II. — VOEU OU ÉLÉVATION À JÉSUS
“victime, pour souffrir en mon corps et en mon âme, se- “Ion votre bon plaisir et moyennant votre sainte grâce, toutes sortes de peines et de tourments, et même pour Mrépandre mon sang et vous sacrifier ma vie par tel genre de mort qu'il vous plaira; et ce, pour votre seule gloire et votre pur amour.
Je vous fais vœu, Ô mon Seigneur Jésus, de ne jamais révoquer, c’est-à-dire de ne jamais faire un acte formel de désaveu de cette mienne oblation, consécration et sacrifice de moi-même à la gloire de votre divine Majesté. Et s’il se présentait une occasion en laquelle je fusse obligé ou de mourir ou de renoncer à votre sainte foi, on “bien de faire quelque chose d importance contre votre - divine volonté, je vous fais vœu et promesse, autant «ferme et constante qu’il m'est possible, me confiant en
votre infinie bonté et en l’aide de votre grâce, de vous … confesser, reconnaitre, adorer et glorifier devant tout le
monde, au prix de mon sang, de ma vie et de tous les martyres et tourments imaginables, et de souffrir plutôt mille morts, avec tous les supplices de la terre et de l'enfer, que de vous nier, ou de ne rien faire d'importance contre votre sainte volonté.
O bon Jésus, recevez et acceptez ce mien vœu et ce sacrifice que je vous fais de mon être et de ma vie, en hommage et par les mérites du très divin sacrifice que vous avez fait de vous même à votre Père sur la croix. Regardez-moi désormais comme une hostie et une victime qui est dédiée pour être immolée entièrement à la gloire de votre saint Nom. Faites, par votre très grande miséricorde, que toute ma vie soit un perpétuel sacrifice d'amour et de louange vers vous. Que je vive d'une vie qui aille imitant et honorant votre sainte vie, et celle de votre bienheureuse Mère et de vos saints Martyrs; que je ne passe aucun jour sans souffrir quelque chose pour votre
amour ; et que je meure d’une mort qui soit conforme à votre sainte mort.
C'est de quoi je vous supplie très bumblement et très instamment, Ô très bon Jésus, par cet amour très ardent qui vous a fait mourir pour nous en une croix, par & précieux ‘sang que vous avez répandu, par cette mort très douloureuse que vous avez soufferte, par le très grand amour que vous portez à votre très sacrée Mère, la Reïné des Martyrs, par celui que vous portez à tous vos saints Martyrs, et par celui qu'ils vous portent, et en un mot par tout ce que vous aimez, et par tout ce qui vous aime au ciel et en la terre.
O Mère de Jésus, Reine de tous les Martyrs, à saints Martyrs de Jésus, priez s’il vous plaît ce même Jésus que, par son infinie bonté, il opère ces choses en moi pour sa seule gloire et pour son très pur amour. Offrez lui ce mien vœu, et le priez qu'il le confirme et accom: plisse par la vertu de son précieux Sang, comme je vais le signer de mon propre sang, en témoignage du désir que j'ai de le répandre jusqu’à la dernière goutte pos son amour.
Fait à Caen, en l'Oratoire de Jésus, le: 25° de mars 1637
JEAN Bubes.
Vive Jésus et Marie, Que j'aime plus que ma vie.
Jesus Maria.
Credo in Deum, Patrem omnipotentem, nat cœli et terræ. Et in Jesum Christum, Filium ejus umicum, minum nostrum, qui conceptus est de Spiritu sancto natus ex Maria Virgine, passus sub Pontio Pilato, cru cifixus, mortuus et sepultus est.
Amo le, amantissime Jesu, amo te, bonilas infinita : amo te ex Loto corde meo, ex tota anima mea, et ex totis viri bus meis, et magis atque magis amare volo.
Beati qui ad cœnam nuptiarum Agni vocati sunt ! Beat qui laverunt stolas suas in sanguine Agni ! Majorem chari.
“il II, — MÉMOIRE AUX PÈRES DE L'ORATOIRE 139 À “alem nemo habel, quam ul animam suam ponat quis pro \amicis suis. Amen.
…. Veni Domine Jesu. Jesus Maria. Jesu fortitudo Marty- “um, miserere nobis. Regina Martyrum, ora pro nobis. “Omnes sancti Martyres, clarificate et orate Jesum pro nobis.
Jesus Maria.
Ill. — MÉMOIRE AUX PÈRES DE L'ORATOIRE!
