‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 431 sur 459 · LE ROUGE-QUEUE · texte numérisé non relu

LE ROUGE-QUEUE

rouge-gorge et au rossignol de muraille ; mais il est plus difficile de reconnaître le pyrrhulas ou ruèicilla.

Ces noms ont été appliqués au bouvreuil par tous les nomenclateurs : on peut le voir à l'article de cet oiseau où l'on rapporte leurs opinions sans les discuter, parce que cette discussion ne pouvait commodément se placer qu'ici; mais il nous paraît plus que probable que le pyrrhulas d'Aristote, le rubicUla de Théodore Gaza, loin d'être le bouvreuil, est d'un genre tout différent. Aristote fait en cet endroit un dénombrement des petits oiseaux à bec fin qui ne vivent que d'insectes, ou qui du moins en vivent principalement : tels sont, dit-il, le cygalis (le bec-figue), le mclancoryphos a (la fauvette à tête noire), le pyrrhulns, Ycrithacos, Yhypolaïs (la fauvette babillarde), etc. b : or, je demande si l'on peut ranger le bouvreuil au nombre de ces oiseaux à bec effilé, et qui ne vivent en tout ou en grande partie que d'insectes? Cet oiseau est, au contraire, un des plus décidément granivores; il s'abstient de toucher aux insectes dans la saison où la plupart des autres en font leur pâture, et paraît aussi éloigné de cet appétit par son instinct qu'il l'est par la forme de son bec, différente de celle de tous les oiseaux en qui l'on remarque ce genre de vie. On ne peut supposer qu' Aristote ait ignoré cette différence dans la manière de se nourrir, puisque c'est sur cette différence même qu'il se fonde en cet endroit; par conséquent ce n'est pas le bouvreuil qu'il a voulu désigner par le nom de pyrrhulas

Quel est donc l'oiseau, placé entre le rouge-gorge et la fauvette, autre néanmoins que le rossignol de muraille, auquel puissent convenir à la fois ces caractères d'être à bec effilé, de vivre principalement d'insectes, et d'avoir quelque partie remarquable du plumage d'un roux de feu ou rouge fauve? je ne vois que celui qu'on a nommé rouge-qucue, qui habite les bois avec le rouge-gorge, qui vit d'insectes comme lui pendant tout l'été, et part

a. Je sais que Belon, et plusieurs naturalistes après lui, ont appliqué aussi au bouvreuil le nom de mclancoryphos; et je suis convaincu encore que ce nom lui est mal appliqué. Aristote parle en deux endroits du melancoryphos , et dans ces deux endroits de deux oiseaux différents, dont aucun ne peut être le bouvreuil; premièrement, dans le passage que nous examinons, par toutes les raisons qui prouvent qu'il ne peut pas être le pyrrhulas; le second passage où Aristole nomme le melancoryphos, que Gaza traduit atricapilla, est au livre ix, chap. xv; et c'est celui que Belon applique au bouvreuil ( Nat. des Oiseaux, p. 359 ) ; mais il est clair que Yatricapilla qui pond vingt œufs , qui niche dans les trous d'arbres, et se nourrit d'insectes (Aristote, loco citalo) n'est po'nt le bouvreuil, et ne peut être que la petite mésange à tète noire ou Bonnette, tout comme Yatricapilla qui se trouve pour accompagner le rouge-gorge, le rossignol de muraille et le bec-figue , ne peut être que la fauvette à tète noire. Cette petite discussion nous a paru d'autant plus nécessaire, que Belon est de tous les naturalstes celui qui a rapporté généralement avec plus de sagacité les dénominations anciennes aux espèces connues des modernes, et que d'un antre côté la nomenclature du bouvreuil est une de celles qui sont demeurées remplies de plus d'obscurité et de méprises (voyez l'histoire du bec-figue), et qui jetaient le plus d'embarras sur celle de plusieurs autres oiseaux, et en particulier du rouge-qucue.

b. « Hae et reliqua id genus, vermiculis partim ex toto, partim magnâ ex parte aluntur. » Lil). vin, cap. m.

