‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 59 sur 342 · I. \ THORILLl ÈRE · texte numérisé non relu

I. \ THORILLl ÈRE

Sans vous, la comédie ne vaudroit pas grand'chose.1

MOLIÈRE) bas, aux actrices.

Vous no voulez pas faire en aller cet homme-là?

M \ D i: MOIS E L I. E I) E BRI E , à La Thorilhère.

Monsieur, nous avons ici quelque chose à répéter ensemble.

LA THORILLIÈRE

\li ! parbleu, je ne veux pas vous empêcher; vous n'avez qu'à poursuivre.

MADEMOISELLE DE BRIE

Mais...

L \ THORILLIÈRE

Non, non, je serois fâché d'incommoder personne. Faites librement ce que vous avez à faire.

MADEMOISELLE DE BRIE

Oui; mais...

LA THORILLIÈRE

Je suis homme sans cérémonie, vous dis-je; et vous pouvez répéter ce qui vous plaira.

MOLIÈRE

Monsieur, ces demoiselles ont peine à vous dire qu'elles souhaiteroient fort que personne ne fût ici pendant cette repétition.

\. A THORILLIÈRE

Pourquoi? il n'y a point de danger pour moi.

MOL] ÈRE

Monsieur, c'est une coutume qu'elles observent; et

1. Notez que le compliment s'adresse aux deux plus foibles actrices de la troupe. Tous ces petits détails sont touchés avec une justesse et une finesso admirables. Alger.)

96 i; I M V K 0 M 1» T U 1 ) E V ERSAILLES.

vous aurez plus de plaisir quand les choses vous surprendront.

LA THORILLIERE.

Je m'en vais donc dire que vous êtes prêts.

MOLIÈRE

Point du tout, monsieur; ne vous hâtez pas, de grâce. SCÈNE m.

MOLIÈRE, BRÉCOURT, LA GRANGE, DU CROISY

MESDEMOISELLES DUPARC, BÉJART, DEBRIE

MOLIÈRE, DU CROISY, HERVÉ

Ah! que le monde est plein d'impertinents! Or sus, commençons. Figurez-vous donc premièrement que la scène est dans l'antichambre du roi; car c'est un lieu où il se passe tous les jours des choses assez plaisantes. Il est aisé de faire venir là toutes les personnes qu'on veut, et on peut trouver des raisons même pour y autoriser la venue des femmes que j'introduis. La comédie s'ouvre par deux marquis qui se rencontrent.

(A La Grange.)

Souvenez-vous bien, vous, de venir, comme je vous ai dit, là, avec cet air qu'on nomme le bel air, peignant votre perruque, et grondant une petite chanson entre vos dents. La, la, la, la, la, la. Rangez-vous donc, vous autres, car il faut du terrain à deux marquis; et ils ne sont pas gens à tenir leur personne dans un petit espace.

(A La Grange.) Allons, parlez.

LA GRANGE

« Bonjour, marquis. »

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