‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 50 sur 208 · TT TP · texte numérisé non relu

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TRÈS UTILE ET TRÈS IMPORTANT, TANT POUR LES MALADES ET MORIBONDS, QUE POUR CEUX QUI LES ASSISTENT.

ORSQU'oN est malade, spécialement d’une maladie pé- 1 rilleuse ou mortelle, il est très nécessaire d’avoir quelqu'un qui ait la capacité, la piété et l'expérience requise pour aider le malade à rendre à Dieu ses devoirs dans l’état où il est, à en faire bon usage, et à se préparer à bien mourir, s'il plaît à sa divine Majesté de l’appeler.

Mais, s’il manque d’un homme qui lui rende ce bon office, il est bon qu'il se fasse lire les choses suivantes, non pas tout d’un coup, mais peu à peu, afin de les réduire en pratique le mieux qu'il lui sera possible.

Ceux qui assistent les malades pourront aussi s’en servir, pour les leur faire pratiquer.

qui sont nécessaires pour faire bon usage des maladies que Dieu nous envoie.

ex rendre à Dieu l'honneur que nous lui devons dans nos maladies, et pour en faire le saint usage qu'il désire de nous, il est très utile et très important de bien pratiquer ce qui suit, à savoir :

1. S'humilier devant Dieu, reconnaissant que nous avons mérité, par nos péchés, toutes sortes de peines de corps et d'esprit.

2, Adorer la très sainte Volonté de Dieu, qui dispose et ordonne toutes les choses qui nous arrivent, en la meilleure manière qui puisse être; et nous soumettre et abandonner entièrement et de tout notre cœur à touts :ee qu'il lui plaira faire de nous, pour la santé et pour las maladie, pour la vie et pour la mort, pour le temps ets ne l'éternité. À

Adorer Notre- Seigneur Jésus-Christ dans ses souffrances et dans les saintes dispositions avec lesquelles ill les a portées; et nous donner à lui pour souffrir en sons esprit, c'est-à-dire dans un esprit d'amour vers Dieu, de” soumission à sa divine volonté, d'obéissance aux méde-" cins et à ceux qui nous gouvernent, de dégagement de. nous-mèême, et de patience et tranquillité. |

4. Protester à Notre-Seigneur que nous voulons ques toutes les assistances et services que l’on nous rendra soient, non pas pour nous qui ne méritons point d'être servis, ni même regardés, mais pour lui qui seul est infiniment digne d'être aimé et servi de tout le monde.

5. Prier notre Sauveur qu'il fasse pour nous tout l'u-« sage que nous devons faire de notre maladie, lui donnant notre volonté à cette intention, et le suppliant d'unir nos douleurs avec les siennes, et de les offrir à son Père pours les mêmes intentions pour lesquelles il lui a offert les“ siennes.

6. Prier la très sainte Vierge, nos bons Anges et nos Saints de suppléer à nos défauts, et de faire pour nous devant Dieu tout ce que nous devons faire pour lui rendre nos devoirs en cette occasion.

7. Renouveler souvent ces actes, non pas tous à la” fois, mais tantôt l'un, tantôt l'autre. |

8. Lorsque la maladie est une fièvre continue ou quelque autre mal notable, se confesser et communier dès le second ou troisième jour.

9. Quand il y à péril de mort, demander de bonuel heure les derniers Sacrements. Et, pour se disposer à!

les recevoir, se faire lire ce qui est écrit sur ce sujet au quatrième et cinquième jours de la Préparation à la mort, qui est à la fin du livre du Royaume de Jésus.

10. Prier quelqu'un ou plusieurs de faire pour nous les exercices de cette préparation, qui sont dans le livre susdit.

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