III. LE PODOBÉ DU SÉNÉGAL
Nous sommes redevables à M. Adanson de cette espèce étrangère et nouvelle qui a le bec brun, les ailes et les pieds de couleur rousse, les ailes courtes, la queue longue, étagée, marquée de blanc à l'extrémité de ses pennes latérales et de ses couvertures inférieures. Dans tout le reste, le podobé est noir comme nos merles, et leur ressemble pour la grosseur comme pour la forme du bec, qui cependant n'est point jaune.
Ce merle est plus grand que le nôtre ; il a les pieds beaucoup plus forts, la queue plus longue et d'une autre forme, puisqu'elle est étagée : l'accident le plus remarquable de son plumage, c'est comme une paire de lunettes qui parait posée sur la base de son bec, et qui s'étend de part et d'autre sur ses yeux : les côtés de ces lunettes sont de figure à peu près ovale et de couleur noire, en sorte qu'ils tranchent sur le plumage gris de la tète et du cou. Cette même couleur grise, mêlée d'une teinte verdàtre, règne sur tout le dessus du corps, compris les ailes et les pennes intermédiaires de la queue; les pennes latérales sont beaucoup plus rembrunies, une partie de la poitrine et le ventre sont d'un blanc sale un peu jaune, jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, qui sont rousses. Les ailes, dans leur repos, ne s'étendent pas fort au delà de l'origine de la queue.
* Turdus erythropterus (Linn.).
** Turdus perspicillal us (Linn.).