*: Les Prêtres du Séminaire de Caen demandent aux Révérends Pères de l'Oratoire la parfaite union de cœur et d'esprit que Jésus-Christ a tant recommandée à ses enfants ; et afin de leurfaire voir qu'ils désirent y contribuer “autant qu'il leur est possible, ils protestent qu'ils désirent de tout leur cœur les respecter, honorer et servir en toutes les manières qu’ils le pourront ; que pour cet effet, “s'ils l'ont agréable, ils les accompagneront et suivront dans leurs missions, et qu'alors, ils y agiront au nom de l'Oratoire, etnon comme Prêtres du Séminaire : qu’en cas “que les Révérends Pères de l'Oratoire veuillent établir un ar à Caen, les dits Prêtres s'obligent de mener à leurs conférences les ecclésiastiques qui seront chez eux ; et qu ‘ils n’en feront point le jour de la semaine que les “Pères de l'Oratoire auront choisi pour les faire. L Pour ce qui est de rendre compte au Révérend Père t(rénéral de FOratoire, et de faire accepter au nom de la LCongrégation de l'Oratoire les fondations faites pour le dit Séminaire, cela ne se peut. Cependant, pour le bien de la paix et de la charité, et pour témoigner aux dits Révérends Pères de l'Oratoire que les dits Prêtres ne “veulent rien épargner de leur côté afin de vivre en union
<a 1. Costil, Annales, livre IN, n° 20.
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ë | j avec eux: de mille livres de rente que M. de Répichon | M. de Lion, son fils, ont donnés au Séminaire de Caen, i déclarent qu'ils sont prêts d'en donner la moitié aux dit Révérends Pères, pourvu que les dits fondateurs } veuillent consentir, à quoi les dits Prêtres s obligeron en conscience et devant Dieu de les porter autant qu* sera possible. Et partant, les dits Prêtres supplient trè humblement les, dits Révérends Pères, et les conjurent par le précieux sang que Jésus-Christ a répandu pou nous donner la paix, et par les sacrées entrailles de la Mère de paix et de charité, de faire cesser leurs opposi tions, et de souffrir qu'ils travaillent avec eux en la vign de leur Père et Maître commun ; et de considérer qu'ils ne sont pas les seuls qui soient appelés de Dieu pou servir l'Église ; que c'est un grand Seigneur, dans|la maison duquel on ne peut se passer de plusieurs sortes de serviteurs ; que l'Église a un très grand besoin k bons prêtres, et que le principal moyen de lui en donne sont les Séminaires ; que cette moisson est grande, et cel ouvrage important et de si grande étendue. qu il n'y aura jamais assez d'ouvriers pour y travailler ; qu'il n'y! aucun Séminaire dans la Normandie; que, quand il y em aurait quatre dans le seul diocèse de Bayeux, ils seraient bientôt remplis; que dans la ville de Caen, qui est fo peuplée, et où l’Universilé attire un grand concour d'ecclésiastiques de la province, deux Séminaires no seulement ne se nuiraient point, mais qu'ils serviraient à se maintenir l’un l’autre dans la vigueur de leurs exer cices et de leurs fonctions. par la sainte émulation qu en leur donnerait de travailler à qui mieux mieux: Que si, nonobstant toutes ces considérations et ces offres, il veulent croire que le Séminaire des dits Prêtres serait préjudiciable à celui qu'ils désireraient établir à Caen, qu'ils emploient leur zèle et leurs forces pour en établir dans les autres villes du Royaume, où ils ont des maisons, etoùil y a un si grand besoin de Séminaires. Car
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le — MÉMOIRE: AUX PÈRES DE L'ORATOIRE 141 On leur demanderait volontiers quelle raison ils ont d'en “vouloir établir un à Caen, où il y en a déjà un, plutôt qu'à Lyon, à Tours, à Angers, à Marseille, et en tant d'autres lieux où leur Congrégation a des établissements ; et on “leur ajouterait qu'ils n’ont pas plus de raison de s’oppo- “ser au Séminaire de Caen, qu'aux autres qu'on érige “aujourd hui par toute la France.
js Mais enfin, on les prie de vouloir bien faire attention à ces paroles que le Saint-Esprit proféra par la bouche du saint homme Gamaliel : « Ne vous mélez point de ce qui regarde ces gens-là, et laissez-les faire. Car si ce conseil ou cet œuvre vient des hommes, il se détruira. Que s'il vient de Dieu, vous ne pourrez pas le détruire, et vous seriez en danger de combattre contre Dieu même » Wiscedite ab hominibus istis, et sinite illos ; quoniam si est vez hominibus consilium hoc aut opus, der : Si vero ex Deo est, non poteritis dissolvere illud, ne forte ex Deo À repugnare inveniamini:.
— C'est là en effet ce que l’on doit faire en de semblables occasions, lorsqu'on voit de nouveaux desseins de procurer la gloire de Dieu, dont on ne connaît pas encore la nécessité, se former dans l'Église ; surtout quand la Pro- “vidence fait connaître, par les heureux succès qu'elle leur donne, qu'ils lui sont agréables. Si on ne peut encore “se persuader qu'ils ont ce caractère, parce que l’on a “quelques préjugés ou quelque intérêt particulier qui em- “pêche de les considérer dans leur véritable point de vue, il faut suspendre son jugement, ou au moins ses mouvements, de peur de s'opposer aux ordres de Dieu, qu'il “n'est pas obligé de faire connaître, et qu'il est de sa sa- “gesse de faire exécuter par‘ des moyens les plus simples. “Autrement, on se met au hasard de s’attaquer à ses serviteurs, CRE lui rendre service, ce qui n’est rien moins que de s’en prendre à lui-même.
"1. Act. V, 38.