CHAPITRE VII
Les sujets et matières dont il faut prêcher.
Les prédicateurs se souviendront bien que c'est la sainte parole de Dieu qu'ils ont à prècher, et non pas la parole des hommes ; et que, comme le prêtre serait très criminel, lequel, au lieu d'administrer le pain de Dieu à ses enfants dans la sainte Eucharistie, ne leur donnerait qu'un pain commun et ordinaire : aussi les prédicateurs lesquels, au lieu d'annoncer aux chrétiens la parole de Dieu, ne leur produisent que celle des hommes, sont très coupables.
C'est pourquoi ils doivent bien se garder de prêcher les pensées et inventions de leur esprit, ou de celui d’un homme particulier; mais la matière et le sujet de toutes leurs prédications doit être l'Écriture sainte, et il ne leur est permis de prêcher que les vérités dont le Saint-Esprit nous à donné la connaissance, qui sont couchées dans les Livres sacrés, ou qu'il nous a déclarées par l’oracle de
| Depuis l'époque du P. Eudes, le roman a pris une place considérable dans la littérature, et, au point de vue moral et religieux. au lieu de s'améliorer, il n’a fait que déchoir. La plupart des romans de nos jours font partie, comme dit le P. Eudes, de la bibliothèque de l'Antéchrist, etun prêtre n’y devrait toucher que pour les jeter au feu. Toutefois le Cardinal Wiseman, Louis Veuillot et quelques autres écrivains catholiques ont écrit, sous forme de romans, des études d'histoire ou de mœurs dont la lecture est agréable et peut être utile.
l'Église, ou par la bouche des saints Pères, dont les : écrils ne contiennent autre chose que l'Écriture sainte | expliquée, spécialement dans les sujets où ils parlent | unanimement.
Ils doivent aussi beaucoup se prendre garde d'une tentation fort dangereuse et fort sujette aux jeunes prédicäteurs, qui procède souvent de la vanité, et qui leur fait croire qu'il ne faut point prêcher ce que les autres . ont coutume de dire ; mais leur fait rechercher des choses rares, des expressions nouvelles, des pensées extraordinaires, et leur donner un nouveau tour. Et cependant ils se trompent bien fort ; car les choses les plus com-, munes sont toujours les meilleures, les plus utiles et les plus touchantes, tant parce qu'elles convainquent d'autant plus l'esprit de leurs auditeurs qu'elles sont plus connues et plus certaines, qu’à canse que Dieu donne une bénédiction et une vertu particulière aux paroles des! prédicateurs qui prêchent dans la simplicité et l'humilités du christianisme. | C'est pourquoi les questions subtiles, relevées et dif-* ficiles, qui sont plus propres pour contenter la curiosité! humaine que pour édilier les âmes et toucher les cœurs, doivent être tout à fait bannies des chaires chrétiennes. où l’on doit seulement annoncer aux fidèles les très simples et très solides vérités de la doctrine évangélique ! et rejeter tout ce qui est superflu, inutile ou de peu de* fruit, pour ne dire que les choses qui peuvent aider à" connaître et honorer Dieu. et à porter les hommes à tra vailler à bon escient à l'affaire de leur salut ; comme sont" celles que l'on peut tirer des matières suivantes, qui con-* tiennent les principaux sujets sur lesquels on peut prêcher. |
Les Évangiles ou les Épîtres qui se lisent dans la sainte Messe, ou quelque autre partie de l’Écriture sainte. Les perfections, les mystères, les œuvres et les bien faits de Dieu. : ;