‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 248 sur 342 · DON .1 I · texte numérisé non relu

DON .1 I

le ne suis pas de ces gens-là.

SC A \ AKK LLE, à pan.

11 n'a garde.

CHARLOTTE

Voyez-vous, monsieur, il n'y a pas plaisir à se laisser abuser. Je suis une pauvre paysanne; mais j'ai l'honneur en recommandation, et j'aimerois mieux me voir morte (pie de me voir déshonorée.

DON JUAN

Moi, j'aurois l'âme assez méchante pour abuser une personne comme vous? je serois assez lâche pour vous déshonorer? Non, non, j'ai trop de conscience pour cela. Je vous aime, Charlotte, en tout bien et en tout honneur; el . pour vous montrer que je vous dis vrai, sachez que je

1. Voici un fragment du dialogue qui, dans l'œuvre de Tirso de Molina, Ire Don Juan et la pêcheuse Tisbea :

«TlSBKA. Ma condition n'est pas égale à la tienne

« Don Joah. L'amour est un roi qui égalise, par une juste, loi, la soie et la bure.

« Tisbea. J'incline à te croire, mais vous autres hommes vous êtes des trompeur-.

« Don .h w. Est-il possible, mon bien, que tu ignores ma manière de procéder en amour? D'aujourd'hui mon àme est ï toi. »

n'ai point d'autre dessein que de vous épouser. En voulezvous un plus grand témoignage? M'y voilà prêt, quand vous voudrez; et je prends à témoin l'homme que voilà, de la parole que je vous donne.

SGANARELLE

Non, non, ne craignez point. Il se mariera avec vous tant que vous voudrez.

DON JUAN

Ah ! Charlotte, je vois bien que vous ne me connoissez pas encore. Vous me faites grand tort de juger de moi par les autres; et, s'il y a des fourbes dans le monde, des gens qui ne cherchent qu'à abuser des fdles, vous devez me tirer du nombre , et ne pas mettre en doute la sincérité de ma foi ; et puis votre beauté vous assure de tout. Quand on est faite comme vous, on doit être à couvert de toutes ces sortes de craintes : vous n'avez point l'air, croyez-moi, d'une personne qu'on abuse; et, pour moi, je vous l'avoue, je me percerois le cœur de mille coups, si j'avois eu la moindre pensée de vous trahir.

CHARLOTTE

Mon Dieu! je ne sais si vous dites vrai ou non; mais vous faites que l'on vous croit.

DON JUAN

Lorsque vous me croirez, vous me rendrez justice assurément, et je vous réitère encore la promesse que je vous ai faite. Ne l' acceptez-vous pas? et ne voulez-vous pas consentir à être ma femme ?

CHARLOTTE

Oui, pourvu que ma tante le veuille.

DON JUAN

Touchez donc là, Charlotte, puisque vous le voulez bien de votre part.

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