‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 226 sur 342 · DON GASPARD · texte numérisé non relu

DON GASPARD

Si vous considériez l'ordre de la nature ,

Vous verriez leur pouvoir dans chaque créature;

Cet accord merveilleux dans les quatre éléments

Doit confondre l'erreur de vos emportements.

La contrariété qui fait leur concordance

Fait assez admirer leur suprême puissance;

Et ce grand entretien dans les quatre saisons

Pour prouver leurs auteurs sont de bonnes raisons.

Ce composé de tout formé sur leur image,

Ce petit monde entier, ce surprenant ouvrage,

L'homme en ses fonctions porte-t-il pas de quoi

Désabuser l'esprit de qui manque de foi?

Mais je connois qu'en vain je m'attache à vous dire

Qu'il n'est rien ici-bas qui par eux ne respire.

Il vaut mieux vous laisser dans votre aveuglement.1

Lorsque l'ombre vient trouver l'impie, elle prend avec lui un ton de catéchiste :

l'ombre.

.... Ces mêmes dieux que ta fureur offense Toujours vers les mortels penchent à la clémence. Le délai de ta perte augmentoit leurs bontés. Ils vouloient un remords pour tes impiétés , Et c'étoit pour savoir quelle étoit ton envie Que jusqu'à ce moment ils t'ont laissé la vie. Voilà pour quel sujet je t'avois invité. Déclare promptement quelle est ta volonté.

DON JUAN

Ombre, tu perds ton temps à des discours frivoles. Tu crois toucher mon cœur, je ris de tes paroles

Don Juan, parle côté vantard de son incrédulité, par l'espèce d'orgueil diabolique qu'il aime à déployer, fait songer à certains types de la littérature moderne. On sent qu'il s'admire profondément de savoir se mettre au-dessus des croyances communes; mais il n'en est pas moins un discoureur fort ennuyeux.

L'œuvre de Rosimond fut le dernier remaniement original de

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