VÊQUE DE ROUEN, PRIMAT DE NORMANDIE
Remontrent humblement ceux du Séminaire de la ville de Caen, instituée par l'ordonnance et sous la direc-
. lion et pleine puissance de Monseigneur l'Évêque de Ba-
yeux, l'un de Vos suffragants, par patentes de 1644, du 14 janvier : que depuis quelque temps, il aurait plu à Dieu de susciter un de la Congrégation des Prêtres de l‘Oratoire, (vu que leur Institut est de suivre librement
— lous les desseins de l'Église, et de s'adonner, où bon
leur semble, à telle œuvre de piété et service de l'Église qu'ils veulent choisir, soit au dedans, soit au dehors de la Congrégation), lequel ayant considéré la nécessité de l'Église et l'extrême besoin qu'elle a de Séminaires de jeunes ecclésiastiques, pour élever comme de nouveaux plants pour repeupler l'Ordre qui doitconduire les peuples: et l'instance qu’en fait le dernier Concile de Votre Province :
- se serait dévoué, de Supérieur de l’Oratoire qu'il était en
la ville de Caen, et détaché de toute autre occupation, pour se donner entièrement, avec quelques autres ecclésias-
tiques qu'il s’est associés, à un si saint œuvre, qui est
l'œuvre de l'Église et l'institut épiscopal : lequel multiplié,
1. Costil, Annales, livre 3, n.1. Voir Boulay, Vie du V.Jean Eudes, tome 2, p. 293, sq.
peut non seulement commencer de mettre en exécution
ce saint décret que Nos Seigneurs les Prélats ont tant de peine de mettre en pratique, par les difficultés qui s'y rencontrent et les misères des temps : mais même de rendre avec usure à la Congrégation de l'Oratôire ce qu'elle a
contribué à ce bien par une personne des leurs, en leur
fournissant divers ecclésiastiques qui se formeront avec eux. Et comme il y a deux parties dans l'établissement des Séminaires ecclésiastiques : l’une d’un collège pour enseigner la jeunesse ; l’autre des exercices et instructions des fonctions cléricales, et pratiques des dites fonctions dans l'emploi des missions : Nos Seigneurs les Prélats ayant maintenant assez de commodité des Collèges,
et Vous, Monseigneur, ayant rétabli l'École épiscopale:
dans votre métropole, les susdits Prêtres du Séminaire croient satisfaire suffisamment au surplus en Vous priant de confirmer cet Institut provincial, et d'agréer que l'hiver ils vaquent aux exercices, et l’été aux missions, afin qu'en une même année ils montrent la théorie et la pratique, outre les services continuels qu’ils rendent aux pa-
roisses, sous Messieurs les Curés; et s'offrent de plus,
de desservir aux déports', en l'année que Nos Seigneurs se sont réservée, en cette province, à toute mutation de curés, pour marque de leur dispensation et disposition
primitive. Et afin qu'on ne puisse calomnier la bonne in-
tention des suppliants, ils protestent, devänt Votre autorité primatiale et croix archiépiscopale, non seulement de ne vouloir jamais faire Institut à part de celui de vos dits Séminaires, ni reconnaître jamais autres Supérieurs que Nos Seigneurs les Évêques, mais-aussi de faire tout ce qu'ils leur ordonneront, el de ne faire que ce qu'il leur plaira d’ordonner.
Jean Eunes, Supérieur du dit Séminaire.
1. Les Évêques se réservaient une partie des revenus d'un bénéfice vacant; c’est ce que l’on appelait Deport.
cine de cé thus" tnt dde
DPTET VI ONE Te