‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 115 sur 208 · FRERE · texte numérisé non relu

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ment et de manière à rendre sensible, en quelqti sorte, l'enseignement qu'il donne, ce qu'il n'est p toujours possible de faire dans les grands st mons |, »

Souvent empêché, à cause de ses occupatiol multiples, de donner pérsonnellement cet enseign ment religieux, il eut soin de former à son exempll plusieurs excellents catéchistes. Il en emmenait {0 | jours quelqu'un avec lui; et il avait un faible, not disent ses historiens, pour ceux qui y montraié du talent, les préférant aux plus habiles prédit teurs.

Mais il fallait un Manuel que l’on pût mettre al mains des fidèles comme des enfants, et dont on l'explication'aux réunions du catéchisme ; et ce li n'existait pas. Malgré ses travaux incessants, Vif fatigable apôtre se mit à l'œuvre et composa en p de temps le Catéchisme de la Mission, auquel il Joignit une ample instruction avec un examen dé taillé pour faciliter aux pécheurs le moyen de fa une bonne confession générale. Ce livre vit le jou dès le commencement de l’année 1642.

Dans une savante étude qu'il a faite sur l'ensë gnement du Catéchisme en France, M. l'abbé Niqué chanoine de Bayeux et docteur en théologie, dit q c'est l’un des premiers ouvrages de ce genre qui été composé sous forme de demandes et de réponses et que, si d’autres venus après lui sont plus com plets, celui du Vénérable Père Eudes est resté It des plus pieux et sans contredit le plus pratiqu pour le but qu'il se proposait : instruire rapide ment les enfants et le peuple pendant le cours d! mission. Puis il se plaît à montrer le saint Mission

: 3 " . . OMR LE naire comme l’un des principaux initiateurs ‘de

1 Martine, Vie du P. Eudes. tome 1, p. 232.

ours de catéchismes et des cérémonies de pere mumon, tels qu'ils se pratiquent de nos Jours!

* Ce Manuel, en effet, et l'explication qu'en faisaient k P. Eudes et ses auxiliaires, eurent un immense ésultat, non seulement dans les contrées qu'évanxélisèrent cês pieux apôtres, mais: on peut le dire, lans presque tout le reste de l& France:,

Jusque-làles enfants étaient fort peu instruits des férités religieuses, et généralement mal pré parés tu grand'acte desleur première communion, qu'ils Hisaient presque toujours isolément, souvent trop Ôt, parfois trop tard, selon le caprice des familles ju celui des confesseurs.

Dans les missions du Père Eudes, on fut partout

rappé du zèle admirable et du merveilleux suc ès avec lequel les missionnaires préparaient ces éunes âmes à l'acte le plus important dans la vie lu elirétien, comme aussi de la majestueuse solenlité dont ils savaient l'entourer.

“Et de fait, ils ne négligeaient rien, tant pour atti- &r les enfants au catéchisme que pour leur inspirer e désir de s'instruire, les accueillant toujours avec jonté, les entourant d'une aimable sollicitude et leur liStribuant habilement de petites récompenses. Mais @ grand moyen d’émulation, c'était le but proposé Bs:le principe, c'était la pensée du grand jour de la remière communion, dont ils savaient leur inspirer a plus haute idée.

Après avoir bien instruit les enfants durant tout & temps de la mission, et les avoir conduits pluieurs fois à confesse, le catéchiste les examinait :

MM le Chamoine Niquet nous a donné lui-même ces détails de ive voix, lorsqu'il composait son ouvrage. Nous apprenons: qu'une avtie de ce travaila été publiée après sa mort, sous le nom.de

I Husonin, et que le manuscrit se trouve aux Archives du Chaitre de Bayeux. On na pu nous: entindiquer le titre.

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avec M. le Curé de la paroisse, et en présence d'u: ou de plusieurs missionnaires que l’on appelait pou donner plus de solennité à cet examen. Quand lew instruction était jugée suffisante, on faisait venir Je pères et mères, qui rendaienttémoignage, de leur con duite ; puis on remettait la dernière décision à le prudence du confesseur.

Le jour de la première communion arrivé, le Vés nérable Père Eudes ayant réuni les enfants, montaî en chaire, et après une exhortation des plus pathé tiques, leur faisait demander pardon à leurs parents Puis il priait les pères et mères de vouloir bien, lei bénir, les assurant que cette bénédiction donnée è une heure aussi solennelle, serait le gage de cellé que Dieu ne manquerait pas de répandre sur tout la famille. On juge de l'émotion que devaient pro duire ces actes dans une telle circonstance.

On préparait ensuite, par une vibrante instruction les enfants à recevoir l’adorable Eucharistie, et oi leur faisait produire avant et après la communiom# des élévations si touchantes, que l'assistance tout entière fondait en larmes. | Dans la soirée, on les conduisait processionnels lement, au chant des cantiques sacrés, dans quelque église voisine, où ils faisaient la rénovation des vœux du: baptème et leur consécration à la très saint Vierge. La piété dont les jeunes communiants pa rHiscaient pénétrés dans ces diverses cérémonies, inspirait de la dévotion à tous ceux qui en étaienl témoins, et eux-mêmes gardaient toute leur vie le souvenir d'un si beau jour.

