‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 62 sur 459 · LE M AU VIS · texte numérisé non relu

LE M AU VIS

en avoir entendu chanter dans la Brie au printemps; elles étaient au nombre de douze ou quinze sur un arbre, et gazouillaient à peu près comme des linottes. Un autre observateur, habitant la Provence méridionale, m'assure que le mauvis ne fait que siffler, et qu'il siffle toujours; d'où l'on peut conclure qu'il ne niche pas dans ce pays.

Aristote en a parlé sous le nom de turdus Iliacus, comme de la plus petite grive et la moins tachetée °. Ce nom de turdus Iliacus semble indiquer qu'elle passait en Grèce des cotes d'Asie où se trouve la ville d'Ilium.

L'analogie que j'ai établie entre cette espèce et la litorne, se fonde sur ce qu'elles sont l'une et l'autre étrangères à notre climat, où on ne les voit que deux fois l'année6, sur ce qu'elles se réunissent en troupes nombreuses à certaines heures, pour gazouiller toutes ensemble, et encore sur une certaine conformité dans la grivelure de la poitrine; mais celte analogie n'est point exclusive, et on doit avouer que le mauvis a aussi quelque chose de commun avec la grive proprement dite; sa chair n'est pas moins délicate; il a le dessous de l'aile jaune, mais à la vérité d'une teinte orangée et beaucoup plus vive ; on le trouve quelquefois seul dans les bois, et il se jette aux vignes comme la grive, avec laquelle M. Lottinger a observé qu'il voyage souvent de compagnie, surtout au printemps. Il résulte de tout cela que cette espèce a les moyens de subsister des deux autres, et qu'à bien des égards on peut la regarder comme faisant la nuance entre la grive et la litorne.

QUI ONT RAPPORT AUX GRIVES ET AUX MERLES. I. LA GRIVE BASSETTE DE BARBARIE."*

J'appelle ainsi cet oiseau à cause de ses pieds courts : il ressemble. aux grives par sa forme totale, par son bec, par les mouchetures de la poitrine, semées régulièrement sur un fond blanc , en un mot, par tous les caractères extérieurs, excepté les pieds et le plumage; ses pieds sont non-seulement plus courts, mais plus forts, en quoi il est directement opposé à l'hoamy, et semble se rapprocher un peu de la draine, qui a les pieds plus courts à

a. Aristot., Hist. animalium, lib. ix, cap. xx.

b. En histoire naturelle, comme en bien d'autres matières, il ne faut rien prendre trop absolument. Quoiqu'il soit très-vrai en général que le mauvis ne passe point l'hiver dans notre pays, cependant M. Hébert m'assure qu'il en a tué une année, par un froid rigoureux, plusieurs douzaines sur une aubépine qui était encore chargée de ses fruits rouges.

c. Thomas Shaw lui donne le nom de green thrush.

* Turdus barbarkus (Gmel. ). — Espèce douteuse. Le loriot femelle, selon M. Vieillot.

proportion que nos trois autres grives. A l'égard du plumage, il est d'une grande beauté : la couleur dominante du dessus du corps, compris la tète et le cou, est un vert clair et brillant, le croupion est teint d'un beau jaune, ainsi que l'extrémité des couvertures de la queue et des ailes, dont les pennes sont d'une couleur moins vive ; mais il s'en faut bien que cette énumération de couleurs, fût-elle plus détaillée, pût donner une idée juste de l'effet qu'elles produisent dans l'oiseau même : pour rendre ces sortes d'effets il faut un pinceau et non pas des paroles. M. Shaw, qui a observé cette grive dans son pays natal, en compare le plumage à celui des plus beaux oiseaux d'Amérique"; il ajoute qu'elle n'est pas fort commune, et qu'elle ne paraît qu'en été au temps de la maturité des figues , ce qui suppose que ces fruits ont quelque influence sur l'ordre de sa marche; et dans ce seul fait j'aperçois deux nouvelles analogies entre cet oiseau et les grives, qui sont pareillement des oiseaux de passage, et qui aiment beaucoup les figues b.

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