CARLOS
Vraimenl ! Jusqu'en cela nous sommes donc semblables. m \ \ \.
Comment '.
Pour vos yeux la beauté de Cintia disparoît, et moi je ne vois pas ce qui vous fait aimer le prince de Béarn. Donc nous agissons de même, nous sommes également aveugles, moi pour ce que vous aimez , vous pour ce que
j'aime Tenez, madame, voyez Cintia qui passe; regardez- la, même de
loin. i't vous reconnoltrez combien de raisons j'ai pour l'aimer. Contemplez les lacs de sa belle chevelure, et dites-moi s'il n'est pas injuste que je sois libre pendanl que ces beaux cheveux Boni prisonniers. Voyez comme son Peau front s'unit bien a son visage charmant! Le soleil, la lune, les étoiles «•t le ciel empruntent leur lumière à ses yeux. Estimez si ce n'est pas une
ils NOTICE PRÉLIMINAIRE.
légitime et heureuse erreur qui fait mes yeux esclaves de ceux-là, quoique les siens soient noirs comme des Africains. Voyez ces lèvres de corail; on
les diroit teintes dans la blessure de mon cœur! J*ai été aveugle,
madame, jusqu'à présent comme vous-même; et j'en ai tant de regrets que j'en deviens fou, car je me laisse entraîner à louer devant vous sa beauté. Madame, je vous en demande pardon; veuillez toutefois me permettre de demander Cintia pour épouse à votre père, en même temps que je féliciterai le prince de Béarn d'avoir été choisi par vous.
« 0 ma fermeté! s'écrie Diana, quand elle se retrouve seule, qu'est-ce donc que j'éprouve? Quelle est cette flamme que j'ai dans la poitrine? » Elle est en effet vaincue. Carlos, serrant son jeu, pour ainsi dire, avertit le comte de Béarn qu'il est préféré, et déclare son amour à Cintia qui, elle-même, va redire à sa cousine Diana sa bonne fortune. Celle-ci perd la tête, se trahit et avoue son amour pour Carlos. A la dernière scène, lorsque Carlos lui dit qu'il n'attend que son consentement pour accepter la main de Cintia que lui offre le comte de Barcelone , elle éclate :