LIVRE PREMIER. — L. XXIX
LETTRE XXIX
A M. Dupont, Supérieur du Séminaire de Coutances. Sur l’obéissance.
2 novembre 16587
— Je connais assez la prudence que Dieu vous a donnée, «ct la sincérité et la droiture de vos intentions. Mais il est nécessaire que vous et les autres Supérieurs de nos mai- ‘sons souffrent que je leur dise mes pensées dans les occasions où je crois être obligé de le faire. Si je leur propose des choses où ils trouvent de la difficulté, ils peuvent me l'écrire avec simplicité et soumission, puis ils doivent “se rendre à la seconde prière que je leur fais sur ce sujet, sans se prendre ni à celui-ci ni à celui-là. Car chacun doit avoir la liberté de m'écrire ce qu'il juge nécessaire … pour le bien de la maison.
A M. Dupont, Supérieur de Coutances. Acquisition d'un
emplacement pour bâtir le Séminaire de Caen sur la place des Petits-Prés.
| [16 décembre 1658.
fard du P. Eudes. On verra, par les lettres suivantes, qu Ft mit souvent sa patience à l'épreuve, M. Dupont était originaire de Dieppe. Entré dans la Congrégation en 1655, il mourut le 6 juillet 1655, à l'âge de 77 ans. Costil, Fleurs, tome 2. XXXIV. 1. Costil, Annales, 1.4, n. 24 22. Martine, 1.5, n. 17.
3. Plus tard, Place royale, aujourd'hui Place de la République,
c'est la toute-puissante main de Notre-Seigneur qui a opéré cette merveille : À Domino factum est istud, et est mirabile in oculis nostris *. Je prie tous nos chers con” frères de l’en remercier et sa très sainte Mère, et de le prier de susciter maintenant quelques-uns, pour bâtir en ce lieu une église en l'honneur du très saint Cœur de las
très sainte Mère de Dieu.
LETTRE XXXI
Aux prêtres du Séminaire de Lisieux. Sur leur refus de recevoir M. Bernard pour Supérieur.
[Janvier ou février 1659.] MES TRÈS CHERS, TRÈS AIMÉS FRÈRES,
Vous savez que tous les prêtres, spécialement les mis= sionnaires, sont obligés à pratiquer toutes les vertus avec tant de perfection qu'ils soient des modèles de sainteté pour tous les fidèles. Vous savez par conséquent qu'ils doivent avoir une obéissance aveugle pour tous les ordres de leurs Supérieurs.
Si vous l'aviez pratiquée de cette façon, vous auriez fait une chose très agréable à Notre-Seigneur et à sa très sainte Mère, très avantageuse à vos àmes, el pleine de consola tion pour moi. Mais si vous n'aviez pas assez de vertu pour cela, vous deviez au moins vous contenter de m'exposer vos sentiments en esprit d'humilité et de soumission.