‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 3)Chapitre 87 sur 286 · XVI. — CONTRAT D'UNE SAINTE ALLIANCE · texte numérisé non relu

XVI. — CONTRAT D'UNE SAINTE ALLIANCE

les sentiments de mon cœur sur ce sujet. Oh : que n’ai-je

- tous les cœurs des hommes et des Anges, avec toute la

capacité d'aimer qui fut et qui sera jamais, pour les em-

| -ployer à aimer Jésus, Fils de Marie, et Marie, Mère de - Jésus ? Mais cela ne me contenterait pas encore. Il faut

avoir le cœur d'un Dieu pour aimer dignement un Homme- Dieu et une Mère de Dieu. Gràces à Dieu, j'en ai un, car Jésus s'étant tout donné à moi, son Cœur par conséquent

- est à moi. Oui, le Cœur de Jésus est mon cœur. C'esten «l'amour de ce Cœur que je veux aimer mon très bon

Sauveur et sa très aimable Mère, et que je les veux aimer fortement, ardemment, tendrement, uniquement

- et éternellement ; et je ne veux rien aimer que ce qu'ils

aiment, ni haïr rien que ce qu'ils haïssent, ni me réjouir

«de rien que de ce qui les contente, ni m'attrister de

rien que de ce qui leur déplait. Et je veux mettre toute

ma consolation et mes délices à penser à eux, à con-

verser, avec eux, à parler et à entendre parler d'eux, à magir pour leur service, à souffrir pour l'amour d'eux,

età mourir dix mille fois, s’il était possible, pour Jésus

- et Marie.

Comme l'époux et l'épouse sont obligés réciproquemen t

… de s’assister et consoler l'un l’autre dans leurs infirmités, maladies etafflictions, mon désir est de vous servir, ai-

der et consoler, selon le pouvoir que Dieu m'en donnera,

en la personne des pauvres, des malades et des affligés, dans lesquels je vous regarderai, comme la mère dans

ses enfants, vous suppliant aussi, ma toute bénigne, de m'assister, protéger et soutenir dans tous mes besoins

- spirituels et corporels.

Comme l'époux et l’épouse ne doivent avoir qu'un cœur et une âme, faites aussi, s’il vous plait, Ô la Reine de mon cœur, que je n'aie qu'une âme, qu'un esprit, qu'une vo-

-lonté et qu'un cœur avec vous. Pour cet effet, ôtez-moi -mon cœur, et me donnez le vôtre, selon votre parole, afin

que je puisse chanter éternellement :

O qualis hæc benignitas !

Ardens Mariæ charitas Meum sibi cor abstulit, Suum mihi Cor pæbuit.

Que ce Cœur sacré de ma très chère Marie soit l'âme dé mon âme et l’esprit de mon esprit ; que ce Cœur aimabll soit le principe de ma vie et de toutes mes pensées, pa: roles, actions, sentiments et affections; que je fassi toutes mes actions et que je porte toutes mes peines € afflictions en l'amour, en la charité, en l'humilité, en soumission, en la patience et dans les autres saintes dis positions et intentions de ce très saint Cœur.

Comme l'épouse doitredoubler ses soinset ses affection: vers son épouse en ses derniers jours, et à l'heure de se mort, je vous demande aussi, à la bien-aimée de mor âme, que vous soyez présente et proche de moi person: nellement en mon dernier jour et en ma dernière heure; selon votre promesse, pour me défendre des ennemis dé mon salut, pour me fortifier et consoler, pour me prépa rer à une sainte mort, pour m'associer avec Vous dan$ les saintes dispositions avec lesquelles vous êtes morte pour recevoir mon âme à la sortie de mon corps, pour la loger dans votre sein et dans votre Cœur matérnel : car vous êtes ma mère et mon épouse, comme vous êtes I Mère et l'Épouse de mon Jésus ; pour l'emporter ver vous dans le ciel, afin que j'y aime, loue et glorifie à ja-

mais la très sainte Trinité avee vous el avec tous les Anges et tous les Saints.

Comme l’épouse doit prendre soin des enfants que so époux lui a laissés après sa mort, je vous supplie auss de tout mon cœur, Ô ma toute charitable, de prendre u soin tout particulier de tous les enfants spirituels que Dieu m'a donnés, qui sont aussi vos enfants, puisqu'i me les a donnés par vous. Je les mets tous, dès mainte nant, entre vos mains, vous suppliant de les conserve

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