‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 3)Chapitre 108 sur 286 · XXII. — EXHORTATION AUX MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

XXII. — EXHORTATION AUX MISSIONNAIRES

: Pourquoi n’espèrerons-nous pas aussi que Dieu voudra » bien se servir de nous pour lui procurer de la gloire et 7 Jui gagner des âmes, si nous nous donnons à lui de la “manière que firentles Apôtres ?

» Jlest vrai qu'il n'y a pas de comparaison à faire entre les Apôtres el nous, entre leurs dispositions et les nôtres : mais n'y en a-t-il point aussi entre les travaux dont ils ont été chargés, et les nôtres dont il est maintenant question. Ils avaient tous les peuples de l'univers à convertir, “dont ils ne connaissaient ni le génie, ni les langues ; et ils avaient des ennemis sans nombre à vaincre el des obsacles terribles à surmonter. Et nous, nous n'avons, pour “ainsi dire, qu'une poignée de monde à cultiver, qui connaissent déjà le bon Dieu que nous adorons, et qui font profession de croire les grandes vérités que nous venons eur annoncer. Quelles grandes difficullés pouvons-nous y rencontrer ? Et pourvu que nous voulions bien nous ider de nous-mêmes, et nous donner à l'esprit de Dieu “comme eux, ne pouvons-nous pas espérer qu'il noûs ani- “mera et fera par nous Ce que nous ne sommes pas Ca- “pables de faire sans lui ? Ne devrions-nous-pas rougir de notre lâcheté et peu de courage ? S'il y a quelque petite “peine ou fatigue à essuyer, convient-il de nous rebuter M et de nons plaindre pour si peu de chose ? Dussions-nous je D contrer la mort, ne devrions-nous pas nous croire 4 Drop heureux ? Peut-il nous arriver un plus grand bon- heur ? Pourquoi sommes-nous prêtres, sinon pour mar- Mi cher sur les traces de Jésus-Christ et suivre ses exemples, L, pour vivre el mourir avec lui et comme lui, si-c'est son bon plaisir ?

ja

F On s’imagine que nous nous fatiguons beaucoup, et que nous avons bien de la peine à faire ce que nous fai- | sons; mais souffrons-nous autant que ces pauvres gens

qui sont occupés, depuis le matin jusqu’au soir, aux pé nibles travaux de la campagne, et qui sont si mal nourris si mal habillés et si mal logés? Ah ! quèlle comparaisot d'eux avec nous! de leurs travaux, peines et fatigue avec les nôtres ! Mais quand il serait vrai qu'il y en a au* tant qu’on se le persuade, jetons les yeux sur les grandes récompenses qui nous sont préparées, et sur les secou rs et gràces qui nous sont présentées pour nous aider à “ supporter. Ne devrait-il pas nous suffire de savoir Pi c'est Dieu même qui est notre secours et notre force, et qu'il doit être notre grande récompense pour toute léter* nité, comme il le promit autrefois à Abraham : Ægo pro® tector tuus sum, et merces Lua magna nimis!. + … . « Qui sommes-nous, mes Frères, pour que Dieu nous emploie en de si sublimes ministères, nous, misérables pécheurs; qu’il veuille bien nous choisir et nous préférer à tant d’autres pour nous rendre les instruments de ses divines miséricordes, pour retirer les âmes du péché? Pensez, mes Frères, quel bonheur €est pour nous d'aider à tirer de la tyrannie du démon tant d’âmes rachetées par lelsang du Fils de Dieu, qui attendent notre secours® Ah ! voilà ce qui est MR |

Un x de Mate. et on cn orage se dissipera.

C'est une bonne marque; c'est que le diable craint les effets de cette mission, et qu'il appréhende la destruction de son empire : voilà pourquoi il excite cette petite tempête. Ne craignons rien. Dieu n'abandonnera pas son ouvrage, ni ses serviteurs qui ont l'honneur de travailler pour sa gloire. Pourvu que Dieu soit avec nouÿ, qu avons NOUS à CrAINATENS: 1. Le 0e -

Faites lout ce que vous pourrez pour vous rendre aimables à tout le monde, et persuadez-vous que vous ferez incomparablement plus de bien par celte voie que

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