‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 166 sur 342 · ACTE I I, +CÀ-: N B · texte numérisé non relu

ACTE I I, +CÀ-: N B

heureusement , et que tous les plaisirs sont Jades s'il ne s'\ mêle un peu d'amour.

Pouvez-vous bien toutes deux, étant ce que vous êtes, prononcer ces paroles? et ne devez-vous pas rougir d'appuyer une passion qui n'est qu'erreur, que foiblesse et qu'emportement, et dont tous les désordres ont tant de répugnance avec la gloire de notre sexe? J'en prétends soutenir l'honneur jusqu'au dernier moment de ma vie, et ne veux point du tout me commettre ta ces gens qui font les esclaves auprès de nous pour devenir un jour nos t\ rans. Toutes ces larmes, tous ces soupirs, tous ces hommages, lotis ces respects, sont des embûches qu'on tend à notre cœur et qui souvent l'engagent à commettre des lâchetés. Pour moi, quand je regarde certains exemples et les bassesses épouvantables où cette passion ravale les personnes sur qui elle étend sa puissance, je sens tout mon cœur qui s'émeut; et je ne puis souffrir qu'une âme qui fait profession d'un peu de fierté ne trouve pas une honte horrible à de telles foiblesses.1

CYNTHIE

Eh ! madame, il est de certaines foiblesses qui ne sont point honteuses et qu'il est beau même d'avoir dans les

1. Dans Dédain pour dédain, Diana parle ainsi : «Depuis la première aube de mon intelligence, où la lumière de l'entendement et de la raison me rendit capable de m'instruire, j'employai ma vie à lire et à étudier l'histoire de ces temps anciens qui laissèrent à l'avenir de si terribles enseignements. Toutes les ruines, tous les bouleversements, toutes les tragédies, toutes les discordes qui Be bod.1 succédé en ce monde, parmi les grands comme parmi les petits, ont eu pour cause l'amour. Toute la science des , tout ce que L'esprit humain a conquis d<> morale philosophique doit être employé à prévenir les siècles futurs contre les erreurs, la violence, la folie, le tyrannique empire de cette divinité aveugle et menteuse, qui s'introduit dans les cœurs avec une douce voix caressante, et, une fois qu'elle

plus hauts degrés de gloire. J'espère que vous changerez un jour de pensée; et, s'il plaît au ciel, nous verrons votre cœur avant qu'il soit peu...

Vrrêtez. N'achevez pas ce souhait étrange. J'ai une horreur trop invincible pour ces sortes d'abaissements, et si jamais j'étois capable d'y descendre, je serois personne, sans doute, à ne me le point pardonner.

Prenez garde, madame; l'Amour sait se venger des mépris que l'on fait de lui, et peut-être...

Non, non. Je brave tous ses traits, et le grand pouvoir qu'on lui donne n'est rien qu'une chimère et qu'une excuse des foibles cœurs, qui le font invincible pour autoriser leur foiblesse.

CYNTHIE

Mais enfin toute la terre reconnoît sa puissance , et vous voyez que les dieux mêmes sont assujettis à son empire. On nous fait voir que Jupiter n'a pas aimé pour une fois, et que Diane même, dont vous affectez tant l'exemple, n'a pas rougi de pousser des soupirs d'amour.

est en nous, se change en volcan. Quel amant offrit au monde d'autres résultats de son amour que des malheurs, des infortunes, des larmes, des anxiétés, des lamentations, des soupirs, des plaintes, des sanglots qui résonnent sinistrement et vont troubler les échos? Si quelque malheureux s'est vu aimer, en retour il est tombé dans une misère cruelle que le pouvoir céleste, sinon la tyrannie de la passion, lui a imposée. Comment peut-on se marier, quand on connoît les risques de l'amour? Et se marier sans amour, c'est un effet qui n'auroit pas de cause. Comment peut-elle être esclave , la femme qui n'a pas reconnu de maître? Un cœur peut-il trouver une plus indigne captivité que de se soumettre à celui que l'on ne désire pas voir vous commander? Avec ou sans amour, enfin, je ne puis me marier: avec amour, parce qu'il y a trop de péril ; sans amour, parce que je ne le veux pas. » (Acte 1er, scène vin.)

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l. \ PRINCESSE.

Les croyances publiques sont toujours mêlées d'erreur.1 Les dieux ne sont point faits comme les fait le vulgaire, et c'esl leur manquer de respect que de leur attribuer les foiblesses dos hommes.

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