III. APPRÉCIATIONS ÉLOGIEUSES DU
Le Bon Confesseur est certainement l’un meilleurs ouvrages qui aient été écrits sur la c@ fession. Le succès dont ila joui durant près dt siècle, tant en France qu'à l’étranger, en est dé une preuve suffisante. Nous en trouvons une à dans les appréciations élogieuses dont il a touJou été l’objet. Nous ne pouvons les citer toutes ; m
1 Bon Confesseur, édition de M. Cousin, Avertissement. + Le Vén. Instituteur nous le recommande expressément dans Constitutions, Part. IT, ch. 8.
… « Comme l'emploi du confessionnal, dit le P. Hérambourg, n'est pas moins dangereux que celui de Ja prédication, le P. Eudes a donné plusieurs aver- Hissements aux Confesseurs dans un livre qu'il a intitulé Le Bon Confesseur.…. Plusieurs, après l'a- “oir lu, ont été dans l'exercice de cette fonction comme les enfants au milieu de la fournaise de Babylone, sans en être brûlés. Les feux leur y ont ser- Ii de rafraichissement. On n'y a point vu avec eux un homme semblable au Fils de Dieu, qui les y laccompagnât, car il y était lui-même sous leurs lpersonnes ; ils s’y sont revêtus de ses dispositions, ils se sont unis à son esprit, ils sont entrés dans la pureté de son zèle, et c'est l'instruction qu'ils ‘ont retirée de ce livre que j'estime si nécessaire et utile, qu'aucun prêtre ne devrait s'engager dans cette charge sans l'avoir lu plusieurs fois!. »
« De tous les livres que le P. Eudes à donnés au ublic, ditle P. Martine, c'est le Bon Confesseur qui lui à fait le plus d'honneur: il reçut de tous côtés les remerciements et les Justes louanges qu'il méitait pour un ouvrage d’une si grande utilité.
« Beaucoup de Prélats et de Docteurs ont regardé le, Bon Confesseur comme l’un des meilleurs livres que l’on puisse prendre pour guide dans la praique du confessionnal ; ils ont cru que, si les conésseurs s'attachaient à suivre les règles de prudence qui y sont prescrites, on ne verrait pas tant de gens Proupir pendant presque toute leur vie dans des habitudes criminelles qui aboutissent d'ordinaire à la amnation. Il s’est fait dans la suite, sur cette maière, plusieurs autres bons livres qui sont plus polis
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| MHérambourg, Vie du P. Eudes. Ms.
et mieux travaillés que celui du P. Eudes; mais 0 peut dire que ce que les auteurs de ces livres on dit de meilleur et de plus solide, ils l'ont emprun té au Bon Confesseur, et que le P. Eudes a eu IX vantage d’avoir élé un des premiers auteurs q aient écrit sur celte matière en notre langue. Pour connaitre le mérite du Bon ce ne faut que faire attention au nombre prodigie de conversions de toutes sortes de pécheurs qu sont faites dans les missions Jde cet homme apos lique. Les admirable s changements que l on à remal qués dans lous les cantons où a prêché le P. Eude sont la preuve la plus certaine de la solidité de enseignements touchant l'administration du s ment de Pénitence, el conséquemment de la sage des règles et des avis qu'il nous a donnés dans St Bon Confesseur. dont il faisait l'application dans nissions. Des hommes compétents en cette matià n'ont pas craint de dire qu'après avoir étudié, meilleurs casuistes, il faudrait encore étudier à foR le Bon Confesseur, le bien posséder et le prend pour règle dans la pratique !. »
<Leñon Confesseur, dit M. Le Beurier, a été dm très graud avantage à tous les prêtres qui l'on avec attention. Un ecclésiastique respectable park naissance, par sa place, par ses lumières et par vertus, el qui vivail sur la fin du siècle dermik disait, en parlant de la lecture de ce livre, qu'êl lui paraissait si utile el même si nécessaire, qu ne croyait pas qu'un prêtre dût s'engager dans fonction du saint tribunal sans l'avoir lu plusieu fois auparavant?. Il est vrai que depuis ce temp#
! Martine, Vie du P. Eudes, Il, p. 121. À 2 Ce sont les paroles mêmes du P. Hérambourg, et c'est des évidemment qu'il s'agit.
Ab a paru bien des ouvrages sur cette matière. Mais le P. Eudes est le premier qui l'ait traitée en notre Jangue d'une manière un peu approfondie. Avant lui, on avait en latin /’Instruction de saint Charles aux ours, et celle du cardinal Tolet. Mais il y avait bien peu de livres français que Fon pût mettre entre les mains de ceux qui se livrent à ce redoufable ministère. Plusieurs même de ceux qui ont traité ce sujet avec un peu d'étendue, ont pris dans e Bon Confesseur du P. Eudes bien des articles qu'il Mont guère fait que développer. Et malgré la multitude des ouvrages que nous avons à présent làdessus, on revient encore volontiers à celui du zélé issionnaire, où l'on retrouve, avec les principes généraux, des détails d'une grande utilité’. » Quant à M. Cousin, voici en quels termes il apprécie le Bon Confesseur dans l'édition quil en donna en 1732: « On peut dire que ce petit livre, le premier qui ait paru en France pour la réforme du sonfessionnal, à deux avantages au-dessus de plusieurs autres qui ont été faits sur le même sujet. Le premier est que la méthode qu'il enseigne est si lisée, qu'il n'y à personne qui ne puisse l'entendre ‘la pratiquer avec facilité. Le second est que les evoirs des confesseurs n’y sont pas enseignés d’une amière sèche, mais avec une onclion qui les fait timer en même temps qu'elle les fait connaitre.
