‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 360 sur 459 · LES MOUCHEROLLES · texte numérisé non relu

LES MOUCHEROLLES

Pour mettre de l'ordre et de la clarté dans l'énumération des espèces du genre très-nombreux des gobe-mouches, nous avons cru devoir les diviser en trois ordres, relativement à leur grandeur, et nous sommes convenus d'appeler moucherolles ceux qui, étant plus grands que les gobe-mouches ordinaires, le sont moins que les tyrans, et forment entre ces deux familles une famille intermédiaife où s'observent les nuances et le passage de l'une et de l'autre.

On trouve des moucherolles, ainsi que des gobe-mouches, dans les deux continents ; mais dans chacun les espèces sont différentes, et aucune ne paraît commune aux deux. L'Océan est pour ces oiseaux, comme pour tous les autres animaux des pays méridionaux, une large barrière de séparation que les seuls oiseaux palmipèdes ont pu franchir, par la faculté qu'ils ont de se reposer sur l'eau.

Les climats chauds sont ceux du luxe de la nature; elle y pare ses productions, et quelquefois les charge de développements extraordinaires : plusieurs espèces d'oiseaux, tels que les veuves, les guêpiers et les moucherolles ont la queue singulièrement longue, ou prolongée de pennes exorbitantes; ce caractère les distingue des gobe-mouches, desquels ils diffèrent encore par le bec, qui est plus fort et un peu plus courbé en crochet à la pointe que celui des gobe-mouches.

LE SAVANA. 435

LE SAVANA."*

PREMIÈRE ESPÈCE

Ce moucherolle approche des tyrans par la grandeur, et il est représenté dans nos planches enluminées sous la dénomination de tyran à queue fourchue de Cayenne; néanmoins son bec, plus faible et moins crochu que celui des tyrans, le réunit à la famille des moucherolles. On l'appelle veuve à Cayenne; mais ce nom ayant été donné à un autre genre d'oiseaux, ne doit pas être adopté pour celui-ci, qui ne ressemble aux veuves que par sa longue queue : comme il se tient toujours dans les savanes noyées, le nom de savana nous a paru lui convenir. On le voit, perché sur les arbres, descendre à tout moment sur les mottes de terre ou les touffes d'herbes qui surnagent, hochant sa longue queue comme les lavandières; il est gros comme l'alouette huppée; les pennes de la queue sont noires; les deux extérieures ont neuf pouces de longueur et s'écartent en fourche; les deux qui les suivent immédiatement n'ont que trois pouces et demi, et les autres vont en décroissant jusqu'aux deux du milieu, qui n'ont qu'un pouce. Ainsi cet oiseau à qui, en le mesurant de la pointe du bec à celle de la queue, on trouve quatorze pouces, n'en a que six du bec aux ongles. Au sommet de la tète est une tache jaune, laquelle cependant manque à plusieurs individus, qui sont apparemment les femelles. Du reste, une coiffe noirâtre, courte et carrée, lui couvre le derrière de la tète; au delà le plumage est blanc, et ce blanc remonte jusque sous le bec, et descend surtout le devant et le dessous du corps; le dos est d'un gris verdâtre, et l'aile brune. On voit ce moucherolle au bord de la rivière de la Plata et dans les bois de Montevideo , d'où il a été rapporté par M. Commerson.

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