‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 95 sur 208 · VII. — LE PARADIS DE LA TERRE · texte numérisé non relu

VII. — LE PARADIS DE LA TERRE

t volontés, et fais profession de ne suivre jamais avec “ue et délibération les sentimehts, mouvements et inlinations de la nature, mais de me laisser conduire en fout et partout aux sentiments et mouvements de l’Esprit de Jésus, auquel je me donne et abandonne totale-

ment pour cet effet.

Adieu tous les désirs du siècle et de la terre. Sitôt que j'en apercevrai en moi quelqu un, je l’étouflerai aussitôt. Je n'en ai plus qu'un et n'en souffrirai plus d'autre, qui est de servir el aimer parfaitement mon Dieu, de suivre n toutes choses sa très aimable volonté, et de sacrifier mon êlre et ma vie pour sa pure gloire. |

Je proteste de mettre tout mon appui et ma confiance, non sur mon esprit, ni sur mes bonnes résolutions, ni Sur mes forces, ni sur mes œuvres, ni sur mes amis, ni Sur aucune chose créée ; mais sur la seule bonté de mon Dieu, m'abandonnant entièrement, pour le tempore el et pour le spirituel, pour le temps et pour l'éternité, à la Conduite de sa divine Providence et à toutes ses saintes

volontés.

J'ai tellement renoncé à ma volonté, et me suis tellement revêtu de celle de mon Dieu, que je défie tous les hommes, tous les diables, toutes les créatures, loutes les puissances temporelles et éternelles, moyennant la grâce de mon Jésus, de pouvoir rien faire contre ma “Volonté, parce que je n’en veux point avoir d'autre que la sienne, tant l'absolue que celle de sa permission.

— En suile de quoi je puis dire avec vérité que je suis toutce que je veux être, j'ai tout ce que je veux avoir, je

empêchement; et qu'en toutes mes dévotions, jeme veux

fais tout ce que je veux faire, et rien ne m'arrive contre

ma volonté : d’aulant que je ne veux être, ni avoir, ni

faire que ce que Dieu veut que je sois, que j aïe et que je

fasse ; et que je veux tout ce qu'il veût, et ne ‘VEUX que“

ce quil veut. , à ”

Arrière toutes les curiosités de l'esprit humain, el« toutes les nouvelles, vanités et folies du monde. Pour

oi, ce mest assez de savoir que mon Jésus est Dieu, c'est-à-dire qu'il est tout, qu'il est mon tout et que je suis" tout à lui. Et partant, arrive que pourra désormais : en toutlieu, en tout temps et en toutes choses je serai tou-. jours content, parce que mon Jésus est toujours Jésus, c'est-à-dire toujours comblé de gloire, de grandeur, de contentement, d'immulabilité, d'immortalité, de clarté, de sagesse, de puissance, de bonheur et de loutes sortes de perfections et de biens immenses et éternels.

Je ne veux plus d’autre.contentement que le contentement de mon Jésus, d'autre gloire que sa gloire, ni d'autre trésor que son amour. C’est pourquoi je Suis toujours content, loujours riche et toujours bienheureux : et personne ne peut m'ôter mon trésor, ma gloire et ma félicité.

Que tout le monde sache que le plus grand désir que . J'ai est que toutle monde soit anéanti pour moi, et que je Sois tout anéanti en moi-même, afin que mon Jésus soit . tout en toutes chosés et en moi-même, qu'il vive, qu'il règne, et qu'il accomplisse tous ses de sans aucun

jamais séparer de Jésus Marie sa très digne Mère, et qu'après lui, c'est l'objet de toutes mes affections, c'est la Mère de mon âme, c’est la Reine de mon cœur, c'est la protectrice et la directrice de ma vie, c’est la joie de

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k, c'est ma vie, mon trésor, ma consolation, et ma très chère espérance ; que je fais prode la servir et honorer pour l'amour de son Fils, les manières qu'il m’est possible, etque je veux oùrir en chat sans cesse, partout et en toutes

î Vive Jésus et Marie, .

Que j'aime plus que ma vie !

