POUR LE SAINT VIATIQUE
L Confesseur étant revêtu du surplis et de l’étole, fera allumer un cierge sur l'autel, et prendra le saint Ciboire qu'il portera à la grille, le posant sur un corporal qui sera étendu ; et fermant le guichet, s'en viendra à la porte pour être conduit dans le Chœur des Sœurs, où étant, il se mettra à genoux devant le Saint-Sacrement, pendant qu'on lui accommodera une écharpe sur les épaules: Ce -qui étant fait, il prendra le Saint-Sacrement, avec lequel, se tournant du côté des Sœurs, il leur donnera la béné-
| diction, et commencera le Miserere mei Deus, sans partir de
sa place jusqu'à ce que les Sœurs et Le Clerc soient passés
Le Confesseur étant arrivé à la porte de l’Infirmerie, soit qu’on ait achevé le psaume ou non, dira tout haut : Pax huic domui. Le Sacristain répondra : £{omnibus habitantibus in ea. Et il portera le Saint-Sacrement sur ’autel préparé, devant lequel il se tiendra à genoux
h jusqu’à ce que les Sœurs soient entrées; et après,se levant,
il donnera la bénédiction à la malade avec le Saint-Sa-
crement, et l’aspergera en signe de croix, et aussi les
1. 1 Coutumier, IX, p.257. A la page 81 on trouve le texte du ‘Coutumier de la Visitation. À la page 257 se trouve ce nouveau cérémonial, qui est évidemment de la plume du P. Eudes. Le 29 Coutu -mier a fondu les deux textes en les complétant.
Sœurs, disant le verset Asperges me Domine!, et puis dira les prières qui suivent, tant devant qu'après la sainte Communion.
Après cela, l'infirme se réconcilie si elle en a besoin, et elle demandera pardon aux Sœurs, les suppliant de prier pour elle. Et le Confesseur lui fera faire les actes suivants : |
1. Croyez-vous pas que, dans ce très auguste et adorable Sacrement que je vous apporte, est contenu le précieux Corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui donne la vie éternelle à ceux qui le reçoivent dignement? À. Oui. |
2. L'adorez-vous pas avec tous les respects et soumissions qu'il vous est possible, regrettant de ne le pouvoi adorer autant que les Séraphins et les Bienheureux qui sont prosternés devant le trône de sa Majesté À. Oui.
3. Aimez-vous pas de tout votre cœur ce Dién de cha rité qui se vient donner si amoureusement à vous. À. Oui
4. Ayez regret de vos péchés, quels qu'ils puissent être, non par crainte de l'enfer et des jugements divins, mais seulement à cause de la souveraine majesté et bonté d Dieu, qui a été offensée par vous. |
5. Acceptez amoureusement les peines et souffrance qu’il vous donne, comme justes punitions de vos infidé lités. Offrez-vous à Dieu pour endurer tout ce qui la plaira, et dites souvent : «0 mon Sauveur, j'unis de tou
1. « Le prètre s'approche de la malade, pour lui dire quelque paroles d’exhortation tirées des mystères du temps, du Saint don on fait la fête, ou de l'Evangile du jour, la disposant ainsi à rece voir Jésus-Christ, par des actes de foi, d’adoration, d'humilité, d’a mour de Dieu, etc. Si c’est en viatique qu'elle communie, il la fai souvenir de demander pardon à la Supérieure et à la Communau en général, des sujets de peine ou de mauvaise édification qu’elle leu a donnés, ou les suppliant de prier pour elle. La Supérieure répon à la malade au nom de toutes, que non seulement elles lui par donnent, mais qu'elles la prient aussi de leur pardonner. Après quo le Prêtre lui fait faire les actes suivants. » 2° Coutumier, I, p.92
mon pouvoir mon entendement à vos souveraines vérités et mon cœur à vos aimables volontés. »
Après cela le Confesseur avertira la malade de gagner l’Indulgence plénière accordée aux Religieuses en l’ar- - ticle de la mort par Notre Saint-Père le Pape Paul V. Voici les paroles de la Bulle.
« Tous Religieux à l’article de la mort, étant contrits, » confessés et communiés, ou qui, ne pouvant commu- » nier, invoqueront le saint Nom de Jésus de cœur, s'ils » ne peuvent le prononcer de bouche, gagneront Indul- » gence plénière. »
Cette Indulgence se gagne sans croix ni médaille, mais seulement à cause de la Profession religieuse.
Cela fait, l'Assistante dit le Confiteor‘, et le Confesseur le Msereatur, etc. Après cela, le Prêtre prenant la sainte Hostie, la tiendra élevée devant la malade, et dira ces paroles en l’interrogeant ?:
« Croyez-vous pas que ce soit ici le Corps de Notre- Seigneur Jésus-Christ qui donne la vie éternelle à ceux qui le recoivent dignement? »
L'infirme ayant répondu que oui, il lui dira de l’adorer et de réciter trois fois Pomine non sum dignus ; puis il la
» communiera, disant: Accipe, Soror, etc.
L'oraison achevée, il pourra l’exhorter brièvement aux actions de grâces.
Si la malade était pressée, on peut omettre les dites prières et cérémonies. Que s’il lui survenait quelque accident, tandis que le Saint-Sacrement serait en l’Infirmerie,
1. Le 2° Coutumier dit « la Supérieure ou l’Assistante. » D’après les décisions de la S. Congr. des Rites, le Clerc, et, à son défaut, le Prêtre, doit dire le Confiteor en même temps que la Religieuse.
2. « Il dit : Ecce Agnus Det, etc. et trois fois: Domine non sum dignus, etc., qu’elle tâchera de dire secrètement. Ensuite il s'approche . d'elle, lui fait renouveler ses vœux en la même forme que le jour de la Présentation ; et après qu'elle aura prononcé trois fois: Jesus “ Maria, il la communiera, disant : Accipe, Soror, etc. » 2° Coutumier,
qui l'empêchât de communier réellement, le Confesseur ayant récité les susdites Oraisons, excepté celles qui concernent la sainte Communion, il se mettra à genoux révéremment avec toute l’assemblée pour prier pour la malade, laquelle se disposera par des actes d’adoration et de désir à communier spirituellement. Le Prêtre se levant lui donnera la bénédiction avec le Saint-Sacrement, et l'exhortera à se contenter du bon plaisir de Dieu et de la communion spirituelle. Après, il commencera le cantique Benedictus Deus Israel, s'en retournant comme il est venu.
Mais quand il n’y aura point d'Hosties à reporter, deux Sœurs le conduiront à la porte pour sortir, sinon qu'il fût besoin de faire la recommandation de l'âme.