LIVRE DEUXIÈME. — L. XLVI
Je suis très obligé au R. Père Gardien, dont vous m'écrivez, pour les charités qu'il exerce vers vous, et pour les bontés qu'il a pour moi, dont je lui rends mille et mille grâces.
Mes affaires sont en fort beau chemin, grâces à Dieu ; les faussetés se découvrent, et j'espère que Notre-Seigneur et notre divine Mère nous feront voir bientôt les effets de leur particulière protection.
Ce n’est pas assez que vous ayez fait voir vos raisons et vos difficultés à la Mère Supérieure : vous devez encore les exposer à Monseigreur de Bayeux, et le supplier de se souvenir de la parole qu'il vous a donnée. Surtout, surtout, surtout, je vous conjure, ma très chère Fille, d'imprimer bien avant dans le cœur de toutes vos Filles une tendre et cordiale dévotion à la très sacrée Mère de Dieu, qui est une source inépuisable de toutes sortes de bénédictions, et un mGyen infaillible pour arriver au salut éternel. Je la supplie de tout mon cœur de les bénir toutes, et de verser sur vous, ma chère Enfant, et sur votre bien-aimée compagne, ma très chère Fille, abondamment et continuellement ses plus saintes et précieuses bénédictions. Nos cum Prole pia benedicat Virgo Maria.
Je suis en la sainte dilection du très aimable Cœur de Jésus et de Marie, ma chère Fille,
Tout vôtre, JEAN Eupes, Prétre de la Congrégation de Jésus et Marie.
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LETTRE XLVII’ Aux Sœurs de la Nativité Herson et de l'Enfant-Jésus de Bois-David, qui étaient alors à la Charité de Bayeux. Le Bienheureux les presse touchant leur retour *.
JM. J. |
Je ne puis vous dire, mes très chères Filles, autre chose que ce qu'on vous a déjà dit plusieurs fois, qui est que vous êtes obligées de faire tout ce que vous pourrez pour revenir dans la maison de votre Institut et de votre vocation. Il n'y a pas longtemps que j'en parlais à Monseigneur de Bayeux, et il me dit que la dernière fois qu'il vous avait parlé, vous lui aviez témoigné être bien aises de demeurer là où vous êtes. Si cela est, je ne comprends point ce que vous m écrivez; si non, pressez-le sur sa parole, et sur l'ennui qui vous accable d’être hors de votre centre si longtemps, et sur ce qu'il y a grand nombre de Religieuses dans son diocèse, dont il en peut mettre quelques-unes en votre place ; et ne vous contentez pas de lui en parler une fois, ni quatre, ni douze, mais ne cessez de le prier, supplier et le presser de bouche et par écrit.
Je suis de tout mon cæur,en Jésus et Marie,
Tout vôtre, JEAN EUbEs, Prêtre Missionnaire de la Congrégation de Jésus et Marie.