‹ Œuvres compláetesChapitre 54 sur 77 · VOYAGEANT EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

VOYAGEANT EN ALLEMAGNE

JLiH bien ! depuis que dans d'autres climats Vous portez loin de nous vos pensers et vos pas , Partout , Helvétius , vous aurez vu des hommes ; Ceux de l'antiquité , ceux du siècle où nous sommes , Diogène nouveau , vous les connaissez tous. Il les estimait peu 5 que nous en direz-vous ?

Le soleil en faisant sa ronde

Éclaire mille esprits divers.

L'un paraît en cet univers Ne respirer que le malheur du monde j

Un autre , presque aussi pervers , Peu sensible au bonheur , peu touché des revers , Sur tout ce qui se passe en la machine ronde , Insensible, muet, ne s'échauffant de rien, Regarde du même œil et le mal et le bien ; Tranquille également quand le tonnerre gronde ,

Prêt à frapper la vertu sans soutien , Et quand le doux espoir d'une moisson féconde Charme dans ses travaux l'agreste citoyen.

Mais il est des coeurs nés sensibles , Doués d'un naturel heureux , Justes , éclairés , généreux , Qu'un sage poursuivi par le sort rigoureux N'éprouva jamais inflexibles.

En avez-yous beaucoup envisagé

De cet excellent caractère ?

Sans avoir beaucoup voyagé ,

Je le crois rare sur la terre.

Peut-être je me trompe , et les cfcarmans récits Que vous vous apprêtez sans doute 4e nous faire Sur les penchans des cœurs , les takns des esprits , Et sur les mœurs des différens pays , Nous assurerons du contraire.

Avancez ce plaisir nouveau ; Pour moi , j'en accepte l'augure , Heureux de voir l'auteur de la peinture Dans le modèle du tableau.

Je suis, avec une extrême considération et le plus inviolable attachement, etc. etc.

Lefebvre.

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