CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
R. — Oui, autrement on attirerait la malédiction de Dieu sur soi, au lieu de recevoir sa bénédiction. D. — Celui qui a volonté de ne pécher plus, mais pour-
lant qui ne veut pas quilter l'occasion du péché, est-il capable d'absolution ?
. R. — Non plus que Judas, tandis qu'il sera en cette disposition.
D. — Celui qui a le bien d'autrui, qui peut el ne veut pas le rendre, que fait-il en se confessant ?
R. — Il fait un horrible sacrilège.
D. — Est-ce point assez qu’il ait volonté de le rendre à l'heure de la mort, ou en quelque temps de là ?
! R. — Non, il faut rendre au plus tôt, autrement il est
indigne d’absolution.
D. — Quand on a quelque rancune ou discorde avec quelqu'un, faut-il se réconcilier avant que d’aller à confesse?
R. — Oui; au moins il faut apporter de son côté tout
ce qu'on peut ; car on ne peut pas se réconcilier avec Dieu si on est divisé d’avec son prochain.
D. — Quand on a retenu, à son escient, quelque péché mortel dans ses confessions passées, que faut-il faire ? R. — Ilfaut nécessairement faire une confession géné-
rale depuis le temps qu’on à commis ce péché-là, parce que toutes les confessions qu'on a faites depuis ce tempslà ne valent,rien.
D. — Que dites-vous des confessions qu’on a faites à des prètres qui confessent el examainent par Si, c'est-à-dire : « Si vous avez fait ceci ou cela, vous en Free pardon à Dieu, n'est-ce pas? »
R. — Elles ne valent rien da tout ; il les faut toutes, refaire.
D. — Est-il nécessaire de faire une confession générale?
R. — Oui, pour le moins une bonne fois en sa vie, afin de réparer les manquements qu’on a commis dans les confessions particulières, ou bien depuis la dernière générale qu’on a faite.
# % 444 LA VIE DU CHRÉTIEN 4 D. — Qu'est-ce qu'une confession générale ? ; R. — C'est se confésser de tous les péchés qu'oma
commis depuis qu’on a l’usage de raison, desquels on se peut souvenir.
D. — Mais cela est bien difficile ?
R. — Pastant, pourvu qu'on ait bonne volonté et qu ‘on soit aidé par un bon confesseur.
Ce qu'il faut faire dans la Confession,
Le
D. — Que faut-il faire tout au commencement de le Confession ?
R. — Il faut se mettre à genoux, joindre les mains,
faire le signe de la croix, demander la bénédiction au prêtre, disant : Mon Père, donnez-moi votre bénédiction, s'il vous plaît, RE dire le Confiteor jusqu'à
mea culpa.
D. — Anrès cela que faut-il faire? !
R. — Il faut prier le prêtre qu’il nous interroge, ow
bien s'accuser soi-même de ses péchés humblement, clairement et entièrement.
D. — Qu'est-ce à dire humblement ?
R. — C'est-à-dire sans s’'excuser ou diminuer ses fautes, et sans les rejeter sur autrui.
D. — Qu'est-ce à dire clairement ?
R. — C'est-à-dire sans les dissimuler ou déguiser, sans user de paroles ambiguës ou obscures.
D. — Qu'est ce à dire entièrement ?
R. — C'est-à-dire qu'il ne faut rien He du tout à son escient.
D. — Est-ce assez de dire en général qu'on est un grand pécheur ?.
R. — Nenni, il faut spécifier ses fautes en particulier, avec les circonstances notables.
D. — Faut-il dire le nombre de ses péchés?
R. — Oui, des mortels, tant qu’il est possible.
ieul homme, une petite honte qui passe en un moment, jue d'en avoir la confusion au jour du jugement devant out le monde, et être damné pour jamais.
b D. — Pourrait-on point ra@eter ce péché-là par jeûnes, brières, aumônes el mortficalions : ?
| R. — Non; quand on ferait toutes les bonnes œuvres
Imaginables, voire même qu'on donnerait son corps à brûler pour Jésus-Christ, si on cèle un péché mortel dans la Sonfession, on ne peut espérer d'autre paradis que l'enfer. D. — Que dites vous de celui qui relient un péché, mais qui d bonne volonté de le confesser à l'heure de la mort, ou bien quand il viendra un Jubilé, ou une 0 ou quelque Confesseur extraordinaire ?
" R. — Il fait un sacrilège et vend son âme à Satan.
D. — Mais quoi. la bonne volonté est-elle fi done devant Dieu pour l'effet ?
“ R. — Oui, mais cette volonté qu'il a n'est pas bonne,
ains elle est très mauvaise et très damnable. | D. — Pourquoi ?
R. — Parce qu'elle esl contraire à la volonté de Dieu, qui nous commande de confesser entièrement les péchés dont nous sommes coupables.
D. — Sionen a laissé HU par oubliance, qu'en arrivera-t-\ùl ?
est pardonné comme les autres, à condition
que, ‘si on s'en souvient, on sera obligé de le confesser en la prochaine confession.
D. — Æst-on obligé de confesser plusieurs fois un péché ? R. — Cela n’est pas nécessaire, pourvu que la con-