‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 115 sur 309 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

“desquels il est dit qu'ils étaient incessamment occupés, dans le temple, publiquement et en particulier, dans les rues et autour des maisons, à enseigner et à évangéliser Jésus-Christ, c’est-à-dire la vie, les mystères, les œuvres, les vertus, les maximes et la doctrine de Jésus-Christ !. Si nos travaux ne produisent pas tout le fruit que nous souhaiterions, ne nous en étonnons pas. Quand en toute notre vie, nous ne ferions autre chose que de préserver ou de retirer une âme d'un seul péché mortel, ce serait un plus grand bien que de garantir ou délivrer un monde d'une peste universelle et de tous les autres maux corporels qui y pourraient arriver.

Si un médecin corporel de l'antiquité ? a été honoré du

“nom et de la qualité de divin, pour avoir préservé son pays d'une peste dont il était menacé : qu'est-ce qu'un médecin ‘spirituel, qui garde ou qui guérit les âmes d'un mal qui est infiniment plus pernicieux que toutes les pestes imaginables ?.

Représentez-vous d'un côté un homme qui souftre toutes les tribulations qui ont été, sont et seront en ce monde ; et d'autre part mettez-vous devant les yeux les peines qu'on endure en enfer pour un seul péché mortel : et sachez que celles-ci surpassent infiniment celles-là ; et par conséquent que, quand par votre bon “exemple, ou par vos prières, ou par vos instructions, Vous empêchez quelqu'un de tomber dans un péché mortel, qui ne laissera pourtant pas de se perdre par d'autres péchés, vous lui sauvez une peine qui est infiniment plus épouvantable que tous les supplices de la terre, et que vous faites un acte de charité qui est beaucoup plus grand, que si vous garantissiez Ou affranchissiez tout un monde de tous les tourments qu’on y peut souffrir.

1 « Omni autem die non cessabant, in templo et circa domos docentes et evangelizantes Christum Jesum. » Act. V, 42. 2 Hippocrate.

J'entends un Ange dans l’Apocalypse, lequel not voulant avertir de la rage dont le diable est animé cont les âmes, crie à haute voix : Malheur à la terre et à mer, parce que le diable, ayant été chassé du ciel, y @ descendu, rempli d'une grande colère, sachant qu'il a pe de temps', c’est-à-dire, pour assouvir sa furie conti les âmes. Aurons-nous moins d'amour pour les âmes 4 nos frères, que cet enragé a de haïne contre elles ? Ferons nous paraître moins de ferveur pour leur salut, qu exerce de fureur pour leur perdition ?

Si la rage dont il est rempli contre elles lui fait estime les milliers d'années durant lesquelles il lui est perm de s’efforcer de les perdre, un temps fort modique, mc dicum tempus : avec quelle ardeur devons-nous employer les moments de cette vie qui passe comme une ombre pour aider à sauver des âmes, pour la moindre des quelles le Fils de Dieu a sacrifié une vie de trente-troi ans, dont un moment vaut mieux que dix mille éternité de toutes les vies des hommes et des Anges ?

Ne cessons donc point de travailler en un œuvre merveilleux. Le temps viendra que nous moissonneron: Sans fin et sans cesse les fruits de nos travaux : Zonwt facientes non deficiamus : tempore enim suo metemus not deficientes ?. Car quand il arriverait que tous ceux dont nous tâchons de procurer le salut, demeureraient tous Jours dans leur endurcissement, nous ne laisserions pas d'avoir les mêmes bénédictions et de recueillir les mêmes fruits de notre travail, que si nous les avions to parfaitement convertis.

Enfin cherchons et employons tous les moyens po e sibles pour aider à sauver le plus grand nombre d’âmes que nous pourrons ; surtout appliquons-nous de bon

l« Væ terræ et mari, quia descendit diabolus ad vos, Lab iram magnam, sciens quod modicum tempus babet. » Apoc. XII, 12: 2 Gal., VI, 9. ‘

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