‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 362 sur 459 · LE M0UCI1ER0LLE HUPPÉ · texte numérisé non relu

LE M0UCI1ER0LLE HUPPÉ

trois dénominations différentes : 1° page 418 (tome II), sous le nom de gobe-mouche huppé du cap de Bonne-Espérance a ; 2° page 414, sous le nom de gobe-mouche blanc du cap de Bonne-Espéranceb; 3° page 41 G, sous le nom de gobe-mouche huppé du Brésil0. Ces trois espèces n'en font qu'une, dans laquelle l'oiseau rouge est le mâle, et le blanc la femelle, qui est un peu plus grande que son mâle, comme nous l'avons observé dans l'espèce du barbichon. Cette différence, qui ne se trouve guère que dans la classe des oiseaux de proie, en rapproche le genre subalterne des gobe-mouches, moucherolles et tyrans.

Ce moucherolle mâle a sept pouces de longueur, et la femelle huit pouces un quart, cet excès de longueur étant presque tout dans la queue ; cependant elle a aussi le corps un peu plus épais, et à peu près de la grosseur de l'alouette commune; tous deux ont la tête et le haut du cou, à le trancher circulairement à la moitié, enveloppés d'un noir luisant de vert ou de bleuâtre, dont l'éclat est pareil à celui de l'acier bruni : une belle huppe de même couleur, dégagée et jetée en arrière en plumet, pare leur tête où brille un œil couleur de feu ; au coin du bec, qui est long de dix lignes, un peu arqué vers la pointe et rougeâtre, sont des soies assezlongues. Tout le reste du corps de la femelle est blanc, excepté les grandes pennes dont le noir perce à la pointe de l'aile pliée; on voit deux rangs de traits noirs dans les petites pennes et dans les grandes couvertures; et la côte des plumes de la queue est également noire dans toute sa longueur.

Dans le mâle, au-dessous de la coiffe noire, la poitrine est d'un gris bleuâtre, et l'estomac, ainsi que tout le dessous du corps sont blancs; un manteau rouge bai vif en couvre tout le dessus jusqu'au bout de la queue; celle queue est coupée en ovale et régulièrement étagée : les deux pennes du milieu étant les plus grandes, les autres s'accourcissent de deux en deux lignes ou de trois en trois, jusqu'à la plus extérieure, et de môme dans la femelle.

Ce beau moucherolle est venu du cap de Bonne-Espérance; on le trouve aussi au Sénégal et à Madagascar; selon M. Adansond, il habite sur les mangliers qui bordent les eaux dans les lieux solitaires et peu fréquentés du Niger et de la Gambra ; Seba place ce moucherolle au Brésil, en le rangeant parmi les oiseaux de Paradis, et lui donnant le nom brésilien d'aca-

a. « Muscicapa cristata, superne dilutè spadicea, infernè alla; pectore cinereo albo; capite « et collo superiore nigro-viridescentibus; rectricibus dilutè spadiccis, » le gobe-mouche huppe du cap de Bonne-Espérauce.

b. « Muscicapa cristata alba , capite et collo superiore nigro-virescentibus; rectricibus albis , « oris exterioribus et scapis nigris, » le gobe-mouche blanc huppé du cap de Bonne-Espérance.

c. « Muscicapa cristata superne dilutè spadicea, infernè alba; capite nigro-viridescente ; « tectricibus alarum supciiuribus auteis, rectricibus dilutè spadiceis, » le gobe-mouche huppé du Brésil. Brisson, loco cilato.

d. Supplément de l'Encyclopédie, t. I.

LE MOUCIIEROLLE I1UTPÉ. 437

macu °, mais on sait assez que ce collecteur d'histoire naturelle a souvent donné aux choses qu'il décrit des noms empruntés sans discernement; et d'ailleurs nous ne croirons pas qu'un oiseau, vu et reconnu aux rives du Niger par un excellent observateur tel que M. Adanson, soit en même temps un oiseau du Brésil : néanmoins, c'est uniquement sur la foi de Seba que M. Brisson l'y place, quoique lui-même observe l'erreur où il tombe, et remarque à la fin de ce prétendu gobe-mouche huppé du Brésil qu'apparemment Seba se trompe en le nommant ainsi, et que cet oiseau nous vient d'Afrique et de Madagascar. Klein le prend pour une grive huppée b, et Mohering pour un choucas c. Exemple de la confusion dont la manie des méthodes a rempli l'histoire naturelle; et, s'il en fallait un plus frappant, nous le trouverions encore sans quitter cet oiseau : c'était peu de l'avoir fait grive et choucas, M. Linnasus a voulu en faire un corbeau, et à cause de sa queue allongée un corbeau de Paradis d ; et c'est à son espèce blanche que M. Brisson applique la phrase où cet auteur fait de ce moucherolle un corbeau.

TROISIÈME ESPÈCE

Calesby nomme ce moucherolle oiseau-chat f (the cat-bird), parce que sa voix ressemble au miaulement du chat : on le voit en été en Virginie où il vit d'insectes ; il ne se perche pas sur les grands arbres et ne fréquente que les arbrisseaux et les buissons. // est aussi gros, dit cet auteur, et même un peu plus gros qu'une alouette. Il approche donc, par la taille, de celle du petit tyran ; mais son bec droit et presque sans crochet l'éloigné de cette famille ; son plumage est sombre, la couleur en est mêlée de noir et de brun plus ou moins clair et foncé : le dessus de la tête est noir, et le dessus du corps, des ailes et de la queue est d'un brun foncé, noirâtre même sur

a. «Avis Paradisiaca Brasiliensis , seu cuiriri acamacu cristata. » Seba, t. II, p. 93, pi. 87, n° 2.

b. Turdas cristatus. Klein, Avi., p. 70, n° 31.

c. Monedula. Mohering, Avi.,' gen. 2, apud Brisson, t. II, p. 416.

d. Brisson, supplément, p. 51. Le gobe-mouche blanc huppé du cap de Bonne-Espérance. « Corvus albo nigroque varius, caudà cuneiformi; remigibus intermediis longissimis , capite « nigro cristato, corvus Paradisi. » Linnœus, Syst. nat., édit. X, gen. 48 , sp. 2. C'est par erreur, et apparemment par confusion avec le schet de Madagascar, qu'on prête ici deux longues plumes à la queue du gobe-mouche blanc huppé du cap de Bonne-Espérance.

e. a Muscicapa supernè saturatè fusca, infernè cinerea; capite superiùs nigro; tectricilms « caudae inferioribus sordide rubris ; rectricibus nigricantibus, » le gobe-mouche brun de Virginie. Brisson, Ornithol., t. II, p. 365.

f. Hist. nat. ofCarolina, t. I, p. 66. Muscicapa vertice nigro; the catbird; le chat-oiseau. ' Muscicapa carvlinensis (Gmd.). — C'est un merle.

la queue; le cou, la poitrine et le ventre sont d'un brun plus clair : une teinte de rouge terne paraît aux couvertures du dessous de la queue; elle est composée de douze plumes, toutes d'égale longueur; les ailes pliées n'en couvrent que le tiers; elle a trois pouces de longueur; le bec a dix lignes et demie, et l'oiseau entier huit pouces. Ce moucherolle niche en Virginie, ses œufs sont bleus, et il quitte cette contrée à l'approche de l'hiver.

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