XVII. — LETTRE À LA TRÈS SAINTE VIERGE
plume, vous rendent tous les hommages possibles, j'ose, quoique infiniment indigne, prendre la liberté de vous écrirecette lettre, à l'imitation de plusieurs de vos enfants : —. Premièrement, pour vous protester, en la face du ciel ; et de la terre, que je vous reconnais et honore comme le “plus digne Sanctuaire de la très sainte Trinité, comme la très digne Fille du Père éternel, comme la très chère Mère “udu Fils, comme l’Épouse très aimée du Saint-Esprit,
—…comme la très puissante Reine de l’univers, comme ma E: souveraine Dame, comme ma très honorée Mère, et comme … la plus excellente, la plus relevée, la plus parfaite, la plus
sainte, la plus sage, la plus belle, la plus puissante, la …plus libérale, la plus douce, la plus débonnaire, la plus …slorieuse, la plus heureuse, la plus admirable et la plus aimable de toutes les créatures.
:1 Secondement, pour vous offrir tous les respects, tous «les services, toutes les vénérations, toutes les louanges, | tous les honneurs et toute la gloire qui est due à toutes « vos grandeurs, qui vous ont été et vous seront à jamais rendues dans tous les siècles passés, présents et à venir. Ë Troisièmement, pour vous rendre toutes les reconnais- …sances, toutes les actions de grâces possibles pour tous les effets innombrables de votre incomparable bonté en- » vers moi et envers toutes les choses créées. —… Quatrièmement, pour vous demander très humblement pardon et vous faire amende honorable de toutes mes in- … gratitudes, négligences et infidélités au regard de vous, “et de toutes les injures et offenses que vous avez reçues - de la part des hommes et des démons, et pour vous offrir, en supplément et réparation, le très aimable Cœur de votre Fils Jésus, tout embrasé d’amour pour vous, avec tout l'amour et tout l'honneur qui vous a été et sera rendu dans le temps et dans l'éternité.
Cinquièmement, pour vous supplier très humblement, «par le très ardent amour que votre Fils Jésus vous porte, … par celui que vous lui portez, et par toutes les bontés de
PA
votre Cœur maternel, de m'obtenir de lui le pardon de tous mes péchés, de suppléer à toutes mes offénses enver sa divine Majesté, de détruire en moi tout ce qui lui déplaît, d'y établir parfaitement le règne de son divin amour et de son adorable volonté, de m’associer avec vous dans“ toute la gloire que vous lui avez rendue en la terre et que vous lui rendrez durant toute l'éternité dans le ciel, deme diriger et conduire, en tout et partout, en la manière” qui lui sera la plus agréable, de me faire entièrement selon son Cœur et le vôtre, de me donner la connaissance," si c'est son bon plaisir, du temps auquel il lui plaira de“ m'attirer à lui, de m'assister à la mort, de m'impétrer de mon Sauveur, que mon dernier soupir soit un acte du pur amour vers lui et vers vous, de recevoir mon âme à la sortie de mon corps, de la présenter à mon Jésus, de la loger dans son Cœur et dans le vôtre, et de la plonger et abimer et consommer dans cette fournaise ardente du divin amour pour jamais.
Ce sont les très humbles et très instantes prières que j'ose faire à votre incomparable bénignité, Ô Mère de grâces, non seulement pour moi, mais pour tous vos en- | fants, avec lesquels je désire n'avoir qu'un cœur et qu'une âme, pour vivre d'une même vie et mourir d'une même“ mort en la sainte dilection du très aimable Cœur de Jésus et de Marie, auquel et par lequel j2 suis, |
Très auguste Mère de mon Dieu, très douce Reine de“ mon cœur et très pieuse et bonne Mère de mon âme, |
De votre souveraine Majesté,
Le très humble, très obéissant, très obligé et très cor-
alement affectionné serviteur en tout, |
JEAN EUDES, Prêtre de la Congrégation de Jésus et Marie.
te cités dump