-AURORE, GOBE-MOUCHE D'AMÉRIQUE. 429 LE PETIT NOIR-AURORE, GOBE-MOUCHE D'AMÉRIQUE.0*
DIX-NEUVIÈME ESPÈCE
Nous caractérisons ainsi des deux couleurs qui tranchent agréablement dans son plumage ce petit gobe-mouche que les naturalistes avaient jusqu'à présent nommé vaguement gobe-mouche d'Amérique, comme si ce nom pouvait le faire distinguer au milieu de la foule d'oiseaux du même genre, qui habitent également ce nouveau continent. Celui-ci est à peine aussi grand que le poulliot; un noir vif lui couvre la tête, la gorge, le dos et les couvertures; un beau jaune aurore brille par pinceaux sur le fond gris-blanc de l'estomac, else renforce sous le pli de l'aile; cette même couleur perce en traits entre les pennes de l'aile et couvre les deux tiers de celles de la queue, dont la pointe est noire ou noirâtre, ainsi que les pennes de l'aile : ce sont là les couleurs du mâle ; la femelle en diffère en ce que tout ce que le mâle a d'un noir vif elle l'a d'un noirâtre faible, et d'un jaune simple tout ce qu'il a d'aurore ou d'orangé. Edwards a donné les figures de la femelle (planche 255), et du mâle (planche 80), que Catesby représente aussi ( tome I, page G7 ), sous le nom de rossignol de muraille, mais d'une taille plus grande que celui d'Edwards et que celui de nos planches enluminées, ce qui fait imaginer une variété dans l'espèce.