XV. — AUX RELIGIEUSES DE N.-D. DE CHARITÉ
journée tant attendue, en laquelle vous allez renouveler vos saints yœux. Faites-le donc d’un grand cœur, Corde magno et animo volenti. Nous allez faire les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, comme les autres religieuses ; mais vous serez grandement distinguées d'elles par le quatrième vœu que vous ferez de travailler au salut des âmes rachetées du précieux Sang du Fils de Dieu. Souvenez-vous, mes très chères Filles, que Nous n'êtes fondées que pour cela, que la Ville ne vous a recues qu'à cette condition, et qu'à l'heure de la mort, Dieu vous demandera un grand compte de cet emploi. Oh ! que la religieuse de N.-D. de Charité qui n'aura point d’âmes à lui présenter en ce moment sera mal reçue ! C’est à vous, mes chères Filles, à y penser. Croyez fermement, et l’observez encore mieux, que vous êtes indispensablement obligées d'employer tous vos soins, Yotre industrie, vos-prières, mais surtout l'exemple d'une Sainte vie, pour attirer à votre Époux les âmes qu'il a déjà rachetées au prix de son sang. Voilà votre obligation : pensez-y continuellement. Ah ! si vous étiez assez Malheureuses pour vous en dédire et ne pas vous en acquitter, je prie dès ce moment et de tout mon cœur le Père céleste de vous châtier si sévèrement, que par ce moyen, vous puissiez rentrer au plus tôt dans votre an- Cienne ferveur pour votre divin el unique emploi.