‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 415 sur 459 · LA FAUVETTE BABILLARDE · texte numérisé non relu

LA FAUVETTE BABILLARDE

une petite reprise de ramage fort vif, fort gai, toujours le même, et qu'elle répète à tout moment, ce qui lui a fait donner le nom de babillante ; outre ce refrain qu'elle chante le plus souvent en l'air, elle a une autre sorte d'accent ou de sifflement fort grave bjîc , bjk, qu'elle fait entendre de l'épaisseur des buissons, et qu'on n'imaginerait pas sortir d'un oiseau si petit; ses mouvements sont aussi vifs, aussi fréquents que son babil est continu; c'est la plus remuante et la plus leste des fauvettes. On la voit sans cesse s'agiter, voleter, sortir, rentrer, parcourir les buissons, sans jamais pouvoir la saisir dans un instant de repos. Elle niche dans les haies, le long des grands chemins, dans les endroits fourrés, près de terre et sur les touffes mêmes des herbes engagées dans le pied des buissons"; ses œufs sont verdàtres, pointillés de brun.

Suivant Belon, les Grecs modernes appellent cette fauvette potamida, oiseau du bord des rivières ou des ruisseaux : c'est sous ce nom qu'il l'a reconnue en Crète , comme si dans un climat plus chaud b elle affectait davantage de rechercher la proximité des eaux que dans nos contrées tempérées, où elle trouve plus aisément de la fraîcheur; les insectes que l'humidité échauffée fait éclore font sa principale nourriture. Son nom, dans Aristotec, désigne un oiseau qui cherche sans cesse les vermisseaux; cependant on voit rarement cette fauvette à terre, et ces vermisseaux qui font sa pâture sont les chenilles qu'elle trouve sur les arbustes et les buissons.

Belon, qui l'appelle d'abord fauvette brune, lui donne ensuite le surnom de plombée, qui représente beaucoup mieux la vraie teinte de son plumage. Elle a le sommet de la tète cendré, tout le manteau cendré-brun, le devant du corps blanc, lavé de roussâtre ; les pennes de l'aile brunes, leur bord intérieur blanchâtre, l'extérieur des grandes pennes est cendré, et celui des moyennes est gris roussâtre ; les douze plumes de la queue sont brunes, bordées de gris, excepté les deux plus extérieures, qui sont blanches en dehors comme dans la fauvette commune ; le bec et les pieds sont d'un gris

a. «Nidum suspendit inter gramina rotundum, ova maio, plerumque quinque aliquando « septem, subviridia, pimctis notata. » Schwenckfeld , Avi. Siles.,j>. 255.

b. « Quelques auteurs grecs et modernes ont mis potamida de nom vulgaire, pensant exprimer le rossignol; toutefois sommes bien assurés que potamida n'est pas rossignol, car lorsqu'étions en Crète, trouvâmes le nid de tel oiseau qu'ils nomment potamida sur une plante de teucrion, et lequel pûmes reconnoitre que c'étoit de l'oiseau que notre vulgaire nomme une fauvette brune... Ce n'est pas sans raison que le vulga're de la Grèce la nomme potamida, car elle suit communément les ruisselets , pour ce qu'elle y trouve mieux sa pasture , qu'elle prend de vermine en vie. » Belon, Nat. des Oiseaux, p. 340. — « Il y a un autre oiseau appelé par les « anciens curruca , que les Français connaissent sous le nom de fauvette brune , et que les « Grecs qui habitent à présent cette île ( de Crète) appellent potamida. L'on tient que le coucou « est son ennemi , et qu'il mange ses petits quand il en trouve l'occasion. » Dapper, Descript. des (les de l'Archipel, p. 62.

c. Y-o.y.U. que Gaza traduit curruca; nom que tous les naturalistes ont appliqué à cette fauvette. « Ypolaïs, quod verminibus pascatur. » Schwenckfeld.

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