‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 153 sur 394 · LÉ · texte numérisé non relu

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entrer par force : et tandis qu’elle sera là, elle sera traitée en la facon que la Supérieure l’ordonnera.

« L'obéissance leur sera à toutes recommandée, comme la chose la plus importante de la maison ; et qu'elles entendent que les fautes qui seront faites contre icelle seront châtiées selon leur mérite, puisque c’est la vertu par laquelle principalement le bon ordre de la maison doit être maintenu et conservé.

Elles auront un très grand soin de la modestie, et se garderont de tout ce qui y sera contraire, spécialement des crieries, des railleries, des plaisanteries, des risées excessives, et de tous gestes et mouvements indécents. Elles auront pour l'ordinaire la vue baissée, elles marcheront posément, elles parleront bas et modérément, sans interrompre les autres, et sans être languardes, altières ou légères en leurs discours ; et si leurs mains ne sont occupées, elles les tiendront dans leurs manches. Elles auront aussi un grand soin de se tenir propres en toutes Choses, sans aucune affectation.

k Elles s'aimeront comme Sœurs, puisqu'elles le sont en effet, et qu'elles ne s'appellent point autrement. Elles S'affectionneront à servir les autres et les soulager en leurs infirmités, à les supporter et prévenir par honneur, et à retrancher à bon escient de leur conversation tout ce qui pourrait tant soit peu blesser ou altérer la charité.

Partant, il est nécessaire qu’elles sachent qu'on ne leur Souffrira aucune sorte de moqueries, de railleries, de reproches, de querelles, d'attaques injurieuses et paroles piquantes ou mordantes, de discours de mépris ou de dédain, de noiïses, decontentions, de contestations et débats,

ni quoi que ce soit de contraire à l'union; et qu’elles seront punies selon la qualité de leurs Fee Mais surtout,

Sùil advenait que quelqu’une füt si mal avisée que de re-

| 1. Dans l'édition de 1670, au lieu de « la Supérieure », il y a

| | ie WC le Supérieur ».

procher à une autre quoi que ce soit du passé, elle en sera châtiée comme de l’une des plus grosses fautes et des plus dangereuses qui puissent être commises en la maison:

Elles ne parleront mal de qui que ce soit, présent ou absent ; et si quelqu'une, par indiscrétion, par malice ou" par légèreté d'esprit, jetait quelque propos qui ressentit tant soit peu la détraction, les autres seront soigneuses: de le détourner, et d’en mettre quelque autre en avant.

Lorsqu'elles seront reprises ou admonestées, par la Supérieure ou par la Maîtresse, de quelque faute qu'elles, auront commise, soit en parlant ou autrement, elles se mettront incontinent à genoux, et l'écouteront humblement et sans l'interrompre ou s'excuser ; et celles qui répondraient audacieusement et avec peu de respect, seront punies ou sur-le-champ, ou autrement, ainsi qu'il sera avisé.

Il ne leur sera loisible de parler à aucune Religieuse de lamaison, excepté à celles qui demeureront avec elles; si ce n'est par l'expresse permission de la Supérieure.

Elles n'iront point aux grilles, sinon pour parler au Supérieur, ou à ceux avec qui elles conféreront de leurs consciences, n'était que la Supérieure, pour quelque occasion très urgente, trouvât qu'il fût nécessaire de le permettre. En tout cas, on ne permettra point qu'elles y soient vues des séculiers, ni qu'elles leur parlent qu'à grille fermée, et en présence de la Supérieure, ou au moins de la Maîtresse, ou d'une autre kReligieuse.

Lorsqu'elles seront au travail, ou à quelque autre assemblée de leur communauté, il ne sera loisible à aucune de s'en absentér ou d'en sortir, sans l’expresse per mission de la Maîtresse ou de celle qui y présidera ; € lorsqu'elles en sortiront toutes ensemble, elles marche ront deux à deux modestement, et se rendront en ce ordre au lieu où elles devront aller.

S'il arrivait que quelqu'une se trouvât mal, ou eût be soin de reposer au matin extraordinairement avec congé

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ou de se retirer avant les autres, la Maïtresse fermera le Dortoir à clef sur elle. Que si elles étaient deux ou plusieurs, saCompagne, ou quelque autre qu’elle commettra, demeurera dans le Dortoir, jusques à ce qu'elles soient levées, ou que les autres soient retirées.

Lorsqu'elles se trouveront mal extraordinairement,

“elles en avertiront la Maîtresse, afin qu'elles soient se-

courues et soulagées avec charité. Que si elles sont en- .voyées à l’infirmerie, elles y obéiront non seulement à la Supérieure et à la Maitresse, mais encore à l'Infirmière et au Médecin, en tout ce qui appartiendra à leur santé.

… Elles se souviendront de prendre de la main de Dieu la

maladie, et la recevoir en satisfaction de leurs fautes passées. Elles s’efforceront de ne bailler aucun signe d'impatience ou de déplaisir, soit de leur maladie, soit du ser-

… vice qui leur sera rendu ; ains de donner bonne édifica-

tion tant aux Médecins qu'aux Confesseurs, et à celles qui les visiteront ou qui traiteront avec elles.

Si leur mal allait empirant, et que l’on vit qu'il y eüt danger, elles seront secourues au spirituel, ni plus ni moins que les Religieuses. Que si elles viennent à mourir, elles seront enterrées au Monastère !, et on fera toutes les prières accoutumées pour la sépulture. On dira les Vigiles?, et une Messe, avec une communion générale de toute la Communauté ; et les Sœurs pénitentes * diront

un chapelet pour le repos de son âme.

Au premier jour de chaque mois, s’il n’est empêché “d'une fête solennelle, ou le lendemain, on lira les Règles

Lau Réfectoire, et on les continuera sans intermission d’au-

cune autre lecture, jusques à ce qu’elles soient achevées.

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