‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 284 sur 342 · DON LOUIS · texte numérisé non relu

DON LOUIS

Quoi! mon fils, seroit-il possible que la bonté du ciel eût exaucé mes vœux? Ce que vous me dites est-il bien vrai ? Ne m'abusez-vous point d'un faux espoir, et puis-je prendre quelque assurance sur la nouveauté surprenante d'une telle conversion?

DON JUAN, faisant l'hypocrite.1

Oui, vous me voyez revenu de toutes mes erreurs, je ne suis plus le même d'hier au soir, et le ciel tout d'un coup a fait en moi un changement qui va surprendre tout le monde. Il a touché mon âme et dessillé mes yeux; et je regarde avec horreur le long aveuglement où j'ai été, et les désordres criminels de la vie que j'ai menée. J'en repasse

1. Don Juan s'est montré jusqu'à ce jour tel qu'il est, autant ennemi du ciel que de la terre, n'ayant de loi que son caprice, et de maximes que celles du plaisir et de la débauche; mais la haine universelle est prête à l'accabler, mais le déshonneur de celles qu'il a trompées suscite contre lui le courroux de puissantes familles, mais l'aversion publique lui enlève tous ses amis, et le livre à un isolement qui l'inquiète et qui le fatigue, mais les dettes qui le pressent gênent toutes ses dépenses depuis que la méfiance lui a fermé

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