Mais le zélé Missionnaire ne s’en tenait pas là Dans ses entretiens particuliers, il engageait vive ment les prêtres à continuer ces pratiques salutaires

de l’enseignement du catéchisme et des solennités

de la première communion, qu'il. leur montrait

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INTRODUCTION rot

Comme les vrais moyens de régénérer leurs paroisses ; puis, dans ses instructions, il exhortait les pères et “mères à seconder le zèle de leur pasteur pour l’ac- Complissement de ces grands devoirs ; et il ne se “retirait qu'après en avoir obtenu la promesse des uns et des autres. |

Frappés des fruits prodigieux opérés par ces “exercices et ces touchantes cérémonies, la plupart

des missionnaires qui évangélisaient la France à cette époque, imitèrent peu. à peu le Vénérable Père Eudes ; une multitude de prêtres adoptèrent ces pratiques dans leurs paroisses; plusieurs prélats les recommandèrent ou même les rendirent obligatoires dans leurs diocèses. Bientôt l’habitude en devint'presque générale, et les heureux “effets prévus et désirés par l’homme de Dieu ne “iardèrent pas à se faire sentir. Ces enfants sérieusement instruits des vérités de la religion, regardèrent le salut de leur âme comme leur affaire la plus importante. En grandissant ils se fortifièrent dans leur résolution de vivre en vrais chrétiens ; bon nombre d’entre eux devinrent des modèles dans tous les rangs de la société, et fidèles observateurs de leurs devoirs, ils veillèrent à les faire pratiquer également par ceux ‘qui se trouvaient placés sous leur conduite‘.

… On ne s’étonnera pas après cela du succès du “livre du Père Eudes. Ce Manuel, qui devenait presque indispensable, se répandit rapidement de tous côtéset “eut de très nombreuses éditions. Le vénérable apôtre Pavait composé dans le cours de l’année 1641 ; il en obtint l'approbation au mois de novembre, et dès les premiers mois de l’année suivante il le mettait, comme nous l’avons vu, aux mains du public.

l Nous avons emprunté la plupart de ces détails à la Vie du Vénérable Jean Eudes, par le P. Martine, 1° vol. livre 3ve.

Le Catéchisnwe de la Mission ne tarda pas à ètre réédité, non seulement à Caen (la Bibliothèque ma tionale en possède un exemplaire de 1651; nous et avons un pous-même de 1655, avec privilège du Roi pour cing ans); mais aussi dans plusieurs autres grandes villes, et souvent même à l'insu de l'auteur

C'est ainsi qu'en 1655, et plus tard’ en: 1666, François La Blottière, éditeur de Lyon, le fit impri mer en vertu d'un privilège obtenu subrepticeme Il y ajouta (du moins dans l'édition de 4666, la seule que nous ayons vue), un opuscule intitulé £a P/rlh sophie du chrétien, qui certainement n'est! point di à la plume du Vénérable Missionnaire.

Geoffroy Marcher l’édita de son côté à Paris, @ 1663 et en 1669; et nous croyons que lui aussi su se passer de la permission de l'auteur, car la dèr nière de ces éditions contient, à partirde Fx page 29% un supplément sur la pratique de là sainte commu nion, avec des avis adressés aux enfants, qui éve demment ne sont, point de la main de notre pieux apôtre, non plus que les avertissements imprimés aux pages 2 et 10 de l'ouvrage.

En 1673, le Vénérable Eudes obtint un privilège du Roi pour réimprimerson Catéchisme, en y ajoutant la Manière de bien servir à la sainte-Mésse et un Exer: cice de piété au regard de l'adorable Enfant Jésus® Les éditeurs Poisson, de Caen, l'imprimèrent sous cette forme en 1674, 1680, 1695 et 1697.

Nous.avons découvert trois éditions de ce Caté= chisme parues à Rouen : celle de L. Cabut, 1675:; celle de J.-B. Besongne, 1680; là troisième de Jeans

Nous donnerons le premier de ces opuscules à part, dans le tome IV : et le second, dans le Manuel de piélé, où le V. P. Eudes l'a reproduit. .

» La Bibliothèque nationale en possède un exemplaire. Inven: laire D, 33,988.

Machuel, sans date. Une autre a été publiée à Lisieux. hez Jacques du Ronceray, en 1715. Toutes ces édi-

- On nous a signalé aussi une édition de Paris, puée en 1739, sous le LE de Manuel du chrétien.

Ménñn, É monastère iè Saint- Cyr de Rennes possède un petit volume, imprimé à Castres, en 1807, chez François Gaussy. Il est intitulé: Manuel du Chrétien pour le temps des Missions et pour le reste dela vie ; nouvelle édition corrigée et considérablement augmentée. On nous affirme que c'es! le livre du Vénérable revu et modifié ; mais son nom n'y figure pas, non plus que celui du correcteur.

» Nous allons reproduire ici le texte exact des éditions de Caen, qui loutes se ressemblent et sont les plus correctes. .

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