AVERTISSEMENT
AN n divin est une prière vocale et publique, composée de tout ce qu'il y a de plus remarquable et de plus instructif dans tous les Livres de l'Écriture sainte, dans les écrits des Saints Pères et dans les vies des Saints, ordonnée pour être faite à certaines heures du jour et de la nuit, au nom de tout le corps des fidèles, par ceux et celles qui sont particulièrement destinés à cet emploi: afin de rendre à Dieu l'honneur qui lui est dû ; pour le remercier de toutes les grâces que nous recevons à chaque moment de sa bonté infinie; pour lui demander très humblement pardon de tous nos péchés ; et pour implorer, son divin secours et son infinie miséricorde.
Pour mieux entendre cette définition, il faut remarquer qu'il y a deux sortes d'oraison, l’une publique et l'autre particulière.
La particulière est celle que chaque fidèle fait selon son mouvement, lorsqu'il prie mentalement ou vocales ment, disant les prières que sa dévotion particulière lui inspire.
Mais l’oraison publique est celle qui se fait pour et au
1. 2° Coutumier, au commencement. Il est à croire que cet Aver= dissement a été extrait par MM. Costil et Martine, du manuscrit du Père Eudes sur l'Office divin, ouvrage que le Bienheureux se proposait de publier, et qui est malheureusement perdu. ï
om de toute l'Église, par les personnes destinées par état à réciter l'Office divin, avec les paroles qu'elle a expressément ordonnées.
Et ainsi, de quelque manière que les Religieux et Re- Jigieuses de tous les Ordres établis dans l'Église disent leur bréviaire ou office, soit en public, soit en particulier, leur prière est toujours publique, puisqu'elle a été or- “donnée par l’Église et qu’elle se fait en son nom. - Au contraire, quoique un laïque dise par dévotion les heures canoniales, son oraison n'est pas publique, mais secrèle, bien qu il les dise dans l'église, parce qu'il n’est as député par l’Église, comme le sont toutes les personnes ngagées par leur sainte vocation à ce digne ministère. I} faut cependant convenir que, pour rendre ce culte parfait et s'acquitter dignement de cette sainte obligation, Le personnes religieuses ne doivent pas se contenter de r intérieur (en quoi néanmoins elle consiste particulièrement, comme Notre-Seigneur le dit à la Samaritaine ‘) mais il faut encore y ajouter l'extérieur: et que le Corps y contribue par la bienséance et gravité qui y convient, gardant et observant exactement les cérémonies dont l'Élise, inspirée du Saint-Esprit, nous prescrit si sainteent l'usage*.…
1. « Veri adoratores adorabunt Patrem in oe et veritate. Nam et Pater tales quærit qui adorent eum. » Joan. IV, 22.
2. « Si toutes les Religieuses de N-D. de Charité font réflexion avec uelle ardeur leur Vénérable Instituteur soubaïitait qu'elles fussent fdèles à s’en bien acquitter, elles ne pourront manquer d'y être très iffectionnées. Il le recommandait avec zèle aux premières Mères de celte Congrégation, comme un des devoirsles plus essentiels à la loire de Dieu et à leur sanctification. Il l’enseignait de paroles, et He faisait aussi d'exemple, puisqu'il est rapporté dans sa vie, qu’au même temps qu'il entendait la cloche pour s'y rendre, il quittait tout : cette cloche étant pour lui l’ordre du grand Roi, qui ne lui permet ait pas de tarder un moment. » Ces paroles font suile à la partie de l'Avertissement que nous venons d'imprimer.