« On peut ajouter que le vénérable auteur s’est Jarfaitement dépeint dans son ouvrage ; car, comme “est son cœur qui y parle partout, on ne peut douter ue ce qu'il dit du grand zèle dont les confesseurs oivent être animés, et des vertus qui doivent l'ac-
esunissionnaires les plus célèbres du XVIII: siècle. 11 a laissé un 2cueil de sermons et un autre de conférences qui sont tous les eux avantageusement connus.
140 LE BOX CONFESSEUR compagner, comme la piété, la charité, la douceur la prudence, l'humilité, le désintéressement, pureté, ne soient autant de traits qui représenter au naturel les dispositions de son cœur et la co duite de sa vie. »
M. de la Baunes, censeur royal, qui eut à apprécie le Bon Confesseur lors de sa réimpression en 1732; recommande comme « un ouvrage d’une gran utilité pour tous les confesseurs, rempli qu'il est de l’onction du zèle ardent de son auteur pour le sal des âmes, et de la science pratique du confe sionnal : fruits de sa très longue expérience dans ministère apostolique des missions. »
Dans son Dictionnaire des Ordres religieux, Hélm fait également l'éloge du Bon Confesseur. « M. Eude dit-il, croyant devoir laisser par écrit ce que lui ses compagnons avaient longtemps pratiqué dans missions, composa deux livres : l'un, auquel il donné le nom de Bon Confesseur, instruit les m sionnaires de tout ce qui concerne le ministères la confession ; l’autre, qui estintitulé Le Prédicatà apostolique, marque à tous ceux qui ont l'honne d'annoncer la parole de Dieu, les règles et les moye de le faire utilement pour Le prochain, et d'éviter qui faisait le sujet de la crainte de saint Paul, ce à-dire qu ‘après avoir préché les autres, ils ne soie eux-mêmes réprouvés. Ces deux livres ont été t utiles pour former des confesseurs fidèles, exactss prudents, et des prédicateurs évangéliques qui doi autant instruire d'exemple que de paroles ; mal principalement le premier qui a été si universel ment estimé, qu'avant la mort de son auteur on en fait plus de neuf éditions, et que l’un des plus lustres archevêques de France en ordonna la lectu à tous les prêtres de son diocèse par un statut pi ticulier. » s
Les nombreux ouvrages qui ont paru au XVIII: et u XIX° siècles sur la confession, et surtoutle Prams Confessarii de saint Liguori ont fait oublier le Bon Confesseur. Malgré tout, les prêtres qui ont eu cours à l'ouvrage du P. Eudes n'ont pas cessé d’en aire l'éloge.
Gestainsi, par exemple, que M. Mollevaut, prêtre le Saint-Sulpice, écrivait au P. Loüis en 1826 : « Vous tous plaignez de ce qui me fait gémir tous les jours : Dans la conduile des âmes, je ne vois en moi qu'inapacité, ténèbres, stupidité. Je reconnais de plus n plus qu'il n'y à qu'un moyen d'y réussir :’oraison wntinuelle, souverain mépris de soi-même, zèle arlent, et c'est ce que je n'ai pas. Il n'y a que Dieu qui juisse opérer dans les âmes, qui puisse en sonder les eplis cachés et impénétrables. Supplions son saint mour et son inépuisable miséricorde d'agir en ious. » « Lisez avec dévotion, ajoutait-il, l'ouvrage dmirable de votre Père : Le Bon Confesseur!. » En 1866, la Revue des sciences ecclésiastiques à ublié une série d'articles sur la difficile question les récidivistes. Dans plusieurs endroits, il y est uestion du Bon Confesseur?. L'auteur de ces aricles est plus large que le P. Eudes, mais il ne peut empêcher de rendre hommage aux sages tempéraaents que le saint missionnaire apporte à ses enseinements el à l'esprit de miséricordieuse charité qui ime son livre.
Dans son ouvrage sur la confession des enfants bdes jeunes gens, dont nous avons déjà parlé, le "Cros, jésuite, s'appuie à plusieurs reprises sur le on Confesseur, dont il loue le caractère pratique et
P. Dauphin, Le R. P. Loüis de la Morinière, p.56. Paris, 1893. Le Revue des sciences ecclésiastiques, année 1866, tom. XIII, p. 21, BST tom. XIV, p.29.
la doctrine toute pleine de iséris pour ke pécheurs!. Le P. Cros à éerit son livre pour € battre les tendances jansénistes qui subsistaier encore de son temps chez certains confesseurs. ne donne que plus de prix à son appréciation. S'il loué le Bon Confesseur, c'est que ce juge si comp tent y avait reconnu comme nous l'esprit de Jés Christ.
\Cros, Le: Confesseur de l'enfance et de la jeunesse, p. 74, LE Édit. 1877.