‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 5 sur 342 · A LA REINE MERE · texte numérisé non relu

A LA REINE MERE

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Je sais bien que Votre Majesté n'a que faire de toutes nos dédicaces, et que ces prétendus devoirs, dont on lui dit élégamment qu'on s'acquitte envers Elle, sont des hommages, à dire vrai . dont Eile nous dispenseront très-volontiers. Mais je ne laisse pas d'avoir l'audace de lui dédier la Critique de V École des Femmes; et je n'ai pu refuser cette petite occasion de pouvoir témoigner ma joie à Votre Majesté sur cette heureuse convalescence qui redonne à nos vœux la plus grande et la meilleure princesse du monde, et nous promet en Elle de longues années d'une santé vigoureuse. Comme chacun regarde les choses du coté de ce qui le touche, je me réjouis, dans cette allégresse générale, de pouvoir encore obtenir l'honneur* de divertir Votre Majesté ; Elle, Madame, qui prouve si bien que la véritable dévotion n'est point

\ w.. Avoir l'honneur 1673, 1682.

1. Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, rie survécul pas beaucoup à la maladie dont Molière, dans cette Épitre dédicatoire, la félicite d'être rétablie: elle mourut moins de trois ans après, le 20 janvier 1666, âgée de soixante-quatre ans. C'étoit une bonne princesse , fière et pourtant affable , (bible et cependant capable de résolution, même de persévérant- , pieuse el toutefois amie de la galanterie délicate et ingénieuse. Sa dévotion étoit telle que Molière la représente; après avoir prié avec beaucoup de ferveur dans son oratoire, elle alloit rire de fort bon cœur dans sa loge à la comédie.

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