‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 29 sur 342 · CL] M KM · texte numérisé non relu

CL] M KM

Rendez-vous, ou ne vous rendez pas, je sais fort bien que vous ne me persuaderez point de souffrir les immodesties de cette pièce, non plus que les satires désobligeantes qu'on \ voit contre les femmes.

I lï \ M E.

Pour moi, je me garderai bien de m'en offenser, et de prendre rien sur mon compte de tout ce qui s'y dit. Ces sortes de satires tombent directement sur les mœurs, et ne frappent les personnes que par réflexion. N'allons point nous appliquer nous-mêmes* les traits d'une censure générale: et profitons de la leçon, si nous pouvons, sans faire semblant qu'on parle à nous. Toutes les peintures ridicules qu'on expose sur les théâtres doivent être regardées sans chagrin de tout le monde. Ce sont miroirs publics, où il ne faut jamais témoigner qu'on se voie; et c'est se taxer hautement d'un défaut, que se scandaliser qu'on le reprenne.1

ci.i m i:\ e.

Pour moi, je ne parle pas de ces choses par la part que j'y puisse avoir, et je pense que je vis d'un air dans le monde à ne pas craindre d'être cherchée dans les peintures qu'on fait là (U'> femmes qui se gouvernent mal.

Vab. N'allons point nous appliquer â nous-mêmes 1(5X2. 1. Pln-rlre exprime ainsi la même pensée:

tone si quis r-rralnt sua B1 rapiet ad se qnod eril commune omnium , stult'.- audabif animi conscientiam.

« Sur la foi (l'un faux soupçon prendre pour -»i en particulier ce qui est dit en général, c'esl trahir sottement le secrel de sa conscience.

Ni LA CRITIQUE DE L'ÉCOLE DES FEMMES.

Assurément, madame, on ne vous y cherchera point; votre conduite est assez connue ; et ce sont de ces sortes de choses qui ne sont contestées de personne.

UKANIE, à Climène.

Aussi, madame, n'ai- je rien dit qui aille à vous; et mes paroles, comme les satires de la comédie, demeurent dans la thèse générale.

CLIMÈNE

Je n'en doute pas, madame. Mais enfin passons sur ce chapitre. Je ne sais pas de quelle façon vous recevez les injures qu'on dit à notre sexe dans un certain endroit de la pièce; et, pour moi , je vous avoue que je suis dans une colère épouvantable, de voir que cet auteur impertinent nous appelle des animaux. l

URANIE

Ne voyez-vous pas que c'est un ridicule qu'il fait parler ?

DORANTE

Et puis, madame, ne savez-vous pas que les injures des amants n'offensent jamais; qu'il est des amours emportés aussi bien que des doucereux; et qu'en de pareilles occasions les paroles les plus étranges, et quelque chose de pis encore , se prennent bien souvent pour des marques d'affection par celles mêmes qui les reçoivent?

ÉLISE

Dites tout ce que vous voudrez, je ne saurois digérer

1. De Villiers, dans la Zélinde, a répété des récriminations tout à fait pareilles : Zélinde prétend sérieusement venger son sexe des épithètes d'animaux, de diablesses, que Molière lui auroit infligées. On conçoit difficilement d'aussi lourdes méprises; elles avoient cours cependant, et Molière ne les a pas imaginées pour se donner facilement raison.

se i: ne vil. il

cela, non plus que le potage et la tarte à la crème, dont madame a parlé tantôt.

LE M \ KOI [S.

\h ! ma foi, oui, tarte à ht crème! voilà ce que j'avois remarqué tantôt : tarte à la crème! Que je vous suis obligé, madame, de m'avoir fait souvenir de tarte à ht crime!

\ a-t-il assez de pommes en Normandie pour tarte à ht crème?i Tarie à ht crème 5 morbleu! tarte à ht crème!

DORANTE

Ile bien ! <pie veux-tu dire, tarte à ht crème?

LE M \ no II S.

Parbleu ! turte è/ h/ crème, chevalier.

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