‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 409 sur 459 · OISEAU ÉTRANGER QUI A RAPPORT AU ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

OISEAU ÉTRANGER QUI A RAPPORT AU ROSSIGNOL

LE FOUDI-JALA. d *

Ce rossignol, qui se trouve à Madagascar, est de la taille du nôtre, et lui ressemble à beaucoup d'égards : seulement il a les jambes et les ailes plus courtes, et il en diffère aussi par les couleurs du plumage ; il a la tête rousse avec une tache brune de chaque côté; la gorge blanche, la poitrine d'un roux clair, le ventre d'un brun teinté de roux et d'olive; tout le dessus du corps, compris ce qui paraît des pennes de la queue et des ailes, d'un brun olivâtre; le bec et les pieds d'un brun foncé. M. Brisson, à qui l'on doit la connaissance de celte espèce, ne dit point si elle chante, à moins qu'il n'ait cru l'avoir dit assez en lui donnant le nom de rossignol.

fc-ld, Av. biles., p. 296. — Rzaczynski, Auctuar. Polon., p. 391 ; en polonais, stowick wickszy. — Brisson, t. III, p. 40O. — Au vogel, auen nachtigall. Cramer, Elenchus, p. 376. — Sprossvogel ou sprosser en allemand. Friscli, 1. 1, pi. 21.

a. Luscinia candida , le rossignol blanc. Biisson, t. III, p. 401.

b. Pline, Hist. nat., lib. x, cap. xxix.

c. Aldrovande, Ornilhol., t. H, p. 771.

d. « Ficedula supernè fusco-olivacea, capite rafo; gutture albo; pectore dilutè rufo ; ventre « ex fusco ad rufum et olivaceum inclinante: macula utrimquc ponè oculos fusca; rectricibus

« supernè fusco-olivaceis, subtus viridi-olivaceis » Luscinia madagascariensis , le rossignol

cie Madagascar, où on l'appelle foudi-jala. Brisson, t. III, p. 401.

* Motacilla madagascariensis (Gmel.).

Longueur totale six pouces cinq lignes, bec neuflignes, tarse neuf lignes et demie, vol huit pouces et demi, queue deux pouces et demi, composée de douze pennes, un peu étagée, dépasse les ailes d'environ vingt lignes.

PREMIÈRE ESPÈCE

Le triste hiver, saison de mort, est le temps du sommeil ou plutôt de la torpeur de la nature ; les insectes sans vie, les reptiles sans mouvement, les végétaux sans verdure et sans accroissement, tous les habitants de l'air détruits ou relégués, ceux des eaux renfermés dans des prisons de glace, et la plupart des animaux terrestres confinés dans les cavernes, les antres et les terriers; tout nous présente les images de la langueur et de la dépopulation ; mais le retour des oiseaux au printemps est le premier signal et la douce annonce du réveil de la nature vivante ; et les feuillages renaissants et les bocages revêtus de leur nouvelle parure sembleraient moins frais et moins louchants sans les nouveaux hôtes qui viennent les animer et y chanter l'amour.

De ces hôtes des bois les fauvettes sont les plus nombreuses comme les plus aimables : vives, agiles, légères et sans cesse remuées, tous leurs mouvements ont l'air du sentiment, tous leurs accents le ton de la joie, et tous leurs jeux l'intérêt de l'amour. Ces jolis oiseaux arrivent au moment où les arbres développent leurs feuilles et commencent à laisser épanouir leurs fleurs; ils se dispersent dans toute l'étendue de nos campagnes; les uns viennent habiter nos jardins, d'autres préfèrent les avenues et les bosquets, plusieurs espèces s'enfoncent dans les grands bois, et quelques-unes se cachent au milieu des roseaux. Ainsi les fauvettes remplissent tous les

