‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 186 sur 342 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LA PRINCESSE, EURYALE, MORON

Prince, comme jusqu'ici nous avons fait paroître une conformité de sentiments, et que le ciel a semblé mettre en nous mêmes attachements pour notre liberté, et même aversion pour l'amour; je suis bien aise de vous ouvrir mon cœur, et de vous faire confidence d'un changement dont

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vous serez surpris. J'ai toujours regardé l'hymen comme une chose affreuse, et j'avois fait serment d'abandonner

plutôt la vie, que de me résoudre jamais à perdre celle liberté, pour qui j'avois des tendresses si grandes; mais, enfin, un moment a dissipé toutes ces résolutions. Le mérite (l'un prince m'a frappé aujourd'hui les\eu\;et mou âme tout d'un coup, comme par un miracle, est devenue sensible aux traits de cette passion que j'avois toujours méprisée. J'ai trouvé d'abord des raisons pour autoriser ce changement, et je puis l'appuyer de ma volonté de répondre ;m\ ardentes sollicitations d'un père, et aux vœux de tout un Etat : ' mais, à vous dire vrai, je suis en peine du jugement que vous ferez de moi, et je voudrois savoir si vous condamnerez, ou non. le dessein que j'ai de me donner un époux.

E l"R Y AI.E.

Nous pourriez faire un tel choix, madame, que je l'approuverois sans doute.

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