‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 49 sur 459 · III. LE LORIOT DES INDES. d · texte numérisé non relu

III. LE LORIOT DES INDES. d

C'est le plus jaune des loriots, car il est en entier de cette couleur, excepté : 1° un fer à cheval qui embrasse le sommet de la tête et aboutit des deux côtés à l'angle de l'ouverture du bec; 2° quelques taches longitudinales sur les couvertures des ailes; 3° une bande qui traverse la queue vers le milieu de sa longueur , le tout de couleur azurée, mais le bec et les pieds sont d'un rouge éclatant.

a. C'est le loriot de Bengale de M. Brisson, t. H, p. 329, et le black-headed indian icterus de M. Edwards, planche 77.

b. L'espèce de pièce noire qui couvre la gorge et le devant du cou a, dans la figure d'Edwards, une échancrure de chaque côté, vers le milieu de sa longueur.

c. C'est Yyellow indian starling d'Edwards, planche 186; et d'Albin, t. II, p. 38. M. Edwards lui aurait donné le nom de loriot tacheté, spotted icterus, s'il n'avait cru plus à propos de conserver le nom d'Albin. Il pense que ce pourrait bien être le mot lied jay de Madras, et par conséquent le cinquième troupiale de M. Brisson.

d. C'est le nom que lui donnent Aldrovande, t. I, p. 862, et M. Brisson, qui en a fait sou soixantième merle. Voyez le tome II, p. 328.

' Oriolus melanocephalus ( Gmel. ).

** Oriolus indiens (Gmel.).

Cet oiseau ayant été regardé par les uns comme un merle et par 1er. autres comme un loriot, sa vraie place semble marquée entre les loriots et les merles ; et comme d'ailleurs il paraît autrement proportionné que l'une ou l'autre de ces deux espèces, je suis porté à le regarder plutôt comme une espèce voisine et mitoyenne que comme une simple variété.

Le loriot rayé est moins gros qu'un merle et modelé sur des proportions plus légères; il a le bec, la queue et les pieds plus courts, mais les doigts plus longs; sa tète est brune, finement rayée de blanc; les pennes des ailes sont brunes aussi et bordées de blanc ; tout le corps est d'un bel orangé, plus foncé sur la partie supérieure que sur l'inférieure ; le bec et les ongles sont à peu près de la même couleur, et les pieds sont jaunes.

La famille des grives a sans doute beaucoup de rapports avec celle des merles6, mais pas assez néanmoins pour qu'on doive les confondre toutes deux sous une même dénomination, comme ont fait plusieurs naturalistes; et, en cela, le commun des hommes me paraît avoir agi plus sagement en donnant des noms distincts à des choses vraiment distinctes : on a appelé grives ceux de ces oiseaux dont le plumage était grivelé", ou marqué sur la poitrine de petites mouchetures disposées avec une sorte de régularité d; au contraire, on a appelé merles ceux dont le plumage était uniforme ou varié seulement par de grandes parties. Nous adoptons cette distinction de noms d'autant plus volontiers que la différence du plumage n'est pas la seule qui se trouve entre ces oiseaux ; et, réservant les merles pour un autre article,

a. C'est le loriot à tète rayée de M. Brisson, t. Il, p. 332, et le merula bicvlor d'Aldrovande , t. H, p. 623 et 624. Je ne sais pourquoi ce dernier auteur lui applique l'épithète de bicolor, vu que, selon sa description même, il entre trois ou quatre couleurs dans le plumage de cet oiseau : du brun, du blanc, et de l'orangé de deux nuances.

b. « Merulœ et turdi amicœ sunt aves, » dit Pline: on ne peut guère douter que les merles et les grives n'aillent de compagnie, puisqu'on les prend communément daus les mêmes pièges.

c. Ce mot grivelé est formé visiblement du mot grive, et celui-ci parait l'être d'après le cri de la plupart de ces oiseaux.

d. Quoique les anciens ne fissent guère la description des oiseaux très-connus, cependant un trait échappé à Aristote suppose que tous les oiseaux compris sous le nom grec xt^Xai , qui répond à notre mot français grives, étaient mouchetés, puisqu'en parlant du turdus iliacus, qui est notre mauvis, il dit que c'est l'espèce qui a le moins de ces mouchetures. Voyez Histuria animalium, lib. îx, cap. xx.

* Oriolus radlatus ( Gmel. ).

" Ordre id., famille des Dentirostres, genre Merles (Cuv. ).

nous nous bornons dans celui-ci à parler uniquement des grives. Nous en distinguons quatre espèces principales vivant dans notre climat, à chacune desquelles nous rapporterons, selon notre usage, ses variétés, et, autant qu'il sera possible, les espèces étrangères analogues.

La première espèce sera la grive proprement dite l, représentée dans les planches enluminées, n° 406, sous le nom de litorne; je rapporte à cette espèce, comme variétés, la grive à tête blanche d'Aldrovande et la grive huppée de Schwenckfeld ; et, comme espèces étrangères analogues, la grive de la Guiane-, représentée dans les planches enluminées, n° 398, fig. 1, et la grivette d'Amérique, dont parle Catesby a.

La seconde espèce sera la draine* de nos planches enluminées, n° 489, qui est le turdits viscivorus des anciens, et à laquelle je rapporte comme variété la draine blanche.

La troisième espèce sera la litorne11, représentée dans les planches enluminées, n° 490, sous le nom de calandrote. C'est le turdus pilaris des anciens; j'y rapporte comme variétés la litorne tachetée de Klein, la litorne à tête blanche de M. Brisson ; et comme espèces étrangères analogues, la litorne de la Caroline de Catesby6, dont M. Brisson a fait sa huitième grive, et la litorne de Canada du même Catesby", dont M. Brisson a fait sa neuvième grive.

La quatrième espèce sera le mauvish de nos planches enluminées, n° 51, qui est le turdus iliacus des anciens et notre véritable calandrote de Bourgogne.

Enfin, je placerai à la suite de ces quatre espèces principales quelques grives étrangères qui ne sont point assez connues pour pouvoir les rapporter à l'une plutôt qu'à l'autre, telles que la grive verte de Barbarie du docteur Shaw*, et le hoami de la Chine de M. Brisson6, que j'admets parmi les grives sur la parole de ce naturaliste, quoiqu'il me paraisse différer des grives non-seulement par son plumage, qui n'est point grivelé, mais encore par les proportions du corps.

Des quatre espèces principales appartenant à notre climat , les deux premières, qui sont la grive et la draine, ont de l'analogie entre elles: toutes deux paraissent moins assujetties à la nécessité de changer de lieu,

a. Tome I, page 31.

b. Ibid., page 28.

c. Ibid., page 20.

d. Travels, page 233.

e. C'est sa septième grive. Voyez tome II, p. 221.

Page 1