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en même temps à l'automne. Wuotton8 s'est aperçu que le pyrrhulas doit être une espèce de rouge-queue. Jonston parait faire la même remarque*; mais le premier se trompe en disant que cet oiseau est le même que le rossignol de muraille, puisque Aristote le distingue très-nettement dans la même phrase.

Le rouge-queue est en effet très-différent du rossignol de muraille : Aldrovande et Gessner l'ont bien connu en l'en séparant0. Le rouge-queue est plus grand, il ne s'approche pas des maisons et ne niche pas dans les murs, mais dans les bois et buissons comme les bec-figues et les fauvettes; il a la queue d'un roux de feu clair et vif; le reste de son plumage est composé de gris sur tout le manteau, plus foncé et frangé de roussâtre dans les pennes de l'aile, et de gris blanc mêlé confusément de roussâtre sur tout le devant du corps; le croupion est roux comme la queue; il y en a qui ont un beau collier noir et dans tout le plumage des couleurs plus vives et plus variées. M. Brisson en a fait une seconde espèce d; mais nous croyons que ceux-ci sont les mâles; quelques oiseleurs très-expérimentés nous l'ont assuré. M. Brisson dit que le rouge-queue à collier se trouve en Allemagne, comme s'il était particulier à cette contrée; tandis que partout où l'on rencontre le rouge-queue gris on voit également des rouges-queues à collier; de plus, il ne le dit que sur une méprise, car la figure qu'il cite de Frisch, comme celle du rouge-queue à collier % n'est dans cet auteur que celle de la femelle de l'oiseau que nous appelons gorge-bleue f.

Nous regarderons donc le rouge-queue à collier comme le mâle, et le rouge-queue gris comme la femelle; ils ont tous deux la queue rouge de même; mais, outre le collier, le mâle a le plumage plus foncé, gris brun sur le dos, et gris tacheté de brun sur la poitrine et les flancs.

Ces oiseaux préfèrent les pays de montagne, et ne paraissent guère en plaine qu'au passage d'automne 3 ; ils arrivent au mois de mai en Bour-

a. Apud Gessnerum, p. 701. « Pyrrhulas eadem videtur quae phœnicurus: quamquam Tlieo- « dorus rubicillam interpretetur, si cui secùs videatur, non contendo. » Wuothonus.

b. Pyrrhulas. Jonston, Avi., pi. 45.

c. Gessner lui donne le nom caractéristique de rotschwentzel. Aldrovande en fait un second rouge-queue ( le rossignol de muraille est le premier) sous le nom de phœnicurus aller, et tous deux le décrivent de manière à le distinguer clairement du rossignol de muraille. Gessner, Avi., p. 700. Aldrovande, t. II, p. 718.

d. « Ficedula supernè fusca, infernè sordide alba, maculis fuscis in pectore et laterilms « varia; collo inferiore macula fuscâ ferri equini aemulà, insignito; uropygio rufo; rectiicibus « binis intermediis fuscis , lateralibus in exortu rufis, in apice fuscis. » Phœnicurus torquatus, le rouge-queue à collier. Erisson, t. III, p. Ail.

e. « Phœnicurus inferiore parte caudœ nigrà. » Rotschwentzlein. Frisch, der. h, haupt. iv, abtlieil n, plate fig. 2.

f. « Das zweite rotschwentzlein hat einem halb schwartzen, schwantz von untem an, and « ist das weiblein des blankchleins. » Frisch, ibid.

g. J'ai souvent vu en Brie, en automne, un oiseau qui avait également la queue fort rousse, mais différent de celui-ci (le rossignol de muraille); j'avais cru que c'était le même que le charbonnier de Nantua dans la première année. Presque tous les oiseaux changent de couleur

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