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Je vous donne avis, madame, qu'elles sont presque toutes retenues.1
URANIE
Voila qui est bien. Enfin, j'avois besoin de vous, lorsque vous êtes venu; et tout le monde étoit ici contre moi.
ELISE, à Uranie, montrant Dorante.
Il s'est mis d'abord de votre côté; mais maintenant (Montrant cimune.) cju'il sait que madame est à la tète du
I. Cest une chose continuellement digne d'admiration, que l'art avec lequel Molière annonce un personnage, le place tout de suite en scène, et, par les premiers mots qu'il lui fait dire, lui fait révéler son caractère tout entier. A voir ce monsieur Lysidas qui , tout en entrant , se vante des louanges qu'il vient de recevoir et s'obstine à parler de sa pièce et à recruter des pour y applaudir, on peut parier que c'est quelque ridicule auteur, bien vain et bien jaloux, qui va déchirer à belles dents l'ouvrage de son confrère. \i<.u;.
On a dit que Boursault crut se reconnoître dans le personnage de Lysidas. Il tâcha de s'emparer de ce rôle et de le tourner à son avantage, plutôt qu'il ne crut Bérieusemenl sans doute que Molière l'eût mis en scène, lui jeune auteur de vingt-cinq ans. Les contemporains, du reste, ont d'abord cherché ailleurs L'original de Lysidas; on lit dans la Zrliiulr : « J'oubliois à vous dire qu<- i.- commencement du rôle de Lysidas est tiré des Nouvelles nouvelles , et «pic votre chevalier (le Dorante de la Critique) se divertit aux dépens de monsieur l'abbé Daubignac, qui B'en est lui-même bien aperçu; mais, comme chacun vous loue de parler contre ceux qui écrivenl contre les grands hommes (l'abbé Daubignac écrivoit contre Corneille . je n'ai garde de vous en blâmer, i
parti contraire, je pense que vous n'avez qu'à chercher un autre secours.
CLIMÈNE
Non, non. Je ne voudrois pas qu'il fît mal sa cour auprès de madame votre cousine, et je permets à son esprit d'être du parti de son cœur.
DORANTE
Avec cette permission, madame, je prendrai la hardiesse de me défendre.
URANIE
Mais, auparavant, sachons un peu les sentiments de monsieur Lysidas.
LYSIDAS.
Sur quoi, madame?
URANIE
Sur le sujet de V École des Femmes.
LYSIDAS,
Ah ! ah !
DORANTE
Que vous en semble?
LYSIDAS.
Je n'ai rien à dire là-dessus; et vous savez qu'entre nous autres auteurs, nous devons parler des ouvrages les uns des autres avec beaucoup de circonspection.
DORANTE
Mais encore, entre nous, que pensez -vous de cette comédie?
LYSIDAS.
Moi, monsieur?
URANIE
De bonne foi , dites-nous votre avis.
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