‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 143 sur 342 · SECONDE JOURNEE · texte numérisé non relu

SECONDE JOURNEE

DES PLAISIRS DE LILE ENCHANTEE,

Lorsque la nuit du second jour fut venue, Leurs Majestés se rendirent dans an autre rond environné de palissades comme le premier, et sur la même ligne, s'avançant toujours vers le lac, où Ton feignoit que le palais d'Alcine étoit bâti.

Le dessein de cette seconde fête étoit que Roger et les chevaliers de sa quadrille, après avoir fait des merveilles aux courses que, par Tordre de la belle magicienne, ils avoient faites en Faveur de la Reine, continuoient en ce même dessein pour le divertissement suivant ; et que, l'Ile flottante n'ayant point éloigné le rivage de la France, ils donnoient à Sa Majesté le plaisir d'une comédie dont la scène étoit en Élide.

Le Roi fit donc couvrir de toiles, en si peu de temps qu'on avoit lieu de s'en étonner, tout ce rond d'une espèce de dôme, pour défendre contre le vent le grand nombre de flambeaux et de bougies qui dévoient éclairer le théâtre, dont la décoration étoit fort agréable. Aussitôt qu'on eut tiré la toile, un grand concert de plusieurs instruments se fit entendre, et l'Aurore, représentée par mademoiselle Hilaire, ouvrit la scène et chanta ce récit : 1

1. Avec ce récit s'ouvre le premier intermède de la comédie-ballet. Ce qui suit est l'œuvre de Molière, sauf les arguments et les explications qui accompagnent le texte et qui sont de la même plume que la relation des Plaisirs de Vile enchantée.

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