a. « Motacilla virescente-cinerea, artubus fuscis, subtus flavescens, abdomine albo, Scata- « rello vulgô. » Aldrovande, AvL, t. II, p. 759, avec une mauvaise figure, p. 760. — « Ficc- « dula septima Aldrovandi. » Willughby, Ornithol.,^. 158. — Ray, Synops.avi., p. 79, n°a, 7. — « Ficedula septirna » Linn., Syst. nat., édit. VI, g. 82, sp. 19. — Idem, Fauna Suecica, n° 234. « Motacilla virescente-cinerea, subtus flavescens abdomine albido, artubus succin. » Ilippolaïs, Linnaeus, Syst. nat., édit. X, g. 99, sp. 7. — « Ficedula supernè griseo-fusca, « infernè alba, cum aliquà rufescentis mixturà; tceiiiâ supra oculos albicante; rectricibus « fuscis, oris exterioribus griseo-f uscis , extimà obliqué plusquam dimidiatim sordide albà, » Curruca, la fauvette. Brisson, Ornithol.,t. III, p. 372. — Les Italiens, confondant apparemment le bec-figue et la fauvette, parce que le plumage est à peu près semblable, et qu'on ne peut les bien distinguer que par leurs mœurs, nomment cette dernière beccafico. Dans le Eoulonais on l'appelle scatarello, suivant Aldrovande ; colombade en Provence, et petlkhaps dans la province d'York en Angleterre.

* Motacilla orphea (Temm.). — La fauvette proprement dite (Guv.). —Genre Becs-Fins. sous-genre Fauvettes (Cuv.).

lieux de la terre et les animent par les mouvements et les accents de leur tendre gaieté a.

A ce mérite des grâces naturelles, nous voudrions réunir celui de la beauté; mais en leur donnant tant de qualités aimables, la nature semble avoir oublié de parer leur plumage. 11 est obscur et terne; excepté deux ou trois espèces qui sont légèrement tachetées, toutes les autres n'ont que des teintes plus ou moins sombres de blanchâtre, de gris et de roussâtre.

La première espèce, ou la fauvette proprement dite, est de la grandeur du rossignol. Tout le manteau, qui dans le rossignol est roux-brun, est grisbrun dans celte fauvette, qui de plus est légèrement teinte de gris roussâtre à la frange des couvertures des ailes et le long des barbes de leurs petites pennes; les grandes sont d'un cendré noirâlre, ainsi que les pennes de la queue, dont les deux plus extérieures sont blanches du côté extérieur, et des deux côtés à la pointe : sur l'œil, depuis le bec, s'étend une petite ligne blanche en forme de sourcil, et l'on voit une tache noirâtre sous l'oeil et un peu en arrière; cette tache confine au blanc de la gorge, qui se teint de roussâtre sur les côtés, et plus fortement sous le ventre.

Celle fauvette est la plus grande de toutes, excepté celle des Alpes, dont nous parlerons dans la suite. Sa longueur totale est de six pouces, son vol de huit pouces dix lignes; son bec, de Sa pointe aux angles, a huit lignes et demie; sa queue deux pouces six lignes ; son pied dix lignes.

Elle habile, avec d'autres espèces de fauvettes plus petites, dans les jardins, les bocages et les champs semés de légumes, comme fèves ou pois; toutes se posent sur la ramée qui soutient ces légumes; elles s'y jouent, y placent leur nid, sortent et rentrent sans cesse, jusqu'à ce que le temps de la récolte, voisin de celui de leur départ, vienne les chasser de cet asile, ou plutôt de ce domicile d'amour.

C'est un petit spectacle de les voir s'égayer, s'agacer et se poursuivre; leurs attaques sont légères et ces combats innocents se terminent toujours par quelques chansons. La fauvette fut l'emblème des amours volages , comme la tourterelle de l'amour fidèle; cependant la fauvette, vive et gaie, n'en est ni moins aimante, ni moins fidèlement attachée, et la tourterelle, triste et plaintive, n'en est que plus scandaleusement libertine6. Le mâle de la fauvette prodigue à sa femelle mille petits soins pendant qu'elle couve; il partage sa sollicitude pour les petits qui viennent d'éclore, et ne la quitte pas même après l'éducation de la famille; son amour semble durer encore après ses désirs satisfaits.

a. « L'on ne sauroit se trouver l'esté en quelque lieu umbrageux le long des eaux, qu'on n'oye « les fauvettes chantant à gorge desployée, si hault qu'on les oit d'un grand demi-quart de « lieue; pirquoi c'est un oiseau jà cogneu en toutes contrées. » Belon, Nat. des Oiseaux, page 340.

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