Petits Offices des Sacrés Cœurs de Jésus et de
. Marie. — Comme celui de la sainte Enfance, les
deux petits Offices des Sacrés Cœurs sont extraits intégralement des grands Offices composés par le
P. Eudes. Ils ont ‘des hymnes propres, de cinq
strophes, à chacune des Heures, ce qui en porte le nombre à huit, le Bienheureux faisant de Laudes une Heure distincte de Matines, contrairement à ce qui se pratique d'ordinaire dans ces sortes d’Offices. Ces hymnes ne sont autres que celles des grands Offices, mais divisées et arrangées dans un ordre un peu différent.
Cet agencement a-t-il été fait par le Bienheureux lui-même? Oui certainement, en ce qui concerne le petit Office du saint Cœur de Marie; car il l'a lui-même publié, en 1666, dans le petit livre de la Dévotion au très saint Cœur de la très précieuse Vierge, qu'il fit imprimer à Paris chez Florentin Lambert':; et, dans la première édition des Constitutions de Notre-Dame de Charité, imprimée en 1670, il en prescrit la récitation quotidienne aux Sœurs Converses de cet Institut? +
Sans être aussi affirmatif en ce qui concerne le petit Office du divin Cœur de Jésus, nous croyons qu'il a été aussi arrangé par l'auteur même du grand Office ; car, dans tous les anciens Manuels à l'usage, soit des re Converses de Notre-Dame de C rai soit de la Confrérie des Sacrés Cœurs, on retrouve toujours les deux petits Offices imprimés l’un à la suite de l'autre, et les monastères de Notre-Dame de Charité de Rennes, d'Hennebont et de Guingamp, qui ne furent pas, comme celui de Caen, empêchés d'abord de célébrer les deux fêtes des Sacrés Cœurs,
1. Cf. Œuvres, tome VIII, p. 4713. — 2. Œuvres, tome X, p. 81.
tion Fe avant la oc du pieux Instituteu JT AS 4 Ces deux petits Offices ont été reproduits mainté et mainte fois, et plus encore que les'grands Offices du P. Eudes, dans une multitude de. livres et d'opuscules sur la dévotion aux Sacrés Cœurs, impri-. més soit à la fin du XVIIe siècle, soit dans le courant. du XVIII. Bon nombre d'auteurs qui ne les ont pas reproduits intégralement, leur ont du moins emprunté les hymmes en tout ou en partie, comme lon peut s'en convaincre en examinant les deux petits Offices du saint Cœur de Marie reproduits par le P. Nilles, S. J., dans son livre De rationibus festorum utriusque Cordis. Dans le premier?, toutes les hymnes et l'oraison de Matines sont celles du Bienheureux ; les antiennes, une partie des versets, et les autres oraisons qui diffèrent à chacune des, Heures, sont évidemment d'une autre main. Dans le second*, 9 strophes des hymnes, sur 17, sont empruntées au P. Eudes. On retrouve également, au cours du XVIII et du XIX° siècles, une multitude ” de traductions, Soit en prose, soit en vers, des petits Offices des Sacrés Cœurs composés par le Bienheureux. Nous ne sommes d’ailleurs nullement étonnés de cette vogue et de ces nombreux emprunts, car. ces Offices ne le cèdent ni en poésie, ni en élévation de sentiments, ni surtout en piété à tout ce qui a été composé plus tard en ce genre. ; Il s'est fait, il y a une vingtaine d'années, une nouvelle traduction française des petits Offices des Sacrés Cœurs, avec versification des hymnes, dans le but de les vulgariser en les faisant chanter ou réciter dans les dihéentes classes des monastères