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De l'obligation que les pères et mères, maîtres maîtresses ont de procurer le salut de ceux qui pendent d’eux.

non seulement de servir et aimer Dieu et d'opé# leur salut, mais aussi de le faire servir et honorer p: ceux qui leur appartiennent, et dé procurer leur sal autant qu'il leur est possible. Autrement ils seront co damnés de Dieu avec plus de rigueur que les païens infidèles, selon ces paroles de Saint Paul : Quicongt n'a pas soin des siens, spécialement de ses domestique il a renié La foi et est pire qu'un infidèlet. C'est pourquoi, en premier lieu, ils ne doivent pot souffrir du tout dans leur maison, de jurements, ni blasphèmes, ni de médisances ou moqueries du pr chain, ni de paroles ou chansons déshonnêtes, ni livres ou tableaux lascifs, ni d'ivrogneries, ni de bals danses, ni de comédies, ni de jeux défendus ou exces sifs, ni de violences par leurs serviteurs ou enfants à regard de qui que ce soit, ni autres choses méchantes Et s'ils ont des serviteurs qui soient sujets à quelqu'ut de ces vices, spécialement au blasphème, à l'impuret ou à l'ivrognerie, après avoir fait ce qu'ils auront pour les corriger, s'ils ne s’amendent, ils les doiven chasser de leur maison comme des bêtes et des démon$ qui perdraient les autres.

pe pères et mères, maîtres el maïitresses sont oblig

1 « Si quis suorum, et maxime domeslicorum curain non habet, fidem negavit, et est infideli deterior. » Ï Tim. NV, 8.

#condeunent, ils doivent faire en sorte que leurs en- ; et domestiques soient pleinement instruits de 5 à choses qu'ils doivent savoir et pratiquer pour ; qu'ils se confessent et communient souvent;

4 à la messe, à la prédication et aux vêpres dimanches et fêtes ; qu'ils lisent de bons livres, ie ceux de Grenade, l’Antroductiôn à la vie dévote, Mie des Saints et d'autres semblables, dont il serait bon et très utile d'en faire lire quelqu'un tout haut, présence de tous, une demi-heure de temps devant rès le souper ; et qu'enfin ils prient Dieu à genoux, retle matin tous ensemble, autant que possible,

en communauté sont plus agréables à Dieu, elles ent aussi une bénédiction particulière, Notre-Seiayant promis que, là où deux ou (rois seront assemen son nom, il sera au milieu d'eux". Et de plus, cela ge les domestiques à s’y trouver, et leur apprend en e manière il faut prier Dieu et donner un exemple

heure désignée pour cela étant venue, et le signal mé par le son d'une clochette ou par quelque autre yen, chacun se rend au lieu qui est marqué pour te sainte action, là où on se met à genoux devant queimage de Notre-Seigneur ou de sa sainte Mère, faire la prière et l'examen, en la manière suivante.

nanière de faire l’exercice de l’Examen et les Prières du soir ensemble.

us étant à genoux et ayant fait le signe de la croix, de famille, ou l’un des enfants, ou quelque autre

@Ubi enim sunt duo vel tres congregati in nomine meo, ibi sum edio eorum. » Matth. XVIII, 20.

le moins au soir. Car, outre que les prières qu'on:

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des domestiques — (car il est bon que ceux de la mais qui savent Lire fassent cette action tour à tour chacun: semaine), — afin d'invoquer l'assistance du Saint-Esp commence ainsi, parlant tout haut :

Veui sancte Spirilus,

Et les autres continuent avec lui :

Beple tuorum corda fidelium, ét lui amoris in eis ign acceñde j

Puis le premier dit le verset":

Emille spirilum Luum et creabuntur.

Et après que tous les autres auront répondu :

Et renovabis faciem terræ ;

il dit l'Oraison suivante : L OrREMUS

D qui corda fidelium sancti Spiritus illustratior

docuisti : da nobis in eodem Spiritu recta sapere, de ejus semper consolatione gaudere..Per Dominum no! truin Jesum Christum Filium tuam/ qui tecum vivit regnat in unitate ejusdem Spiritus sancti Deus, per omuia sæcula sæculorum. Amen.

Ensuite de cela, le Semainier, c’est-à-dire celui qu ‘fait les prières, lit tout haut, parlant distinctement posément, les actes ou prières suivantes, commença ainsi: Souvenons nous que nous sommes devant Diet etc., comme il est couché ci-après ; mais avec cette distim tion que lui seul lit tout haut ce qui est imprimé @& lettres italiques, et que les autres disent tout haut ave lui les actes et prières. Ceux qui savent lire les diseni chacun dans son livre, et ceux qui-ne savent point lire les disent du mieux qu'ils peuvent, ou de bouche ou de cœur’seulement selon leur dévotion, avec le semainier et avec les autres ; et tous ensemble tâchent de faire cette

action avec l'esprit de piété et de ferveur.

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