‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 196 sur 394 · HA · texte numérisé non relu

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der à Dieu l'esprit, et de tâcher de l’exciter en soi-même pendant qu'on lui appliquera l'Huile sacrée. Or, comme il peut arriver que la malade n'ait plus de vigueur pour en avoir les sentiments par elle-même, il pourra, avec dis-

. crétion toutefois, l'y porter doucement par quelques-unes

de ces pensées ou semblables !:

A l’onction des yeux. — Se résoudre à perdre la vue par la mort, en satisfaction de ce qu'elle a servi à regarder la vanité ou des objets défendus, ou à verser des larmes inutiles. En demander pardon à Dieu ; souhaiter qu’elle serve à voir Jésus-Christ et son paradis; et lui demander l'application sur elle des amoureux regards qu'il jeta sur ceux qui le crucifiaient, ou des larmes qu'il

versa pour notre salut.

« Qui versera sur ma tête de l'eau, et dans mes yeux une fontaine de larmes, et je pleurerai nuit et jour?. »

« J'ai élevé mes yeux vers vous,qui habitez dans les cieux ©, »

A l'onction des oreilles. — Accepter de ne plus rien entendre, pour avoir trop entendu de mal, et y avoir pris plaisir. En demander pardon à Dieu ; souhaiter que le peu qui reste d’ouïe ne soit plus que pour entendre parler de son salut ; et demander à Jésus-Christ l’application du mérite de sa patience à écouter les injures et les blasphèmes durant sa Passion.

« Faites-moi entendre votre voix, Seigneur, car votre voix est douce‘. »

1. 2° Coutumier, 1, p. 97. On y lit en manchette : « En l'absence du Confesseur, la Supérieure se rendra fort attentive‘à ménager les moments favorables pour faire, faire ces actes à la malade. »,

2. « Quis dabit capiti meo aquam, et oculis meis fontem lacryma-

rum, et plorabo die ac nocte. » Jerem. IX, 1.

3. « Ad te levavi oculos meos, qui habitas in cælis. » Psal, CXXIL,

4. « Sonet vox tua in auribus meis : vox enim tua dulcis. » Cané.

294 EXTRAITS DU COUTUMIER à

A l'onction des narines. — Demander pardon à Dieu des péchés commis par l’odorat, et surtout d’avoir été, par sa conduite peu édifiante, de mauvaise odeur au prochain. Offrir en satisfaction à sa justice la pourriture et la corruption de son corps, et demander à Jésus-Christ l'application du mérite des mauvaises odeurs qu'il a voulu sentir dans l’étable et sur le Calvaire.

« Recevez, Seigneur, ma vie, mon cœur et mon corps en odeur de suavité. »

A l’onction de la, bouche. — Accepter le silence de la mort, pour satisfaire à la justice de Dieu, en punition de tous les péchés commis par la parole et par les dérèglements dans le manger. En recevant l’onction, implorer la divine Miséricorde d’un cœur vraiment humilié, et demander à Jésus-Christ l'application du mérite de son silence, de ses divines prédications et de ses saints jeûnes.

« Si j'entreprends de me justifier, ma propre bouche me condamnera!. »

À l’onction des mains. — Souffrir que ces mains se dessèchent, en punition des fautes commises par le toucher, des injustices et de l’omission du bien qu'on devait faire. En demander pardon à Dieu, et à Jésus-Christ lapplication du mérite des saintes actions qu'il a opérées par ses sacrées mains qui ont été attachées à la croix.

« Je lèverai mes mains en votre nom?. »

A l'onction des pieds. — Accepter qu’en satisfaction à la justice de Dieu, les pieds se reposent dans le tombeau, et fassent pénitence pour s'être écartés de lui ; et demander à Jésus-Christ l'application du mérite des sacrés pas qu'il a faits pour le salut des hommes, surtout en portant sa Croix.

1. « Si justificare me voluero, os meum condemnabit me. » Job. VILL, 20.

2, « Et in nomine tuo levabo manus meas. » Ps. LXII, 5.

« Je me suis égarée comme une brebis vagabonde :

cherchez votre servante !. »

« Seigneur, faites-moi entrer dans la voie de vos commandements *. » | Le Prêtre dira ensuite les prières suivantes. (celles du

.Rituel pour l'administration du Sacrement.)

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