‹ Œuvres compláetes (volume 2)Chapitre 76 sur 107 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

/j02 DE L'ESPRIT.

» Trirace. Je conversai avec Orphée, et Orphée m'ap-

» porta en Grèce. »

Pourquoi la philosophie a-t-elle passé de la Grèce clans l'Hespérie, de l'Hespérie à Constantinople et dans l'Arabie? Et pourquoi, repassant d'Arabie en Italie, a-t-elle trouvé des asiles dans la France , l'Angleterre , et jusque dans le nord de l'Europe ? Pourquoi ne trouve-t-on plus de Phocion à Athènes, de Pélopidas à Thèbes, de Décius à Rome? La température de ces climats n'a pas changé : à quoi donc attribuer la transmigration des arts, des sciences, du courage et de la vertu, si ce n'est à des causes morales?

C'est à ces causes que nous devons l'explication d'une infinité de phénomènes politiques , qu'on essaie en vain d'expliquer par le physique. Tels sont les conquêtes des peuples du nord, l'esclavage des Orientaux , le génie allégorique de ces mêmes nations, la supériorité de certains peuples dans certains genres de sciences ; supériorité qu'on cessera , je pense, d'attribuer à la différente température des climats , lorsque j'aurai rapidement indiqué la cause de ces principaux effets.

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