‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 133 sur 394 · CONSTITUTION XLIX · texte numérisé non relu

CONSTITUTION XLIX

… Des Sœurs TOURIÈRES".

« On recevra le moins qu'on pourra des Sœurs Tou-

« rières », et on prendra garde que celles qu'on recevra : 5 de ee réputation, saines, fortes, d'une humeur 4 et paisible ; et surtout qu’elles aient un grand dé-

ir de servir Notre-Seigneur et sa très sainté Mère, en tra-

aillant pour la Congrégation avec obéissance, simplicité ethumilité. On leur donnera des gages suffisants pour

D honnêtement, ou, si elles n’en veulent point,

| n les nourrira et entretiendra.

À. Const. de la Visit., e. XLII.

Elles seront vêtues de noir ou de gris !, simpleme et modestement, sans ouvrage ni miguardise quel conque.

« Personne ne leur commandera, que la Mère Supé « rieure et la Dépositaire, lesquelles leur donneront une « Sœur pour les instruire aux choses spirituelles », el pour leur apprendre ce quelles doivent croire et ce qu'elles doivent faire pour plaire à Dieu, particuliè rement touchant la digne réception et le saint usage des Sacrements, et touchant les principales vertus qu’elles ont à pratiquer, comme l'humilité, l’obéissance, la mo: destie, la charité et la mansuétude.

« La Supérieure » et la Dépositaire « leur commande « ront toujours avec amour, et toutes les nommeront « Sœurs, se ressouvenant que, quoiqu'elles servent « l'extérieur, elles ne laissent pas selon l’intérieur d'être « filles de Dieu, cohéritières de Jésus-Christ, égales en « nature, et en la prétention de sa grâce et de la gloire « aux plus grandes du monde ; et qu'enfin, comme di « saint Paul, elles et nous n'avons qu'un seul Maître « Jésus-Christ également Seigneur et Sauveur des unes « et des autres.

« Elles se confesseront tous les huit ou quinze jours, « plus ou moins, selon que leur Confesseur et leur Dire@ « trice le trouveront à propos, laquelle aura soin de to S « leurs besoins spirituels et corporels. »

Elles se lèveront et coucheront à la même heure quel les Religieuses, et feront leurs prières comme elles son dans le livre intitulé Exercice de piélé?. Ensuite de quoi elles feront leurlit et leur chambre, et balaïeront les par loirs et autreslieux de dehors, qu’elles tiendront toujours dans une grande netteté et propreté. 4

Elles entendront tous les jours la sainte Messe, aved

Ë L'édit. de 1737 dit « de brun. »

. C'est le petit livre du P. Kudes qui porte ce titre. Voir Œuvres Br 2, page 271. |

ÿ DE N.-D. DE CHARITÉ. — C. XLIX 161 toute la dévotion qui leur sera possible, et s’il s’en dit plusieurs, elles y iront les unes après les autres, afin qu'il y en ait toujours quelqu'une pour répondre aux affaires qui se présentent.

Elles diront tous les jours le chapelet ; et aux fêtes et “dimanches, si elles ne se trouvent pas occupées, elles assisteront à Vêpres.

Lorsqu'elles auront le temps, tant aux Fêtes qu'aux autres jours, elles feront quelque lecture spirituelle, selon la conduite de leur Directrice, à laquelle elles s’adresseront en toutes leurs nécessités et besoins, avec toute simplicité et confiance, lui communiquant ouvertement leurs peines et difficultés, afin d’être instruites, consolées et encouragées par elle.

Qu'’elles apportent toute la diligence possible pour satisfaire à ceux qui viennent au Monastère, parlant à tous avec douceur, respect et civilité, et tâchant de ne renvoyer personne mécontent, autant qu'il leur sera possible selon Dieu.

Elles ne recevront des messages à faire que de la Supérieure, de la Dépositaire et de la Portière ; et elles n'en feront aussi qu à celles-ci, et non à celles qui se pour- Taient rencontrer au Parloir : et elles auront soin de Les faire exactement.

“ Elles ne sortiront point pour aller dehors sans permission.

un « Quand elles iront faire les provisions, elles se con- Meduiront avec tant de modestie et de retenue, qu’elles M édifient un chacun : tâchant de se comporter partout « comme si elles étaient dans la maison, à la vue de la Me Supérieure. Elles ne doivent entrer en aucune mai- \& son, ni manger dehors, sans l'avoir demandé à la Sul&@ périeure, sinon qu'il y eût quelque nécessité qu’elles « meussent pas pu prévoir avant que de sortir; ni ne « parleront, ni s'amuseront par les rues, sinon pour les | « affaires qu'elles y auront. Qu’elles n’apportent nulle

« sorte de nouvelle de la ville, ni lettres ou recomma a « dations, sinon à la seule Supérieure. »

Qu’elles soient fort soigneuses d’être toujours occu pées utilement, et de bien employer le temps, qui nt nous est donné que pour servir Dieu, et dont il nou demandera compte jusques à un moment.

Qu'elles s’acquittent ponctuellement, promptement € gaiement de tout ce qui leur est commandé, pour l'& mour de Celui qui s’est rendu obéissant jusques à mort de la croix pour l'amour d'elles. Qu’elles prennef intérêt et affection au bien de la Communauté, conser vant soigneusement et fidèlement tout ce qui appai tient à la maison de Notre-Seigneur et de sa trè sainte Mère, et ne laissant rien perdre ni dépérir pa leur faute.

Elles iront tour à tour au marché ; et avant que d sortir, elles diront un Ave Maria, pour s'offrir à Dieu pe l'entremise de la très sainte Vierge, et pour lui demar der la grâce de ne rien faire qui lui déplaise; et lors qu'elles achèteront quelque chose, elles tâächeront dù procéder avec sincérité et modestie, offrant à peu près en peu de paroles, ce qu’elles croiront être raisonnable sans user d'étriveries, ou de contestations, ou de parole vaines et inutiles ; et elles seront exactes à apporter. l’heure ordinaire ce qui est nécessaire pour la Comm nauté, afin qu'il n’y ait rien de déréglé.

Qu’elles n’attirent ni ne reçoivent personne à conve ser avec elles, sinon celles dont elles auront permissio par la Supérieure ; et qu'elles ne prennent aussi des pré sents de personne pour leur particulier, sans cette mêm permission.

Surtout, qu'elles s'étudient de vivre ensemble avec une grande charité, mansuétude et humilité, ne contestani jamais les unes contre les autres, mais se parlant toi jours avec douceur et bénignité, supportant charitablez ment les défauts et imperfections les unes des autres,l

Page 1