LA GRISETTE
parce qu'elle fréquente les buissons et les halliers où elle fait son nid a.
Nous avons vu l'un de ces nids sur un prunelier à trois pieds de terre; il est en forme de coupe et composé de mousse des prés entrelacée de quelques brins d'herbes sèches ; quelquefois il est entièrement tissu de ces brins d'herbes plus fines en dedans, plus grossières en dehors; ce nid contenait cinq œufs fond gris verdàtre, semés de taches roussàtres et brunes plus fréquentes au gros bout.
La mère fut prise avec les petits; elle avait l'iris couleur de marron; les bords du bec supérieur légèrement échancrés à la pointe; les deux paupières garnies de cils blancs; la langue effrangée par le bout; le tube intestinal, du gésier à l'anus, était de six pouces de longueur; il y avait deux cœcums longs de deux lignes, adhérents à l'intestin; de l'œsophage au gésier la distance était de deux pouces, et le premier avant son insertion formait une dilatation ; la grappe de l'ovaire était garnie d'œufs d'inégale grosseur.
Dans un mâle ouvert au milieu du mois de mai, les viscères se trouvèrent à très-peu près les mêmes ; des deux testicules le droit était plus gros qut le gauche, et avait dans son grand diamètre quatre lignes, et deux lignes trois quarts dans le petit; on observa le gésier musculeux, dont les deux membranes se dédoublent; il contenait quelques débris d'insectes et point de graviers; l'iris était mordoré clair, dans un autre il parut orangé, ce qui montre que cette partie est sujette à varier en couleurs, et ne peut point fournir un caractère spécifique.
Aldrovande remarque que l'œil de la grisette est petit, mais qu'il est vif et gai. Le dos et le sommet de la tête sont gris cendré; les tempes, dessus et derrière l'œil, marquées d'une tache plus noirâtre; la gorge est blanche jusque sous l'œil; la poitrine et l'estomac sont blanchâtres, lavés d'une teinte de roussâtre clair, comme vineuse. Cette fauvette est un peu plus grosse que le bec-figue : sa longueur totale est de cinq pouces sept lignes; elle a huit pouces de vol : on l'appelle passerine en Provence, et sous cet autre ciel elle a d'autres habitudes et d'autres mœurs ; elle aime à se repo-
Stoparola. Jonston, Avi., p. 87, et la figure empruntée d'Aldrovande, pi. 44. — Stoparola Aldiovandi. Willughbj-, Ornithol, p. 153. — Ray, Synops., p. 77, n° a, 1. — Stoparola pectore et ventre candido , Aldrovandi. Wïllughby, Ornithol, p. 171, u° 5. — Cineraria. Linn., Syst. nat., édit. VI, g. 82, sp. 15. — « Motacilla supra cinerea, subtus alba, rectrice prima « longitudinaliter dimidiato albà, secundà apice albà, » Sylvia. Syst. nat., édit. X, g. 99, sp. 9. — « Motacilla supra cinerea, infra alba; rectrice prima longitudinaliter dimidiato albà, secundà « apice albà. » Idem. Fauna Suec, n° 228. — « Ficedula supernè grisea, infemè alba, cum « aliquà rufescentis mixturà; rectricibus decem intermidiis fuscis, marginibus griseis, extimà « exteriùs albo rufescente, inferiùs dilutè cinerea, orà candidà. » Curruca cinerea, she cineraria, la fauvette grise ou la grisette. Brisson , Ornithol., t. III , p. 37G. — Motacilla subcinerea. Barrère, Ornithol, class. m, g. 19, sp. 5. — Les oiseleurs bolonais la nomment stoparola, suivant Aldrovande; les Suédois, skogskuetl ou skogsknelter et mesar, suivant Linnœus; les Provençaux, passerine.
a. « Stoparola nescio quo vocabulo, nisi forte a stipulis. » Aldrovande, t. II, p. 732.